Friedrich Engels et les « peuples sans histoire »

La question nationale dans la révolution de 1848

Dès son essor, le mouvement ouvrier s’est emparé de la question nationale en particulier à la suite du Printemps des peuples de 1848. Parmi les principaux acteurs de la scène politique de l’époque, Friedrich Engels, en complicité avec Karl Marx, s’attache à analyser à la question nationale et produit le concept «peuples sans histoire» qu’il définit comme «des peuples qui dans le passé n’ont pas été capables de constituer des États et n’ont plus suffisamment de force pour conquérir leur indépendance nationale dans l’avenir» opposés aux nations historiques.

C’est de cette conception que nous propose de discuter Roman Rosdolsky dans son ouvrage.

Dans son avant-propos, Benjamin Bürbaumer revient d’abord sur l’étonnant parcours de l’auteur. Ukrainien, tour à tour militant du Parti communiste ukrainien, intellectuel marxiste proche de Léon Trotsky, exilé politique, arrêté par les nazis et déporté à Auschwitz puis à Ravensbrück. ­Libéré, il a rejoint les États Unis où il a mis à jour les Grundrisse de Marx alors inconnus. Il poursuit alors son travail théorique notamment sur la question de la valeur et rédige son œuvre majeure sur la genèse du Capital, dont seule une partie a été publiée en français.
Mais il produit aussi en 1948 une première ébauche de ce livre, car il reste passionné par cette question nationale qu’il a expérimenté dans le vif en Ukraine après la révolution d’Octobre.

Au lieu d’appréhender les racines sociales du mouvement panslaviste, Engels dresse une carte de l’Europe basée sur deux catégories : les «nations révolutionnaires» et les «peuples sans histoire», les premiers étant considérés comme historiquement viables, tandis que les seconds étaient relégués au statut de fragments sans vie du passé, de «ruines». C’est cette thèse que réfute Roman Rosdolsky qui nous propose une étude qui a pour objet l’image que renvoient des mouvements de libération des peuples de l’Empire austro-hongrois dits sans histoire pendant la Révolution de 1848-1849.

L’ouvrage offre également utilement deux contributions complémentaires. La première de ­Gérard Billy, «Appréhender les questions nationales multiformes». Traducteur de l’ouvrage de l’allemand, il introduit le texte de Roman Rosdolsky et revient en détail sur les débats qui ont agité la social-démocratie au début du 20siècle sur la question nationale et la contribution d’Engels. Enfin, cette approche est richement complétée par la contribution de Georges Haupt et Claudie Weill, «Marx et Engels devant le problème des nations», qui contextualise les recherches des deux intellectuels allemands et suit l’évolution de leur pensée notamment sur la question irlandaise et polonaise.

  • Traduction de l’allemand
  • Coédition avec Syllepse et Page 2
  • 382 pages
  • 15 x 21 cm
  • octobre 2018
  • ISBN 978-2-84950-692-9
  • 25 €  | 47,95 $

Qu’est-ce que la conscience de classe ?

Contribution au débat sur la reconstruction du mouvement ouvrier

En 1933, la classe ouvrière allemande subit une terrible défaite aux mains des nazis. De nombreux socialistes et communistes sont alors mis dans des camps de concentration ou assassinés. Ses syndicats ayant été détruits et ses partis écrasés, la classe ouvrière souffre d’une baisse généralisée de revenu, de privation, d’une semaine de travail allongée, de répression et d’atomisation sociale. Comment reconstruire le mouvement ouvrier et reprendre l’offensive ? C’est à cette question que s’adresse ce texte écrit en exil au lendemain de la victoire nazie.

Plus généralement, comment expliquer que, malgré la dégradation de ses conditions d’existence, malgré les actes cyniques et insupportables des pouvoirs en place, malgré l’état effroyable du monde, la masse de la population – et, en premier lieu, les travailleurs et les travailleuses – ne se mobilise pas pour mettre fin au système qui les exploite et les opprime ? Comment expliquer que, pire encore, une bonne partie de celle-ci soutient des gens qu’elle devrait combattre sans concession ? 

En 1934, Wilhelm Reich est exclu du Parti communiste allemand qui n’avait pas accepté le succès du mouvement Sex-Pol qu’il animait. Fuyant l’Allemagne nazie, rejeté par les psychanalystes en raison de son militantisme révolutionnaire, il interpelle les communistes de toute obédience : la vie psychologique réelle des humains ne se joue-t-elle pas sur un autre plan que le croient les adeptes de la révolution sociale ? Il leur demande : qu’est-ce que la conscience de classe dans le cas du commun des mortels ? Peut-être ne faut-il pas chercher dans la faiblesse de cette conscience de classe la cause unique, voire la cause principale, de l’apparente passivité de la grande masse de la population !

