Un système sans qualité

Matériaux pour une critique du capitalisme

« Aliénation », « Capital », « fétichisme », « valeur d’échange », « exploitation », « plus-value », « travail abstrait », « classe », « impérialisme », « socialisme », « communisme », « prolétariat »… Qui donc utilise encore ces concepts dont la seule évocation provoque un sourire plein de condescendance et de paternalisme ? Qui parlent encore ainsi, sinon quelques militantes, dont les tracts plus ou moins jaunis sont comme les fossiles idéologiques d’un autre monde ? À défaut de supprimer l’exploitation, nous l’avons rendue démocratique. À défaut de supprimer la domination, nous l’avons rendue élective. À défaut de supprimer ces maux, nous avons cessé de les nommer…

La démocratie bourgeoise domine désormais sans partage notre imaginaire. Elle est l’horizon infranchissable de nos attentes. Quiconque désire le dépassement de la société marchande est jugé « antidémocratique ». Notre époque a troqué le « Exigeons l’impossible ! » de Che Guevara pour la « Soif d’aujourd’hui » de Coca Cola. Notre « conscience malheureuse » s’est progressivement transformée en « fausse conscience heureuse ». La réalité capitaliste serait rationnelle, elle serait le seul système permettant de satisfaire nos besoins. Elle en a accepté les règles, et les grandes causes ont cédé la place aux dysfonctionnements temporaires et aux différents « excès » à contenir. Les gens les plus audacieux revendiquent une diminution des « écarts » entre les riches et les pauvres et une réduction de la « trop » grande pollution industrielle. Quiconque lève la tête hors de ces pointillés délimitant le « principe de réalité » défini par l’ordre est considéré comme un extrémiste.

« Fétichisme », « aliénation », « marxisme », « anarchisme », « marchandisation », « néolibéralisme », « romantisme révolutionnaire », « unidimensionnalité », « liberté »… Voilà quelques-uns des concepts que les auteurs de ce livre proposent de nous les réapproprier. Non dans l’objectif ambitieux d’élaborer une « nouvelle » théorie de la société, mais dans celui beaucoup plus modeste de nier les fausses vérités d’un cri toujours plus strident, et de mieux dénoncer le faux qui fait violence au vrai.

  • Parution : février 2017
  • Prix : 19,95 $
  • 184 pages
  • Format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-60-9

Au nom de la sécurité !

Criminalisation de la contestation et pathologisation des marges

L’espace démocratique se rétrécit, particulièrement pour les personnes qui sont les cibles des profilages racial, social et politique. La décennie au pouvoir du gouvernement conservateur a laissé des traces profondes. La démocratie en a fait les frais : entre autres, il y a une crise de la légitimité parlementaire, un affaiblissement du pouvoir de contestation de la société civile et une austérité sélective…

Les libertés publiques et privées sont attaquées de toute part du fait d’un impératif sécuritaire, qui prétexte souvent la lutte au terrorisme. Au gré des lois spéciales et d’un usage abusif de divers règlements, les droits de grève et de manifestation tendent à disparaître. Le quadrillage sécuritaire du territoire et des populations est en constante progression : surveillance électroni­que, caméras de surveillance dans les lieux publics, restriction des libertés individuelles, arrestations préventives, certificats de sécurité, infiltration policière des groupes militants, censure, restriction du droit de manifester, tout cela met à mal les libertés politiques conquises de haute lutte par les mobilisations antérieures.

Le monde néolibéral nous conduit à une lutte des classes inversée : aujourd’hui, ce sont les classes dominantes qui se mobilisent pour étendre leurs privilèges.

Cet ouvrage collectif porte une attention particulière à la criminalisation de l’opposition, en revenant par exemple sur la grève étudiante de 2012 au Québec et l’histoire des lois spéciales, sur les mobilisations autochtones réprimées au moyen de la force et sur la pathologisation de la « différence », laquelle apparaît comme une menace : les musulmanes certes, mais aussi les pauvres et les personnes en souffrance psychologique. Criminalisation et pathologisation participent d’une vision sécuritaire du social, par laquelle les élites politiques ou économiques « gèrent » la société.

Céline Bellot, Pascale Dufour, Paul Eid, Éric Gagnon, Dalie Giroulx, Marie-Hélène Hardy, Marcel Otero, Michel Parazelli, Martin Petitclerc, Martin Robert et Marie-Eve Sylvestre collaborent à cet ouvrage dirigé par Diane Lamoureux, professeure de science politique à l’Université Laval et membre d’Érasme, et Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique à l’Université du Québec à Montréal, associé à l’Observatoire sur les profilages.

  • Parution : octobre 2016
  • Prix : 22,95 $ | PDF : 17,99 $
  • 192 pages
  • Format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-58-6

Anarchisme et éducation

Anthologie – Tome 1 – 1793-1918

De manière remarquablement constante, la question de l’éducation a été une préoccupation majeure du mouvement anarchiste tout au long de son histoire. Malheureusement, cet héritage demeure en général méconnu, si ce n’est ignoré. Une des ambitions de cette anthologie, qui réunit des textes importants de penseurs et de praticiens anarchistes d’horizons divers, est précisément de nous permettre de redécouvrir la riche tradition dans le domaine de l’éducation de ce courant politico-philosophique.

