Capitalisme, néoliberalisme et mouvements sociaux en Russie - couverture
Collection Mouvements

Capitalisme, néolibéralisme et mouvements sociaux en Russie

La transition au capitalisme d’une formation sociale fondée sur la propriété étatique des moyens de production et la planification centralisée de la production et de la distribution des ressources constituait une première dans l’histoire de l’humanité. Jamais encore on n’avait pu observer le développement ex nihilo de rapports marchands et capitalistes dans une société déjà fortement industrialisée et constituée exclusivement de salariéEs. La plupart des idéologues libéraux ont prétendu qu’il était possible, en appliquant les mesures appropriées, de transformer simultanément la Russie soviétique en pays capitaliste développé et son régime politique en démocratie libérale.

Or, la situation actuelle apparaît fort éloignée de ce qui avait été espéré. Les résultats sont aujourd’hui bien connus : le capitalisme qui résulte de la thérapie de choc des années 1990 se distingue par son caractère périphérique, sa très forte dépendance de l’exportation des ressources pétrolières et gazières et le déclin de son industrie. Quant à son régime politique, il est caractérisé par des dérives autoritaires.

Après les dures années de la thérapie de choc, le pays a renoué avec la croissance. Le niveau de vie de la majorité s’est apparemment amélioré. La Russie a réussi à maintenir son unité. Le régime s’est stabilisé, après les batailles politiques parfois violentes de la période Eltsine. Quels sont donc les fondements de la société russe post­soviétique ? La croissance et la stabilité reposent-elles sur des bases solides ? La population accepte-t-elle l’ordre établi ? Les organisations citoyennes et ouvrières réussissent-elles à faire l’apprentissage de la lutte dans une société capitaliste ? Quels sont les traits de son régime politique ? Quels rapports sociaux la définissent ? Comment se porte son économie, vingt ans après la thérapie de choc ?

La nécessité de présenter des points de vue critiques est à l’origine de ce projet. Ils sont avant tout l’œuvre d’universitaires russes engagées dans la lutte pour le changement social et politique qui analysent le régime politique, l’économie et les mouvements sociaux, notamment le mouvement ouvrier.

Alexandre Bouzgaline, Carine Clément, Rouslan Dzarassov, Boris Kagarlitsky, Andreï I. Kolganov, Vassili Koltachov, David Mandel et Anna Otchkina collaborent à cet ouvrage dirigé par Michel Roche, professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi.

  • Parution : octobre 2015
  • Prix : 24,95 $ | PDF 18,99 $
  • Pages : 264
  • Format : 15,24 x 22,86 cm
  • ISBN : 978-2-924327-38-8

Coédition avec Syllepse (Paris).

  • ROCHE, Michel

    Spécialiste de l’URSS et de la Russie postsoviétique, Michel Roche enseigne la science politique au Département des sciences humaines de l’Université du Québec à Chicoutimi. Il a, entre autres, publié Thérapie de choc et autoritarisme en Russie, la démocratie confisquée, (L’Harmattan, 2000).