La nature contre le capital

L’écologie de Marx dans sa critique inachevée du capital

À partir de sources largement inédites, ce livre montre que Karl Marx a développé une analyse écologique du capitalisme. Ainsi, sa critique de la propriété privée apparaît indissociable de son analyse de la destruction de l’environnement.

À l’heure où les inégalités explosent et alors que la planète fonce vers l’abîme, Marx indique la source commune de ces problèmes et esquisse la solution : rompre avec le capitalisme pour établir une relation harmonieuse entre les humains et la nature. Pour trouver des solutions à la crise climatique globale dans laquelle l’humanité est entrée, il est aujourd’hui plus que jamais indispensable de comprendre l’imbrication entre le système capitaliste et la destruction environnementale.

Critique éminent du capitalisme, Karl Marx a pourtant mauvaise réputation auprès de nombreux écologistes. Il est accusé d’être un penseur productiviste, prônant la maîtrise de la nature par les humains. C’est à cette aune que Kohei Saïto relit les oeuvres majeurs, ainsi que les cahiers scientifiques inédits de Marx et montre que ces accusations sont sans fondement.

Il nous fait découvrir un Marx qui suit de près les avancées des sciences de la nature et, surtout, de l’agronomie, qu’il intègre méthodiquement dans ses propres travaux. Le constat s’impose : l’écologie est un aspect incontournable du projet marxien de la capitalisme. Ainsi, Marx fournit une base théorique riche pour comprendre la crise écologique actuelle et pour la dépasser.

  • En librairie : septembre 2021
  • ISBN : 978-2-84950-951-7
  • Prix : 25 € / 49,95 $
  • Format : 15 x 21 cm
  • Nombre de pages : 352
  • Coédition avec Syllepse (Paris) et Page 2 (Lausanne)

 

La nouvelle économique

Avant-propos de Michel Husson

Préfaces dErnest Mandel (1922-1995) et de Pierre Naville (1904-1993).

La course au profit illimité a conduit l’humanité au bord de l’abîme environnemental et social. Il est donc urgent de réorganiser les échanges économiques. Le projet de l’économiste Evgueni Preobrajensky consiste précisément à jeter les bases d’un tel système.

Planification écologique, écosocialisme… autant de mots d’ordre qui remettent en cause le privilège de la classe dominante de décider par ses choix d’investissement de la trajectoire de toute une société. Autant de mots d’ordre qui s’opposent à la logique de la maximisation du profit qui a simultanément conduit à l’explosion des inégalités sociales et à la crise écologique. Autant de mots d’ordre qui appellent à repenser la place de la coordination des échanges économiques dans une société post-capitaliste et les relations coopératives entre les peuples du monde.

Dans cette perspective, le défi auquel nous faisons face aujourd’hui consiste à trouver un calcul économique en mesure d’incorporer correctement à la fois les besoins sociaux et les contraintes environnementales.

C’est à partir de ce double impératif que La nouvelle économique, l’ouvrage classique de l’économiste soviétique Evgueni Preobrajensky portant sur les débuts de la planification socialiste, s’avère un guide théorique d’une actualité frappante.

Cette réédition de La nouvelle économique est la bienvenue, car il s’agit d’un ouvrage important, à la fois pour l’histoire de la transition (avortée) au socialisme en URSS, mais aussi en tant que première esquisse théorique d’un modèle de socialisme. Les introductions de Pierre Naville et d’Ernest Mandel suffisent largement à situer l’ouvrage dans ce double contexte historique et théorique.

Ce classique du marxisme a été édité en français en 1966 par les éditions Études et documentation internationales. Il était à ce jour épuisé.