Préface de Sébastien Rioux, professeur au département de géographie de l’Université de Montréal.

  • Parution : avril 2018
  • Prix : 15,95 $ – 15 €
  • Pages : 144
  • Format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-84-5

Un système sans qualité

Matériaux pour une critique du capitalisme

« Aliénation », « Capital », « fétichisme », « valeur d’échange », « exploitation », « plus-value », « travail abstrait », « classe », « impérialisme », « socialisme », « communisme », « prolétariat »… Qui donc utilise encore ces concepts dont la seule évocation provoque un sourire plein de condescendance et de paternalisme ? Qui parlent encore ainsi, sinon quelques militantes, dont les tracts plus ou moins jaunis sont comme les fossiles idéologiques d’un autre monde ? À défaut de supprimer l’exploitation, nous l’avons rendue démocratique. À défaut de supprimer la domination, nous l’avons rendue élective. À défaut de supprimer ces maux, nous avons cessé de les nommer…

La démocratie bourgeoise domine désormais sans partage notre imaginaire. Elle est l’horizon infranchissable de nos attentes. Quiconque désire le dépassement de la société marchande est jugé « antidémocratique ». Notre époque a troqué le « Exigeons l’impossible ! » de Che Guevara pour la « Soif d’aujourd’hui » de Coca Cola. Notre « conscience malheureuse » s’est progressivement transformée en « fausse conscience heureuse ». La réalité capitaliste serait rationnelle, elle serait le seul système permettant de satisfaire nos besoins. Elle en a accepté les règles, et les grandes causes ont cédé la place aux dysfonctionnements temporaires et aux différents « excès » à contenir. Les gens les plus audacieux revendiquent une diminution des « écarts » entre les riches et les pauvres et une réduction de la « trop » grande pollution industrielle. Quiconque lève la tête hors de ces pointillés délimitant le « principe de réalité » défini par l’ordre est considéré comme un extrémiste.

« Fétichisme », « aliénation », « marxisme », « anarchisme », « marchandisation », « néolibéralisme », « romantisme révolutionnaire », « unidimensionnalité », « liberté »… Voilà quelques-uns des concepts que les auteurs de ce livre proposent de nous les réapproprier. Non dans l’objectif ambitieux d’élaborer une « nouvelle » théorie de la société, mais dans celui beaucoup plus modeste de nier les fausses vérités d’un cri toujours plus strident, et de mieux dénoncer le faux qui fait violence au vrai.

  • Parution : février 2017
  • Prix : 19,95 $
  • 184 pages
  • Format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-60-9
Nature et forme de l'État, couverture

Nature et forme de l’État capitaliste

Analyses marxistes contemporaines

L’État capitaliste n’apparaît pas pour ce qu’il est. Sa nature est voilée. Il apparaît comme « à côté et au-dessus de la société civile » (Marx). Sa nature de classe est voilée parce que son apparente neutralité repose sur le fétichisme de la marchandise. Ce même fétichisme agit sur les salariéEs qui ne perçoivent pas leur exploitation. Les mécanismes d’extraction de la plus-value sont donc camouflés.

Marx et Engels partent de la définition abstraite de l’État, le « capitaliste collectif en idée », pour appréhender le régime politique, lequel représente la forme concrète d’existence de l’État ou sa matérialisation. Le régime politique est distinct de l’État, mais est en même temps sa forme d’existence concrète. Il est une manifestation de l’État, mais n’est pas l’État. Le régime politique est à l’État, ce que le prix est à la valeur.

Le régime politique est le résultat de luttes entre les classes et les fractions de classes, tandis que l’État capitaliste résulte des rapports sociaux de la production capitaliste (mode de production) ou encore « dérive » du capital pour les États capitalistes du centre et de l’économie capitaliste mondiale pour les États dits de la périphérie. C’est ce qui permet de comprendre les multiples formes d’existence de l’État capitaliste, c’est-à-dire la multiplicité des régimes politiques : monarchie constitutionnelle, république, régime prési­den­tiel, dictature militaire, dictature fasciste, etc.

