Survivre à la prostitution

Les voix qu’on ne veut pas entendre. Témoignages

Pendant des siècles, la prostitution n’a existé dans le débat collectif que comme objet de mythes et de fantasmes. Dans le brouhaha d’opinions, d’articles, d’études, de romans et de tableaux évoquant ou étudiant la figure à la fois fascinante et repoussante de la prostituée, il y a un point de vue dont l’absence est aveuglante, c’est celui des premières concernées, les femmes prostituées elles-mêmes.

Les témoignages de survivantes de la prostitution occupent la place d’honneur dans ce livre. Les femmes interviewées abordent bien des aspects invisibles de la prostitution, comme le fait de risquer sa vie tous les jours, d’être recrutées dans la prostitution très jeune, de voir la situation se dégrader dans les pays qui ont légalisé l’activité des proxénètes et des prostitueurs, d’espérer sortir de la prostitution, de se buter à sa modernisation et à son uberisation, mais aussi de subir la violence prostitutionnelle, qui ne se résume pas à ses manifestations les plus évidentes : agressions, viols et féminicides commis par les prostitueurs et les proxénètes. Cette violence, rappellent-elles, est d’abord dans le fait même de subir des milliers de pénétrations non désirées, le plus souvent avec répugnance, de la part d’hommes habituellement méprisants et profondément sexistes. Cette violence quotidiennement répétée laisse inévitablement des séquelles physiques et psychologiques.

Fortes et instructives, ces voix pulvérisent les mythes sur les prostitueurs et montrent comment fonctionne le proxénétisme.

  • Septembre 2020
  • Prix : 29,95 $
  • Pages : 320
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-21-1

Devoirs d’éducation

Préface de Guy Rocher

Pour Normand Baillargeon, l’éducation est un sujet de toute première importance qui exige une réflexion collective de grande envergure et en profondeur. La philosophie et la recherche probante, trop peu connues et, hélas, trop peu invoquées, apportent, sur les nombreuses questions qui se posent avec urgence, un éclairage particulier et irremplaçable. Depuis quelques années, il a pensé certaines de ses chroniques, publiées dans Le Devoir, mais aussi dans des magazines, fortement inspirées par la philosophie et par la recherche, comme des contributions à la conversation démocratique sur l’éducation.

Il en appelle à une Commission Parent 2.0 dont le but serait de s’atteler à la gigantesque tâche sur ce que nous devrions viser comme finalités en éducation au 21e siècle ? Ce qu’appuie Guy Rocher dans sa préface : « Nous n’avons jusqu’à présent que partiellement réussi cette “révolution” de l’éducation. Les erreurs et les ratés sont nombreux. […] Au Québec, les institutions privées gar­­dent encore leur prestige, étant même largement subventionnées par les fonds publics, avec la conséquence que nous avons maintenant un système d’éducation à trois vitesses, inégalitaire, aux dépens de ceux et celles qui en auraient le plus besoin. Il faudrait donc aujour­d’hui entreprendre d’importants redressements si l’on veut sérieu­sement faire revivre le projet d’un système public d’éducation accessible à tous et toutes. Voilà pourquoi les observations et les réflexions de Normand Baillargeon sur notre système d’éducation […] sont plus que jamais pertinentes, aussi bien pour les temps présents que pour un avenir à sauver. »

  • Septembre 2020
  • Prix : 24,95 $
  • Pages : 232
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-22-8

Une histoire à guichet fermé

Le Mouvement Desjardins et ses coupes de services en zone rurale – le cas de Ripon

En 2000, la caisse populaire Desjardins de Ripon disparaissait au profit d’un comptoir qui, à son tour, était fermé en 2010. En décembre 2017, la caisse fusionnée de la Petite-Nation apprenait à la population qu’elle allait fermer le guichet automatique du village. Ce processus d’élimination graduelle des services a été réalisé dans un bon nombre de zones rurales du Québec.

Ce livre raconte et analyse la lutte des membres de la caisse contre le Mouvement Desjardins pour tenter de sauver ce dernier point de service à Ripon. Pendant cette lutte, les membres qui contestaient cette décision ont dû affronter la haute direction des caisses ainsi que la Fédération Desjardins. Ces sociétaires ont créé des liens avec d’autres membres du Mouvement partout dans les zones rurales du Québec qui ont subi également de telles fermetures et qui ont dû monter au front pour tenter en vain de garder un dernier service de proximité.