  • En librairie : septembre 2021
  • ISBN: 978-2-84950-948-7
  • Prix : 25 € / 49,95 $
  • Format : 15 x 21 cm
  • Nombre de pages : 358
  • Coédition avec Syllepse (Paris) et Page 2 (Lausanne)

Irlande, classes ouvrières et libération nationale

Pour la première fois en langue française est publié l’ensemble des textes de Friedrich Engels et de Karl Marx consacrés à la question nationale irlandaise et ses rapports avec la révolution socialiste.

Pendant des décennies, l’Irlande a été une préoccupation d’Engels et de Marx, entre autres, parce que la question de l’oppression nationale des Irlandais et du racisme dont ils souffraient expliquaient en grande partie l’impuissance du plus puissant mouvement ouvrier d’Europe, celui de la classe ouvrière anglaise, à transformer les rapports sociaux. La question irlandaise nourrissait la réaction anglaise qui « prenait racine dans l’assujettissement de l’Irlande ». Au regard du nombre et de l’importance des textes qui lui ont été consacrés, la question nationale irlandaise est manifestement un sujet fondamental aux yeux des fondateurs du matérialisme historique.

Pour assurer l’indépendance du mouvement ouvrier à l’égard de la bourgeoisie, il importe, selon leur analyse, non seulement que le mouvement lutte pour les droits politiques, sociaux et économiques des groupes opprimés, mais aussi, dans le cas irlandais, qu’il promeuve leur indépendance nationale, laquelle est une condition à l’émancipation même de la classe ouvrière de la nation dominante. Plus encore, si le mouvement ouvrier ne fait pas la promotion des droits des nationalités opprimées, alors les révolutionnaires doivent envisager de créer des organisations ouvrières des nations opprimées sur une base nationale – non uniquement en fonction de l’État – parce que la classe ouvrière de la nation dominante par l’entremise de ses organisations syndicales et politiques a adopté des positions chauvines et constitue désormais une entrave à l’émancipation des classes ouvrières aussi bien de la nation dominante que de la nation dominée.

Friedrich Engels et Karl Marx ont lutté pour que l’Association internationale des travailleurs fasse sienne la lutte pour l’indépendance de l’Irlande. Pour eux, le combat pour le socialisme international passait par la lutte pour la libération nationale de l’Irlande et la fin de l’oppression nationale des Irlandais.

Textes réunis et présentés par Richard Poulin

  • Parution : mars 2021
  • Prix : 34,95 $ — 25 €
  • Pages : 480
  • format : 15 x 21cm
  • ISBN : 978-2-924924-25-9

Friedrich Engels et les « peuples sans histoire »

La question nationale dans la révolution de 1848

Dès son essor, le mouvement ouvrier s’est emparé de la question nationale en particulier à la suite du Printemps des peuples de 1848. Parmi les principaux acteurs de la scène politique de l’époque, Friedrich Engels, en complicité avec Karl Marx, s’attache à analyser à la question nationale et produit le concept «peuples sans histoire» qu’il définit comme «des peuples qui dans le passé n’ont pas été capables de constituer des États et n’ont plus suffisamment de force pour conquérir leur indépendance nationale dans l’avenir» opposés aux nations historiques.

C’est de cette conception que nous propose de discuter Roman Rosdolsky dans son ouvrage.

Dans son avant-propos, Benjamin Bürbaumer revient d’abord sur l’étonnant parcours de l’auteur. Ukrainien, tour à tour militant du Parti communiste ukrainien, intellectuel marxiste proche de Léon Trotsky, exilé politique, arrêté par les nazis et déporté à Auschwitz puis à Ravensbrück. ­Libéré, il a rejoint les États Unis où il a mis à jour les Grundrisse de Marx alors inconnus. Il poursuit alors son travail théorique notamment sur la question de la valeur et rédige son œuvre majeure sur la genèse du Capital, dont seule une partie a été publiée en français.
Mais il produit aussi en 1948 une première ébauche de ce livre, car il reste passionné par cette question nationale qu’il a expérimenté dans le vif en Ukraine après la révolution d’Octobre.