L’État est le garant du maintien du mode de production capitaliste et de la pénétration de marchandise dans l’ensemble de la société. Il est également le garant de la reproduction sociale. Ses interventions se situent par rapport à ces nécessités. C’est pourquoi il ne saurait se confondre, sauf rarissimes exceptions, avec le capital individuel. S’il est relativement autonome par rapport aux capitalistes et aux différentes classes sociales, il ne l’est pas par rapport au capital dans sa totalité, c’est-à-dire par rapport au mode de production capitaliste.

Les auteurs de cet ouvrage reprennent à bras-le-corps la question de l’État, la confrontent aux différentes traditions marxistes et discutent de l’approche dite de la « dérivation », une avancée importante dans l’analyse de l’État.

  • Parution : septembre 2015
  • Prix : 15,95 $ | PDF 11,99 $
  • Pages : 144
  • Format : 14,6 x 21,95 cm
  • ISBN : 978-2-924327-34-0

Coédition avec Syllepse (Paris)

Marx aux antipodes - couverture

Marx aux antipodes

Nations, ethnicité et sociétés non occidentales

« Je suis de plus en plus arrivé la conviction – et il ne s’agit que de l’inculquer à la classe ouvrière anglaise qu’elle ne pourra jamais rien faire de décisif, ici en Angleterre, tant qu’elle ne rompra pas de la façon la plus nette, dans sa politique irlandaise, avec la politique des classes dominantes ; tant qu’elle ne fera non seulement cause commune avec les Irlandais, mais encore ne prendra l’initiative de la dissolution de l’Union forcée de 1801. » K. Marx.

Pour certains, Marx n’aurait été que le théoricien du capitalisme des sociétés occidentales. Pourtant, l’auteur du Capital n’a pas ignoré le reste du monde. En effet, son installation à Londres, au cœur du plus grand empire de l’époque, l’amène à prendre en compte les sociétés non occidentales et le colonialisme, questions sur lesquelles il consacre une partie importante de son travail. Il examine les particularités du nationalisme et de la « race » ainsi que les différents modes de développement humain, social et historique.

Dans ce livre novateur  – une approche inédite des rapports nationaux, raciaux et coloniaux dans l’œuvre de Marx –, Kevin B. Anderson examine les théorisations de Karl Marx sur un certain nombre de sociétés non occidentales de son temps – de l’Inde à l’Algérie en passant par l’Indonésie et la Chine – et les relations qu’elles entretiennent avec le capitalisme et le colonialisme. Il analyse son appui aux mouvements d’émancipation nationale, en particulier de Pologne et d’Irlande, et leurs rapports avec les mouvements démocratiques et socialistes. Marx apporte systématiquement son soutien aux mouvements indépendantistes de ces nations opprimées ainsi qu’à la cause anti­esclavagiste aux États-Unis, car il estime que ce sont les leviers essentiels de la révolution.

Marx est d’avis que les mouvements ouvriers qui ne soutiennent pas les mouvements d’éman­­cipation nationale ou qui ne combattent pas le racisme dont souffrent les minorités de leur propre société courent le danger d’entraver, voire de mettre fin à leur propre essor. Selon Anderson, « le prolétariat de Marx n’est pas seulement blanc et européen, mais comprend également les travailleurs noirs aux États-Unis de même que les Irlandais qui ne sont pas considérés comme “blancs” à l’époque par les cultures dominantes britannique et nord-américaine ».

La conception du capitalisme de Marx en tant que système social ne relève pas d’un universel abstrait : elle est parcourue par une vision sociale riche et concrète dans laquelle universalité et particularité inter­agissent dans le cadre d’une totalité dialectique.

Traduction de l’anglais (États-Unis) par Marc Chemali et Véronique Rauline.

  • 392 pages
    Prix : 34,95 $ | PDF 25,99 $
    Formats : 14,6 x 21,95 cm
    mai 2015
    ISBN : 978-2-924327-06-7

Coédition avec Syllepse (Paris).

Autopsie d'un mythe - couverture

Autopsie d’un mythe

Réflexions sur la pensée politique de Jean-Marc Piotte

« Je suis donc un marxiste “révisionniste”. […] Je ne veux pas condamner le marché. Ce serait trop facile. […] À moins de se réfugier dans un refus de principe la voie à suivre est réformiste. […] La démocratie directe est le meilleur instrument de lutte, mais elle doit servir à renforcer la démocratie représentative. » Jean-Marc-Piotte, Démocratie des urnes et démocratie de la rue.