Des entrevues avec d’autres sociétaires, des membres de conseils d’administration et d’ex-membres du comité de supervision ont permis de mieux saisir de ce qui reste de la démocratie chez Desjardins et de son esprit coopératif.

Contrairement aux banques, qui sont des sociétés par actions ayant pour objectif de réaliser des profits par des opérations financières et de crédit, le Mouvement formait un réseau de coopératives qui, à l’origine, poursuivait une mission de nature sociale. Ce n’est vraisemblablement plus le cas, puisque les caisses « populaires » ont subi une bancarisation et, par conséquent, une érosion de leurs principes coopératifs et démocratiques. Les villages en paient le prix fort.

  • Octobre 2020
  • Prix : 18,95 $
  • Pages : 152
  • format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-23-5

Littérature et révolution

À quoi pourrait ressembler une littérature révolutionnaire ? Telle est la question à laquelle s’attaque Victor Serge dans cet essai publié en 1932. Révolutionnaire professionnel, romancier, historien de la Révolution russe, traducteur, Victor Serge (Viktor Lvovitch Kibaltchitch de son vrai nom, 1890-1947) était bien placé pour se pencher sur les rapports de la littérature avec la révolution. Il a été anarchiste avant d’adhérer au Parti communiste russe en 1919. Il a milité dans l’Internationale communiste, puis a combattu la contre-révolution stalinienne, ralliant l’Opposition de gauche animée par Léon Trotsky.

En 1932, il vit en liberté surveillée en URSS. Le pouvoir stalinien l’empêche de publier. Comme il est devenu un écrivain reconnu dans le monde francophone, sa déportation au goulag, quelques mois après la publication de Littérature et révolution, va soulever un vent d’indignation parmi les cercles intellectuels européens, ce qui lui vaudra d’être libéré et de s’installer en France en 1936.

Contre toute doctrine de parti, contre les dérives de l’avant-garde ‒ il n’est pas tendre avec le surréalisme d’André Breton ‒, contre le roman psychologique à la mode, Victor Serge propose un « humanisme prolétarien » qui répondrait aussi bien à la révolution en gestation dans les pays occidentaux qu’à la révolution déjà trahie en Union soviétique. On retrouve dans Littérature et révolution l’extraordinaire lucidité de Victor Serge sur les enjeux politiques et culturels. Sans illusion sur la littérature que les partis communistes préconisent, il nous présente ce que pourrait être une littérature libre, plurielle et intègre.

Édition préparée et présentée par Anthony Glinoer.

  • Octobre 2020
  • Prix : 13,95 $
  • Pages : 140
  • format : 10,5 x 18 cm
  • ISBN : 978-2-924924-24-2

La guerre contre l’école publique et ses enseignant·es

L’école québécoise n’a pas échappé à l’idéologie néo­libérale ; elle est actuellement résolument inscrite dans l’économie de marché. Le rôle que lui attri­buent les pouvoirs étatiques se circonscrit conséquemment dans le cadre d’une « économie de la connaissance » au sein de laquelle les individus sont appelés à se constituer un capital humain. Cette marchandisation du savoir et de l’éducation a des conséquences importantes sur personnes évoluant dans le système scolaire, d’abord les élèves, mais également les enseignant·es qui subissent une redéfinition de leur profession. Que devient l’école sous l’emprise de la logique néolibérale ? Que devient le travail enseignant ? Que devient l’apprentissage ?

Cet essai analyse les pratiques gestionnaires issues de la Nouvelle Gestion publique (NGP), laquelle opérationnalise l’idéologie néolibérale dans les services publics, plus particulièrement dans le système scolaire. Il vise d’abord à situer les fondements de ce système pour mieux prendre la mesure des bouleversements générés. Il dresse ensuite un court portrait du cadre normatif qui balise les actions des gestionnaires et du personnel enseignant. Une analyse sociopolitique de la NGP permet d’examiner l’un de ses outils les plus répandus : la gestion axée sur les résultats… quantifiables.