Au lieu d’appréhender les racines sociales du mouvement panslaviste, Engels dresse une carte de l’Europe basée sur deux catégories : les «nations révolutionnaires» et les «peuples sans histoire», les premiers étant considérés comme historiquement viables, tandis que les seconds étaient relégués au statut de fragments sans vie du passé, de «ruines». C’est cette thèse que réfute Roman Rosdolsky qui nous propose une étude qui a pour objet l’image que renvoient des mouvements de libération des peuples de l’Empire austro-hongrois dits sans histoire pendant la Révolution de 1848-1849.

L’ouvrage offre également utilement deux contributions complémentaires. La première de ­Gérard Billy, «Appréhender les questions nationales multiformes». Traducteur de l’ouvrage de l’allemand, il introduit le texte de Roman Rosdolsky et revient en détail sur les débats qui ont agité la social-démocratie au début du 20siècle sur la question nationale et la contribution d’Engels. Enfin, cette approche est richement complétée par la contribution de Georges Haupt et Claudie Weill, «Marx et Engels devant le problème des nations», qui contextualise les recherches des deux intellectuels allemands et suit l’évolution de leur pensée notamment sur la question irlandaise et polonaise.

  • Traduction de l’allemand
  • Coédition avec Syllepse et Page 2
  • 382 pages
  • 15 x 21 cm
  • octobre 2018
  • ISBN 978-2-84950-692-9
  • 25 €  | 47,95 $

Qu’est-ce que la conscience de classe ?

Contribution au débat sur la reconstruction du mouvement ouvrier

En 1933, la classe ouvrière allemande subit une terrible défaite aux mains des nazis. De nombreux socialistes et communistes sont alors mis dans des camps de concentration ou assassinés. Ses syndicats ayant été détruits et ses partis écrasés, la classe ouvrière souffre d’une baisse généralisée de revenu, de privation, d’une semaine de travail allongée, de répression et d’atomisation sociale. Comment reconstruire le mouvement ouvrier et reprendre l’offensive ? C’est à cette question que s’adresse ce texte écrit en exil au lendemain de la victoire nazie.

Plus généralement, comment expliquer que, malgré la dégradation de ses conditions d’existence, malgré les actes cyniques et insupportables des pouvoirs en place, malgré l’état effroyable du monde, la masse de la population – et, en premier lieu, les travailleurs et les travailleuses – ne se mobilise pas pour mettre fin au système qui les exploite et les opprime ? Comment expliquer que, pire encore, une bonne partie de celle-ci soutient des gens qu’elle devrait combattre sans concession ? 

En 1934, Wilhelm Reich est exclu du Parti communiste allemand qui n’avait pas accepté le succès du mouvement Sex-Pol qu’il animait. Fuyant l’Allemagne nazie, rejeté par les psychanalystes en raison de son militantisme révolutionnaire, il interpelle les communistes de toute obédience : la vie psychologique réelle des humains ne se joue-t-elle pas sur un autre plan que le croient les adeptes de la révolution sociale ? Il leur demande : qu’est-ce que la conscience de classe dans le cas du commun des mortels ? Peut-être ne faut-il pas chercher dans la faiblesse de cette conscience de classe la cause unique, voire la cause principale, de l’apparente passivité de la grande masse de la population !

Préface de Sébastien Rioux, professeur au département de géographie de l’Université de Montréal.

