POULIN, Richard

Richard Poulin est professeur émérite de sociologie à l’Université d’Ottawa et professeur associé à l’Institut de recherches et d’études féministes de l’UQAM. Il est l’auteur de près de 50 ouvrages. Il a publié sur les industries du sexe, les questions ethnico-nationales, les violences meurtrières ainsi que sur le socialisme et le marxisme. Il a commis également quelques romans et recueils de nouvelles. Il dirige M Éditeur.

Une culture d’agression

Masculinités, industries du sexe, meurtres en série et de masse

Pourquoi des hommes agressent-ils sexuellement des femmes, des enfants ou d’autres hommes ? Pourquoi des hommes payent-ils pour des relations sexuelles ? Pourquoi consomment-ils de la pornographie ? Pourquoi battent-ils leur compagne ? Pourquoi tuent-ils leur conjointe ou leurs enfants ? Pourquoi prennent-ils les armes pour massacrer leurs collègues d’étude, de travail ou des gens à l’église, à la mosquée, à la synagogue, ou encore tirent-ils de façon aléatoire sur des cibles qui leur sont inconnues ? Pourquoi sont-ils des meurtriers en série à caractère sexuel ?

Violences dites domestiques ou conjugales, agressions sexuelles, meurtres, fémi­nicide, les femmes sont les principales cibles des violences masculines. Et les violences, qu’elles soient sexuelles ou non, puisent en grande partie leur origine dans certains clichés sur les droits des hommes dans le domaine des rapports sociaux de sexe. La banalité de la violence masculine, qui est multiple et trop souvent létale, est mondiale et frappe les femmes et les filles des sociétés du centre du capitalisme comme des sociétés de la périphérie, des États démocratiques comme des dictatures. La pratique massive des viols pendant les guerres n’est pas l’apanage d’un peuple, d’une nation, d’une ethnie ou d’une religion en particulier, mais bien de l’ensemble des forces armées. Le viol est une arme de guerre. Ce n’est pas une culture nationale, ethnique ou religieuse en particulier qui est la cause de cette violence, de cette soumission des femmes au plaisir masculin, mais bien une culture patriarcale qui s’exprime par une culture d’agression.

Beaucoup d’hommes dissocient sexe et affectivité. C’est évidemment le cas des prostitueurs. C’est ce que les jeunes apprennent dans la pornographie. C’est ce que certains pratiquent en agressant sexuellement. Cette dissociation est l’un des traits de la masculinité des sociétés patriarcales.

  • Parution : 13 septembre 2017
  • Prix : 24,95 $ | 24 € | PDF : 18,99 $
  • 264 pages
  • Format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-72-2
Le printemps des carres rouges - couvertures
Le printemps des carrés rouges

Lutte étudiante, crise sociale, loi liberticide, démocratie de la rue

Déclenchée au début de février, la grève a mobilisé jusqu’à 300 000 étudiantEs sur les campus. Elle a été marquée par d’innombrables actions d’éclat et de solidarité, par l’érection de piquets de grève, des concerts de casseroles et par des centaines de manifestations dans différentes villes, dont certaines ont mobilisé 200 000 personnes et plus.

Tout a commencé par la décision du gouvernement du Québec de hausser de 75 % sur une période de cinq ans les droits de scolarité universitaires. Le mouvement s’est approfondi et a élargi ses appuis à la suite de la promulgation d’une loi liberticide et scélérate : la désobéissance civile est massive. De nouveaux secteurs de la population descendent dans la rue pour contester.

Comment comprendre la dynamique de ce mouvement et la crise sociale qui secoue le Québec ? Après avoir fait un retour sur la lutte étudiante de 2005 (et ses leçons), les auteurs examinent les causes immédiates et structurelles du conflit, ses enjeux en raison des politiques néolibérales (utilisateur-payeur, tarification des services). Ils posent également la question du rendez-vous raté des syndicats et de la nécessité de la grève sociale générale qui tarde à être organisée.

Ici comme ailleurs, sous différentes formes, les jeunes luttent contre les inégalités sociales, qui n’ont cessé de croître, et pour un monde meilleur. Un slogan résume bien leur vision de la lutte : « Non à la gratuité minière ! Oui à la gratuité scolaire ! »

  • 160 pages
  • Prix : 12,95 $ | 12 € | PDF 9,99 $
  • Format : 10,5 x 18 cm
  • Octobre 2012
  • ISBN 978-2-923986-57-9
Sexe capitalisme et critique de la valeur - couverture
Sexe, capitalisme et critique de la valeur

Pulsions, dominations, sadisme social

Pour Sade (1740-1814), l’homme a le droit de posséder autrui pour en jouir et satisfaire ses désirs ; les humains sont réduits à des objets, à des organes sexuels et, comme tout objet, ils sont interchan­­­gea­bles, par conséquent, ano­nymes, sans indivi­dualité propre. Ils sont instrumentalisés pour que le dominant puisse assouvir ses fan­tasmes d’asservissement. Sade annonce l’avènement de la société pro­duc­tiviste. Son monde reflète le mécanisme de production, avec son organisation, ses représentations, ses symboles, ses différentes formes de rationalisation, une économie politique de la production corporelle, favorable à l’objectivation des femmes et à leur soumis­sion sexuelle, piliers de la modernité capitaliste. Sade est moins un auteur « subversif » qu’un prophète du capita­lisme sexué.

« C’est la valeur qui fait l’homme », soutient Roswitha Scholz. Le capitalisme, c’est-à-dire le règne de la loi de la valeur, a donc un sexe. La société bourgeoise se fonde sur une dissociation entre la sphère de la production et celle de la reproduction (sphère publique versus sphère privée), tout au profit des hommes comme sexe dominant et du Capital. Le sadisme social con­centre certains des éléments constitutifs de la mar­chandise : aliénation, réification, dépossession, appropriation et servi­tude, sur la base d’une violence sexuée qui rend pérenne les rapports de domination et de soumission.

S’inscrivant dans le cadre de la Théorie critique de la valeur (Wertkritik ), Gérard Briche, Ronan David, Anselm Jappe, Robert Kurz, Nicolas Oblin, Roswitha Scholz et Johannes Vogele collaborent à cet ouvrage dirigé par Richard Poulin et de Patrick Vassort.

Traduit en castillan, publié chez Dones d’Enllaç, 2012.

  • 192 pages
  • Prix : 17,95 $ | 20 € | PDF 13,99 $
  • Format : 12,7 x 20,32 cm
  • Janvier 2012
  • ISBN 978-2-923986-04-3