Collection Mobilisations

Au nom de la sécurité !

Criminalisation de la contestation et pathologisation des marges

L’espace démocratique se rétrécit, particulièrement pour les personnes qui sont les cibles des profilages racial, social et politique. La décennie au pouvoir du gouvernement conservateur a laissé des traces profondes. La démocratie en a fait les frais : entre autres, il y a une crise de la légitimité parlementaire, un affaiblissement du pouvoir de contestation de la société civile et une austérité sélective…

Les libertés publiques et privées sont attaquées de toute part du fait d’un impératif sécuritaire, qui prétexte souvent la lutte au terrorisme. Au gré des lois spéciales et d’un usage abusif de divers règlements, les droits de grève et de manifestation tendent à disparaître. Le quadrillage sécuritaire du territoire et des populations est en constante progression : surveillance électroni­que, caméras de surveillance dans les lieux publics, restriction des libertés individuelles, arrestations préventives, certificats de sécurité, infiltration policière des groupes militants, censure, restriction du droit de manifester, tout cela met à mal les libertés politiques conquises de haute lutte par les mobilisations antérieures.

Le monde néolibéral nous conduit à une lutte des classes inversée : aujourd’hui, ce sont les classes dominantes qui se mobilisent pour étendre leurs privilèges.

Cet ouvrage collectif porte une attention particulière à la criminalisation de l’opposition, en revenant par exemple sur la grève étudiante de 2012 au Québec et l’histoire des lois spéciales, sur les mobilisations autochtones réprimées au moyen de la force et sur la pathologisation de la « différence », laquelle apparaît comme une menace : les musulmanes certes, mais aussi les pauvres et les personnes en souffrance psychologique. Criminalisation et pathologisation participent d’une vision sécuritaire du social, par laquelle les élites politiques ou économiques « gèrent » la société.

Céline Bellot, Pascale Dufour, Paul Eid, Éric Gagnon, Dalie Giroulx, Marie-Hélène Hardy, Marcel Otero, Michel Parazelli, Martin Petitclerc, Martin Robert et Marie-Eve Sylvestre collaborent à cet ouvrage dirigé par Diane Lamoureux, professeure de science politique à l’Université Laval et membre d’Érasme, et Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique à l’Université du Québec à Montréal, associé à l’Observatoire sur les profilages.

  • Parution : octobre 2016
  • Prix : 22,95 $ | PDF : 17,99 $
  • 192 pages
  • Format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-58-6
  • LAMOUREUX, Diane

    Diane Lamoureux est professeure au département de science politique de l’Université Laval. Travaillant depuis plusieurs années sur les enjeux reliés à la citoyenneté et à la démocratie à travers le prisme des différentes modalités d’exclusion des femmes, ses travaux récents portent sur l’impact conjugué du néolibéralisme et du néoconservatisme sur les sociétés occidentales contemporaines. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages et articles sur le féminisme québécois, l’antiféminisme et les théories féministes. Ses livres les plus récents sont Pensées rebelles (Remue-ménage, 2010), Le trésor perdu de la politique (Écosociété, 2013) et Les possibles du féminisme (Remue-ménage, 2016). Elle est membre de l’Équipe de recherche et d’action en santé mentale et culture (ÉRASME).

  • DUPUIS-DÉRI, Francis

    Francis Dupuis-Déri, est professeur au département de science politique de l’UQAM, membre de l’Observatoire sur les profilages (OSP), du Collectif de recherche interdisciplinaire sur la contestation (CRIC) et du Réseau québécois en études féministes (RéQEF). Ses recherches portent sur les mouvements sociaux, l’anarchisme, la répression policière, l’anti­féminisme et la démocratie. Il est auteur de plusieurs ouvrages, dont Démocratie, histoire politique d’un mot (Lux) et L’altermondialisme (Boréal). Il a codirigé un autre titre chez M Éditeur.