  • Parution : avril 2018
  • Prix : 15,95 $ – 15 €
  • Pages : 144
  • Format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-84-5

Un système sans qualité

Matériaux pour une critique du capitalisme

« Aliénation », « Capital », « fétichisme », « valeur d’échange », « exploitation », « plus-value », « travail abstrait », « classe », « impérialisme », « socialisme », « communisme », « prolétariat »… Qui donc utilise encore ces concepts dont la seule évocation provoque un sourire plein de condescendance et de paternalisme ? Qui parlent encore ainsi, sinon quelques militantes, dont les tracts plus ou moins jaunis sont comme les fossiles idéologiques d’un autre monde ? À défaut de supprimer l’exploitation, nous l’avons rendue démocratique. À défaut de supprimer la domination, nous l’avons rendue élective. À défaut de supprimer ces maux, nous avons cessé de les nommer…

La démocratie bourgeoise domine désormais sans partage notre imaginaire. Elle est l’horizon infranchissable de nos attentes. Quiconque désire le dépassement de la société marchande est jugé « antidémocratique ». Notre époque a troqué le « Exigeons l’impossible ! » de Che Guevara pour la « Soif d’aujourd’hui » de Coca Cola. Notre « conscience malheureuse » s’est progressivement transformée en « fausse conscience heureuse ». La réalité capitaliste serait rationnelle, elle serait le seul système permettant de satisfaire nos besoins. Elle en a accepté les règles, et les grandes causes ont cédé la place aux dysfonctionnements temporaires et aux différents « excès » à contenir. Les gens les plus audacieux revendiquent une diminution des « écarts » entre les riches et les pauvres et une réduction de la « trop » grande pollution industrielle. Quiconque lève la tête hors de ces pointillés délimitant le « principe de réalité » défini par l’ordre est considéré comme un extrémiste.

« Fétichisme », « aliénation », « marxisme », « anarchisme », « marchandisation », « néolibéralisme », « romantisme révolutionnaire », « unidimensionnalité », « liberté »… Voilà quelques-uns des concepts que les auteurs de ce livre proposent de nous les réapproprier. Non dans l’objectif ambitieux d’élaborer une « nouvelle » théorie de la société, mais dans celui beaucoup plus modeste de nier les fausses vérités d’un cri toujours plus strident, et de mieux dénoncer le faux qui fait violence au vrai.

  • Parution : février 2017
  • Prix : 19,95 $
  • 184 pages
  • Format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-60-9
Nature et forme de l'État, couverture

Nature et forme de l’État capitaliste

Analyses marxistes contemporaines

L’État capitaliste n’apparaît pas pour ce qu’il est. Sa nature est voilée. Il apparaît comme « à côté et au-dessus de la société civile » (Marx). Sa nature de classe est voilée parce que son apparente neutralité repose sur le fétichisme de la marchandise. Ce même fétichisme agit sur les salariéEs qui ne perçoivent pas leur exploitation. Les mécanismes d’extraction de la plus-value sont donc camouflés.

Marx et Engels partent de la définition abstraite de l’État, le « capitaliste collectif en idée », pour appréhender le régime politique, lequel représente la forme concrète d’existence de l’État ou sa matérialisation. Le régime politique est distinct de l’État, mais est en même temps sa forme d’existence concrète. Il est une manifestation de l’État, mais n’est pas l’État. Le régime politique est à l’État, ce que le prix est à la valeur.

Le régime politique est le résultat de luttes entre les classes et les fractions de classes, tandis que l’État capitaliste résulte des rapports sociaux de la production capitaliste (mode de production) ou encore « dérive » du capital pour les États capitalistes du centre et de l’économie capitaliste mondiale pour les États dits de la périphérie. C’est ce qui permet de comprendre les multiples formes d’existence de l’État capitaliste, c’est-à-dire la multiplicité des régimes politiques : monarchie constitutionnelle, république, régime prési­den­tiel, dictature militaire, dictature fasciste, etc.

L’État est le garant du maintien du mode de production capitaliste et de la pénétration de marchandise dans l’ensemble de la société. Il est également le garant de la reproduction sociale. Ses interventions se situent par rapport à ces nécessités. C’est pourquoi il ne saurait se confondre, sauf rarissimes exceptions, avec le capital individuel. S’il est relativement autonome par rapport aux capitalistes et aux différentes classes sociales, il ne l’est pas par rapport au capital dans sa totalité, c’est-à-dire par rapport au mode de production capitaliste.