Une profonde mutation de la profession s’est amorcée sous nos yeux à la suite d’une redéfinition de l’institution scolaire comme simple organisation au service des parents/clients et de l’État entrepreneur, lequel ne cesse pas d’appauvrir ses ressources au profit d’une panacée, la NGP.

  • Parution : février 2020
  • Prix : 15,95 $
  • Pages : 144
  • format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-15-0

Une planète en mal d’œstrogène

Femmes et hommes du 21e siècle

Préface de France Théoret

Depuis trois mille ans, le monde s’est imaginé et construit sur un égarement funeste. La moitié de l’humanité a été laissée pour compte quand elle n’a pas été neutralisée ou martyrisée, voire victime de féminicides. Ce socle bancal sur lequel repose notre espèce l’a privée d’une intelligence et d’une énergie vitale inappréciables ; elle l’a surtout verrouillée dans un grave déséquilibre. Au siècle dernier, les femmes insurgées contre ce profond désordre ont d’abord réclamé la liberté et, devant l’âpre adversité, ont prudemment recherché la voie de l’égalité.

L’ouvrage s’interroge sur le sens de l’égalité dans un système qui crée un maximum de pauvres et un minimum de riches, qui nous enferme – pauvres et riches – dans une cage polluée dont il paraît de plus en plus difficile ou improbable de s’échapper ! Un système qui broie tant d’êtres humains ! Retrouver le sens et le chemin de la liberté, c’est imaginer l’inimaginable, c’est-à-dire une société où chaque personne – enfant, femme et homme – peut y évoluer librement.

Écrit à l’encre crue, puisque la réalité l’est, cet essai assume à la fois la dureté des choses et l’espoir d’en changer le cours. Le temps est venu de concevoir la parité parfaite, où œstrogène et testostérone agiront ensemble pour sauver l’humanité de ce qu’il faut bien nommer sa folie.

Cet essai propose une approche qui respire le large et qui aspire à un solide traité de paix et de liberté entre les femmes et les hommes du 21e siècle.

  • Parution : mars 2020
  • Prix : 28,95 $
  • Pages : 288
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-16-7

 

Combattre l’extrême droite et le populisme

L’expérience du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Historiquement, la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean a été une terre fertile au développement du populisme de droite – Bérêts blancs, créditistes –, de l’intégrisme religieux catholique et d’une définition identitaire excluante et rétrograde de la nation québécoise. Aujourd’hui, la droite populiste et l’extrême droite profitent, entre autres, de médias complaisants (les radio-poubelles) et, pendant plusieurs années, d’un maire à Saguenay (cinq mandats) à la fois traditionaliste catholique et xénophobe : « Nous les mous, les Canadiens français, on va se faire dicter comment se comporter, comment respecter notre culture par une personne qui arrive d’Algérie. […] Ils vont faire disparaître la religion et notre culture de partout. »

Pour l’extrême droite, le « communauta­risme » renvoie au fantasme d’immi­grant·es qui comploteraient en vue de « remplacer » la majorité nationale québécoise, catholique et francophone en imposant leurs normes et leurs « valeurs ». Sur les réseaux sociaux, le racisme est désormais décomplexé et des internautes menacent de réaliser des actes haineux, y compris des meurtres. Les propos populistes et les fausses nouvelles qui circulent sur le Web ou sur les ondes des radio-poubelles incitent des individus isolés (les « loups solitaires ») et des groupuscules à passer à l’action. Ce n’est pas tout, car l’extrême droite s’attaque également aux droits des Autochtones, des femmes et des LGBTQ+.

C’est dans un tel contexte que des militant·es anarchistes ont mené plusieurs combats pour contrer l’extrême droite dans leur région. Après un retour sur le passé, ce livre décrit les groupes d’extrême droite et leurs actions. Enfin, le Collectif Emma Goldman propose des pistes de réflexion et de lutte.

  • Parution : avril 2020
  • Prix : 18,95 $
  • Pages : 152
  • format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-18-1

Féminin et masculin

Photos d’affiches publicitaires

Préface de Florence Montreynaud

En déambulant dans les rues de Montréal, Osire Glacier a photographié des affiches publi­citaires. Ce livre est consacré aux représentations du féminin et du masculin sur les panneaux-réclame. On y constate que les stéréotypes réducteurs des sexes persistent dans cette forme de publicité qui cannibalise l’espace public. 