Qu’est-ce que l’éducation ? Sur quels plans et pour quelles raisons l’éducation, telle que généralement pratiquée, est-elle déficiente ? Comment devrait-on s’y prendre pour former des êtres libres ? À ces questions et à de nombreuses autres semblables, des théoriciens ont tenté de répondre, tandis que des praticiens anarchistes se sont efforcés de mettre en œuvre leur idéal d’une éducation réellement émancipatrice.

La présente anthologie, qui comprend deux tomes, réunit les principaux écrits consacrés à l’éducation de ces théoriciens et praticiens anarchistes, des écrits trop peu connus et souvent difficilement accessibles. On retrouve dans ce premier tome, qui couvre les années 1793 à 1918, des textes de Michel Bakounine, Sébastien Faure, Francesco Ferrer, William Godwin, Pierre Kropotkine, Fernand Pelloutier, Pierre-Joseph Proudhon, Paul Robin et Max Stirner.

Ils mettent en lumière une riche et toujours inspirante tradition de pensée, de militantisme et de réalisations concrètes.

  • Parution : octobre 2016
  • Prix : 34,95 $ | 30 € | PDF : 26,99 $
  • 368 pages
  • Format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-56-2

Cartes sur table

Syndicalisme, politique, diplomatie

Engagé dans l’éducation, le syndicalisme et la politique, l’auteur a senti le besoin de « déchiffrer » le sens de son parcours. Il a voulu mettre les cartes sur table. Adepte de la ligne droite, il a même osé en emprunter plus d’une, ce dont il s’explique sans détour.

Issu d’un milieu ouvrier et formé aux humanités classiques, il s’est engagé avec enthousiasme dans la Révolution tranquille et dans la réforme scolaire des années soixante, déterminé à faire entendre la voix du personnel de l’enseignement, de concert avec les salariées du secteur public. La CEQ qu’il a présidée à deux reprises a subi les foudres de gouvernements libéraux et péquistes, tout en contribuant à l’unité et au renforcement du mouvement syndical québécois. Adepte d’un syndicalisme de transformation sociale et indépendant de toute formation politique, l’auteur fait le point avec franchise sur les dessous des quatre rondes de négociation auxquelles il a participé.

Sentant qu’il a donné le mieux de son potentiel à son organisation, il fait le choix de parcourir de nouveaux horizons : environnement, consultation, admi­nistration publique. Fort de ces nouvelles connaissances et expériences, il répond à l’invitation du Parti libéral du Québec et affiche une option fédéraliste lors du référendum de 1995. Le fédéralisme lui paraît, en principe, offrir une perspective plus favorable au plein essor des forces vives du Québec, à condition qu’il fasse preuve de souplesse et de renouveau. C’est dans le but de contribuer à cette évolution qu’il décide de passer au fédéral, où il a l’occasion d’approfondir sa connaissance de l’environnement, de la santé, de l’immigration et des relations internationales.

L’auteur explique, d’une façon explicite et franche, ce qui l’a mené à exercer une fonction diplomatique auprès de l’UNESCO, au temps fort de l’avènement de la Convention sur la diversité culturelle.

Puisant dans une abondante documentation, Yvon Charbonneau reconstitue, à travers son cheminement, de larges pans, souvent inédits, de notre histoire.

  • Parution : septembre 2016
  • Prix : 39,95 $ | PDF : 29,99 $
  • 464 pages
  • Format : 15,24 x 22,86 cm
  • ISBN : 978-2-924327-52-4

Programme de transition

L’agonie du capitalisme et les tâches de la IVe Internationale

Le Programme de transition a pour objectif « la mobilisation des masses autour des revendications transitoires comme préparation à la prise du pouvoir » afin d’abolir toute forme d’exploitation et d’oppression. Il a été adopté lors du congrès de fondation de la IVe Internationale en 1938, à la veille de la Deuxième Guerre mondiale. À cette époque, le mouvement ouvrier est en plein recul. Il a subi des défaites décisives en Italie et en Allemagne, avec l’avènement des pouvoirs fasciste et nazi, en Espagne et en France, avec la faillite des Fronts populaires, en Chine avec le fiasco de sa deuxième révolution. Ce qui pave la voie à la barbarie de la guerre mondiale. Or, ces défaites auraient pu être évitées. Elles étaient en grande partie le fait des politiques mises en œuvre par les Partis sociaux-démocrates et staliniens (« communistes »). C’est pourquoi le Programme de transition commence par ces mots : « La situation politique mondiale dans son ensemble se caractérise avant tout par la crise historique de la direction du prolétariat. »

Cette crise est toujours d’actualité. C’est la raison pour laquelle le comité ÉtudiantEs socialistes de l’UQAM – en collaboration avec Alter­native socialiste (section québécoise du Comité pour une Inter­nationale ouvrière) – estime important de présenter le Programme de transition et sa méthode aux militantEs des mouvements sociaux et ouvriers. Car ce texte constitue une arme pour les luttes actuelles grâce à sa compréhension des expériences et des leçons accumulées par le mouvement ouvrier international. Il s’adresse, entre autres, aux gens pour qui l’approche des « réseaux informels » ou des groupes affinitaires ne représentent ni un programme de lutte ni une stratégie offrant des solutions pour résoudre les graves problèmes de l’heure.