Les auteurs de cet ouvrage reprennent à bras-le-corps la question de l’État, la confrontent aux différentes traditions marxistes et discutent de l’approche dite de la « dérivation », une avancée importante dans l’analyse de l’État.

  • Parution : septembre 2015
  • Prix : 15,95 $ | PDF 11,99 $
  • Pages : 144
  • Format : 14,6 x 21,95 cm
  • ISBN : 978-2-924327-34-0

Coédition avec Syllepse (Paris)

Marx aux antipodes - couverture

Marx aux antipodes

Nations, ethnicité et sociétés non occidentales

« Je suis de plus en plus arrivé la conviction – et il ne s’agit que de l’inculquer à la classe ouvrière anglaise qu’elle ne pourra jamais rien faire de décisif, ici en Angleterre, tant qu’elle ne rompra pas de la façon la plus nette, dans sa politique irlandaise, avec la politique des classes dominantes ; tant qu’elle ne fera non seulement cause commune avec les Irlandais, mais encore ne prendra l’initiative de la dissolution de l’Union forcée de 1801. » K. Marx.

Pour certains, Marx n’aurait été que le théoricien du capitalisme des sociétés occidentales. Pourtant, l’auteur du Capital n’a pas ignoré le reste du monde. En effet, son installation à Londres, au cœur du plus grand empire de l’époque, l’amène à prendre en compte les sociétés non occidentales et le colonialisme, questions sur lesquelles il consacre une partie importante de son travail. Il examine les particularités du nationalisme et de la « race » ainsi que les différents modes de développement humain, social et historique.

Dans ce livre novateur  – une approche inédite des rapports nationaux, raciaux et coloniaux dans l’œuvre de Marx –, Kevin B. Anderson examine les théorisations de Karl Marx sur un certain nombre de sociétés non occidentales de son temps – de l’Inde à l’Algérie en passant par l’Indonésie et la Chine – et les relations qu’elles entretiennent avec le capitalisme et le colonialisme. Il analyse son appui aux mouvements d’émancipation nationale, en particulier de Pologne et d’Irlande, et leurs rapports avec les mouvements démocratiques et socialistes. Marx apporte systématiquement son soutien aux mouvements indépendantistes de ces nations opprimées ainsi qu’à la cause anti­esclavagiste aux États-Unis, car il estime que ce sont les leviers essentiels de la révolution.

Marx est d’avis que les mouvements ouvriers qui ne soutiennent pas les mouvements d’éman­­cipation nationale ou qui ne combattent pas le racisme dont souffrent les minorités de leur propre société courent le danger d’entraver, voire de mettre fin à leur propre essor. Selon Anderson, « le prolétariat de Marx n’est pas seulement blanc et européen, mais comprend également les travailleurs noirs aux États-Unis de même que les Irlandais qui ne sont pas considérés comme “blancs” à l’époque par les cultures dominantes britannique et nord-américaine ».

La conception du capitalisme de Marx en tant que système social ne relève pas d’un universel abstrait : elle est parcourue par une vision sociale riche et concrète dans laquelle universalité et particularité inter­agissent dans le cadre d’une totalité dialectique.

Traduction de l’anglais (États-Unis) par Marc Chemali et Véronique Rauline.

  • 392 pages
    Prix : 34,95 $ | PDF 25,99 $
    Formats : 14,6 x 21,95 cm
    mai 2015
    ISBN : 978-2-924327-06-7

Coédition avec Syllepse (Paris).

Autopsie d'un mythe - couverture

Autopsie d’un mythe

Réflexions sur la pensée politique de Jean-Marc Piotte

« Je suis donc un marxiste “révisionniste”. […] Je ne veux pas condamner le marché. Ce serait trop facile. […] À moins de se réfugier dans un refus de principe la voie à suivre est réformiste. […] La démocratie directe est le meilleur instrument de lutte, mais elle doit servir à renforcer la démocratie représentative. » Jean-Marc-Piotte, Démocratie des urnes et démocratie de la rue.