Membre fondateur de la revue politique et culturelle Parti pris (1963-1968), qui se réclamait de l’indépendance du Québec, du socialisme et de la laïcité, Jean-Marc Piotte a, dans les années 1970, émis nombre d’opinions sur le syndicalisme (s’appropriant même la paternité du « syndicalisme de combat »), le socialisme et le marxisme (essais sur Gramsci et Lénine). Depuis cette époque, il est auréolé d’une image de « pape de la gauche », voire de « père du marxisme au Québec ».

Parce qu’il estime que cette image est un mythe, Louis Gill entreprend d’en faire l’autopsie. Il procède à une analyse minutieuse de l’évolution de la pensée politique de Piotte à partir de ses principaux écrits sur le syndicalisme, le partenariat social, le socialisme, l’indépendance du Québec, la laïcité et l’identité. Il signale qu’au fil des ans, Piotte a successivement tourné le dos au socialisme et à l’indépendance du Québec et que, désormais, il se satisfait d’un utopique capitalisme civilisé ou à visage humain dans le cadre de l’antidémocratique fédéralisme canadien.

L’auteur porte également un jugement sévère sur l’adhésion au marxisme dont Piotte a continué à se réclamer au cours des décennies, alors qu’un fossé sans cesse croissant, soutient-il, s’est creusé entre ce qu’il professe et le matérialisme historique. Comment Piotte peut-il lui-même continuer à se présenter comme marxiste, même en qualifiant ce « marxisme » de révisionniste, comme il prend désormais la précaution de le faire ? « Sans doute mesure-t-il lui-même l’ampleur du choc qui serait porté à son image par l’effondrement de ce mythe », conclut Louis Gill.

  • 144 pages
    Prix : 16,95 $ | PDF 12,99 $
    Formats : 14,6 x 21,95 cm
    mars 2015
    ISBN : 978-2-924327-20-3
Pour une théorie générale de l'exploitation - couverture

Pour une théorie générale de l’exploitation

Des différentes formes d’extorsion de travail aujourd’hui

Préface de Mélissa Blais et Isabelle Courcy

La société actuelle repose en grande partie sur deux piliers enchevêtrés : le mode de production capitaliste et le mode de production patriarcal (ou domestique). L’extorsion du travail – salarié ou non – en est un fondement. Si l’une profite aux capitalistes, l’autre opère au bénéfice des hommes.

Le travail domestique est à la fois une manifestation flagrante de l’inégalité entre les sexes et un défi pour les stratégies d’égalité, car l’action militante y trouve souvent sa limite. En effet, le « partage inégal » des tâches domestiques – un oxymore qui signifie l’absence de partage – ne semble pas contraint, mais le résultat d’arrangements à l’amiable entre deux adultes libres. Or, dès que deux personnes de sexe différent forment un couple et vivent ensemble, la quantité de travail ménager fait par l’homme diminue tandis que celui de la femme augmente. Et le travail gratuit est l’exploitation économique la plus radicale.

En ne voyant d’exploitation que là où il y a plus-value, la théorie marxiste, qui se voulait de libération, a produit des concepts qui rendent non seulement mal compte de l’exploitation salariale, mais qui sous-estiment également les autres types d’exploitation (domestique, esclavage, servage). Le mode de production capitaliste, dans la mesure où il sert le mode de production patriarcal, n’est pas purement capitaliste, il est également en partie patriarcal. D’où la nécessité de revisiter la théorie marxiste au moyen d’une théorie générale de l’exploitation.

  • 128 pages
  • Prix : 12,95 $ | PDF 9,99 $
  • Format : 10,5 x 18 cm
  • Mars 2015
  • ISBN : 978-2-924327-24-1

Coédition avec Syllepse (Paris).

Les ondes longues du développement capitaliste - couverture

Les ondes longues du développement capitaliste

Une interprétation marxiste

« On ne sortira donc pas de la longue dépression par un “atterrissage en douceur”, l’avenir ne sera fait que de mouvements de reprises relevant du cycle d’affaires classique, suivies de nouvelles récessions, avec à la clé un développement continu du chômage, et des taux moyens de croissance à long terme beaucoup plus bas que ceux du boom d’après-guerre. »

Aboutissement de trente ans de recherche sur l’évolution du capitalisme, cet ouvrage replace dans une perspective historique ses principales tendances économiques et sociales ainsi que ses relations avec les facteurs politiques. Il en analyse les différentes périodes – et leurs fonctionnements spécifiques – dans lesquelles alternent des phases expansives et récessives. Ernest Mandel introduit le concept novateur d’onde longue en lieu et place de cycle. Un des éléments les plus importants de sa théorisation concerne les conditions de passage à une nouvelle phase expansive, à la reconstitution d’un « nouvel ordre productif ». L’auteur traite, entre autres, des dynamiques du taux de profit, de régulation du système, des révolutions technologiques et des cycles de la lutte des classes.