  • Parution : septembre 2016
  • Prix : 12,95 $ |
  • 134 pages
  • Format : 10,5 x 18 cm
  • ISBN : 978-2-924327-54-8

La dette du Québec : vérités et mensonges

La dette est agitée comme un épouvantail. En fait, la dette publique du Québec est un prétexte commode pour mettre en œuvre des plans d’austérité. Parce que la province est endettée, nous ne pourrions plus nous permettre de financer de bons services publics et d’utiles programmes sociaux.

Qu’en est-il au juste de la dette publique québécoise ? Combien devons-nous exac­­tement et à qui le devons-nous ? Comment calcule-t-on cette dette ? Notre situation financière est-elle aussi catas­trophique qu’on le prétend ? Notre obsession de la dette publique nous ferait-elle oublier une autre dette plus grave : la dette environnementale ?

Ce livre a l’intention de démystifier la question de la dette publique. Il est d’abord question de l’histoire de notre endettement. Les différentes façons de calculer la dette sont expliquées, aussi bien celles qui la dramatisent que celles qui en dressent un portrait plus raisonnable. L’audit citoyen de la dette peut être un outil approprié pour nous permettre de mieux connaître notre situation dans toutes ses dimensions. Le gouvernement québécois a proposé comme solution à l’endettement un Fonds des générations. Est-ce vraiment efficace ? L’endettement public progresse de façon parallèle à l’endettement privé qui s’avère toujours plus grand. Les conséquences en sont examinées. Pour répondre au sous-financement de l’État, une solution primordiale doit être envisagée : aller chercher l’argent là où il y en a.

Notre dette serait donc tellement importante qu’elle exigerait tous les sacrifices. Pourtant, la dette publique ne provient aucunement de dépenses publiques excessives ni d’un supposé laxisme d’élues qui seraient trop sensibles à la pression de l’électorat. N’est-elle pas, en fait, un instrument de soumission de la population au profit des nantis ?

Collaborent à ce livre Dominique Bernier, Clara Dallaire-Fortier. Céline Hequet, Raphaël Langevin, Audrey Laurin-Lamothe, Rimel Illel Malheb, Chantal Santerre et Claude Vaillancourt.

  • Parution : août 2016
  • Prix : 15,95 $ | PDF 11,99 $
  • 144 pages
  • Format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-50-0
Fernand Daoust - couverture

Fernand Daoust – 1. Le jeune militant syndical, nationaliste et socialiste, 1926-1964

Fernand Daoust est surtout connu pour avoir été un dirigeant central de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) pendant vingt-quatre ans. Or, cela est le fruit d’un véritable parcours du combattant dans le mouvement ouvrier.

Né en 1926, le syndicaliste a été élevé dans une famille monoparentale très modeste. Sa curiosité, sa soif de connaissance et sa détermination l’ont entraîné bien au-delà des activités auxquelles ses origines le destinaient. Dans cette première partie de sa biographie, qui couvre les années 1926-1964, nous l’accompagnons dans le Montréal de la grande dépression, assistons à ses premiers engagements nationalistes pendant la crise de la conscription, à sa découverte des idéologies progressistes et à son entrée dans le mouvement syndical, malgré les dures conditions imposées aux syndicalistes par le régime de Duplessis. Nous le voyons découvrir la nécessité de l’action politique et pressentons le futur dirigeant syndical.

Accédant aux études universitaires à force de courage et de persévérance, son horizon intellectuel s’élargit. C’est tout naturellement qu’il choisit le syndicalisme pour y développer et approfondir son engagement social et politique. En faisant sienne l’idéologie socialiste, qui inspire les courants les plus dynamiques du syndicalisme québécois, le jeune syndicaliste ne renie cependant pas ses racines. Son socialisme s’incarne dans une nation spécifique. Il n’était pas d’accord avec une majorité de syndicalistes de gauche de l’époque, qui qualifiaient de rétrogrades les aspirations nationales des francophones. Au contact des idées de gauche, le nationalisme de droite, dans lequel il avait baigné à l’adolescence et auquel il n’avait jamais totalement adhéré, a fait place à un nationalisme progressiste, précurseur de celui qu’allait épouser une proportion grandissante de la population québécoise.

  • Parution : septembre 2013
  • Prix : 24,95 $ | PDF 17,99 $
  • Pages : 312
  • Formats : 15,24 x 22,86 cm
  • ISBN : 978-2-923986-86-9