Membre fondateur de la revue politique et culturelle Parti pris (1963-1968), qui se réclamait de l’indépendance du Québec, du socialisme et de la laïcité, Jean-Marc Piotte a, dans les années 1970, émis nombre d’opinions sur le syndicalisme (s’appropriant même la paternité du « syndicalisme de combat »), le socialisme et le marxisme (essais sur Gramsci et Lénine). Depuis cette époque, il est auréolé d’une image de « pape de la gauche », voire de « père du marxisme au Québec ».

Parce qu’il estime que cette image est un mythe, Louis Gill entreprend d’en faire l’autopsie. Il procède à une analyse minutieuse de l’évolution de la pensée politique de Piotte à partir de ses principaux écrits sur le syndicalisme, le partenariat social, le socialisme, l’indépendance du Québec, la laïcité et l’identité. Il signale qu’au fil des ans, Piotte a successivement tourné le dos au socialisme et à l’indépendance du Québec et que, désormais, il se satisfait d’un utopique capitalisme civilisé ou à visage humain dans le cadre de l’antidémocratique fédéralisme canadien.

L’auteur porte également un jugement sévère sur l’adhésion au marxisme dont Piotte a continué à se réclamer au cours des décennies, alors qu’un fossé sans cesse croissant, soutient-il, s’est creusé entre ce qu’il professe et le matérialisme historique. Comment Piotte peut-il lui-même continuer à se présenter comme marxiste, même en qualifiant ce « marxisme » de révisionniste, comme il prend désormais la précaution de le faire ? « Sans doute mesure-t-il lui-même l’ampleur du choc qui serait porté à son image par l’effondrement de ce mythe », conclut Louis Gill.

  • 144 pages
    Prix : 16,95 $ | PDF 12,99 $
    Formats : 14,6 x 21,95 cm
    mars 2015
    ISBN : 978-2-924327-20-3
Pour une théorie générale de l'exploitation - couverture

Pour une théorie générale de l’exploitation

Des différentes formes d’extorsion de travail aujourd’hui

Préface de Mélissa Blais et Isabelle Courcy

La société actuelle repose en grande partie sur deux piliers enchevêtrés : le mode de production capitaliste et le mode de production patriarcal (ou domestique). L’extorsion du travail – salarié ou non – en est un fondement. Si l’une profite aux capitalistes, l’autre opère au bénéfice des hommes.

Le travail domestique est à la fois une manifestation flagrante de l’inégalité entre les sexes et un défi pour les stratégies d’égalité, car l’action militante y trouve souvent sa limite. En effet, le « partage inégal » des tâches domestiques – un oxymore qui signifie l’absence de partage – ne semble pas contraint, mais le résultat d’arrangements à l’amiable entre deux adultes libres. Or, dès que deux personnes de sexe différent forment un couple et vivent ensemble, la quantité de travail ménager fait par l’homme diminue tandis que celui de la femme augmente. Et le travail gratuit est l’exploitation économique la plus radicale.

En ne voyant d’exploitation que là où il y a plus-value, la théorie marxiste, qui se voulait de libération, a produit des concepts qui rendent non seulement mal compte de l’exploitation salariale, mais qui sous-estiment également les autres types d’exploitation (domestique, esclavage, servage). Le mode de production capitaliste, dans la mesure où il sert le mode de production patriarcal, n’est pas purement capitaliste, il est également en partie patriarcal. D’où la nécessité de revisiter la théorie marxiste au moyen d’une théorie générale de l’exploitation.

  • 128 pages
  • Prix : 12,95 $ | PDF 9,99 $
  • Format : 10,5 x 18 cm
  • Mars 2015
  • ISBN : 978-2-924327-24-1

Coédition avec Syllepse (Paris).