Alliant une démarche descriptive à un processus créatif ludique, il invite à la réflexion sur l’impact de la marchandisation du corps féminin et pose un certain nombre de questions : peut-on traiter le corps féminin comme une marchandise servant à vendre d’autres marchandises sans porter atteinte à l’égalité des sexes ? Peut-on voir des images dégradantes des femmes dans l’espace public sans entacher la dignité des femmes ? Pourquoi l’image des hommes apparaît-elle comme un éloge d’une certaine masculinité ? D’autant que l’homme est toujours plus qu’un simple objet. Qu’est-ce que cela implique dans l’imaginaire collectif ?

52 photographies

  • Parution août 2019
  • Prix : 24,95 $
  • pages : 112
  • format : 7 x 8,75 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-08-2

 

Le libre-échange aujourd’hui

Bilan des accords commerciaux soutenus par le Canada

Lorsque les luttes contre le libre-échange se sont organisées dans les années 1980 et 1990, les militant·es devaient se battre contre des retombées hypothétiques. Le néolibéralisme se mettait en place, avec ses promesses de prospérité, alors que s’effondrait l’Empire soviétique et que le « communisme » cessait d’être une menace. Le libre-échange déclenchait dans l’esprit de ses opposant·es de nombreuses craintes, en particulier celle d’un retrait de l’État de ses champs de compétence au profit des grandes entreprises. 

Plusieurs de ces craintes se sont malheureusement confirmées. Nous vivons dans un monde plus injuste et subissons des inégalités sociales plus importantes. La concurrence entre les travailleur·euses mine la solidarité entre les peuples et les conditions de travail. Ce modèle exerce de fortes pressions sur les salaires qui stagnent ou qui baissent. Les services publics sont affaiblis, mal financés, victimes de mesures d’austérité, et les nombreuses privatisations, qui ont résulté d’une libéralisation des services, ont créé davantage d’inégalités. 

Ce livre fait le point sur différents aspects du libre-échange, que l’on retrouve de façon transversale d’un accord à l’autre, et sur les principaux accords signés par le Canada. Il examine, entre autres, les conséquences du libre-échange dans des domaines comme l’agriculture, le commerce électronique, la culture, les services publics, l’environnement, la propriété intellectuelle…

  • Parution : août 2019
  • Prix : 18,95 $
  • Pages : 168
  • Format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-09-9

« Avant de tuer les femmes, vous devez les violer ! »

Rwanda, rapports de sexe et génocide des Tutsi

Préface de Christine Delphy

En 1994, un génocide d’une intensité inouïe fauche près d’un million de vies en cent jours au Rwanda. Le groupe minoritaire identifié comme Tutsi est la principale cible des massacres. Les femmes connaissent un sort particulier. Elles sont violées et tuées ou violées et réduites en esclavage sexuel par les soldats, les miliciens, les politiciens ou par de simples quidams. 

En adoptant une perspective féministe, l’autrice expose les soubassements culturels, sociaux et politiques sur lesquels repose la systématisation du viol en temps de guerre et de génocide. Elle nous permet de comprendre comment des hommes et des femmes du Rwanda, minuscule territoire culturellement et linguistiquement homogène, ont pu en arriver à commettre des actes aussi monstrueux.

C’est le grand mérite de ce livre que de faire le lien entre le calvaire d’une femme – qu’elle soit tutsi, française ou québécoise – et toute la gamme des violences subit par la partie « femmes » de la population mondiale. Elles sont aussi bien psychologiques que physiques. Tout un continuum de violences leur enjoint de rester à une place subalterne, les oblige à un nombre incroyable de stratégies de protection et les fait vivre dans une peur diffuse, mais constante.

Au Rwanda, l’endoctrinement des foules a encouragé la stigmatisation de l’« Autre », les médias de la haine propageant la représentation des femmes tutsi comme des êtres dotés d’un charme maléfique et d’une sexualité dévorante au service de leur « race ». L’ennemie « femme » apparaît toujours différente de l’ennemi-tout-court.

  • Parution : septembre 2019
  • Prix : 22,95 $
  • Pages : 216
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-12-9