Sa thèse centrale est celle d’une dialectique entre les facteurs objectifs du développement économique historique et les facteurs subjectifs (les mouvements sociaux, les secousses politiques,  économiqueles révolutions) où ces derniers opèrent avec une relative autonomie. Ceux-ci ne sont pas mécaniquement prédéterminés par les tendances fondamentales de l’accumulation du capital, du changement technologique ou de l’impact de ces tendances sur le processus de l’organisation du travail.

Avec cet ouvrage, Ernest Mandel nous propose une actualisation des travaux de Karl Marx en termes, non d’économie, mais bien de critique de l’économie politique qui s’organise autour de perspectives de rupture avec l’ordre/désordre du monde dominant.

Michel Husson illustre les analyses de Mandel par un examen de la phase néolibérale du capitalisme mené selon deux fils directeurs. Le premier est que le capitalisme néolibéral correspond à une phase récessive et son trait spécifique essentiel est sa capacité à rétablir le taux de profit malgré un taux d’accumulation stagnant et des gains de productivité médiocres. Le second est que les conditions du passage à une nouvelle onde expansive ne sont pas réunies et que la période est caractérisée par une « régulation chaotique ».

Préface de Daniel Bensaïd
Introduction de Francisco Louça
Postface de Michel Husson

  • 248 pages
  • Prix : 24,95 $ | PDF 17,99 $
  • Format : 14,6 x 21,95 cm
  • février 2015
  • ISBN : 978-2-924327-26-5

Coédition avec Syllepse (Paris) et Formation Léon Lesoil (Bruxelles)

Propriété et expropriations - couverture

Propriété et expropriations

Des coopératives à l’autogestion généralisée

« Une feuille anglaise archi-bourgeoise rapporte que des associations ouvrières peuvent conduire et administrer avec succès des boutiques, des fabriques dans toutes les branches de l’industrie et, en même temps, améliorer extraordinairement la condition des travailleurs, mais !… Mais on ne voit pas bien quelle place elles laissent au capitaliste. Quelle horreur ! » (Karl Marx) À partir de certaines expérimentations du mouvement ouvrier de son époque, Marx soulignait l’actualité de la coopération, qu’il opposait à la mise en concurrence généralisée du libéralisme économique.

Au cœur même de la crise du capitalisme se manifeste une volonté de « prendre ses affaires en mains » : on occupe des entreprises, on se saisit de l’outil de travail, on remet en marche la production, on crée des coopératives et on développe l’économie solidaire. On voit ainsi se manifester ce que Marx désignait comme le « triomphe » de l’« économie politique du travail » sur l’« économie politique de la propriété » : « Nous voulons parler du mouvement coopératif et surtout des manufactures coopératives. […] Elles ont montré par des faits, non plus par de simples arguments, que la production sur une grande échelle et au niveau des exigences de la science moderne pouvait se passer d’une classe de patrons employant une classe de salariés ; elles ont montré qu’il n’était pas nécessaire pour le succès de la production que l’instrument de travail fût monopolisé et servît d’instrument de domination et d’extorsion contre le travailleur lui-même ; elles ont montré que comme le travail esclave, comme le travail serf, le travail salarié n’était qu’une forme transitoire et inférieure, destinée à disparaître devant le travail associé. »

La coopération est un terreau sur lequel un monde post-capitaliste peut surgir. Dans différentes régions du monde, les mobilisations mettent à l’ordre du jour l’appropriation et la réorganisation des entreprises et des services. De tels mouvements sont porteurs d’une remise en cause du capital au profit de l’émancipation sociale et du dépérissement de l’État.

Textes présentés par Pierre Cours-Salies et Pierre Zarka

  • 184 pages
  • Prix : 22,95 $ | PDF 16,99 $ |
  • Format : 15 x 21 cm
  • Septembre 2013
  • ISBN 978-2-923986-82-1

Coédition avec Syllepse (Paris).

Sous l'emprise du capital - couverture

Sous l’empire du capital

L’impérialisme aujourd’hui

« Sous l’empire du capital est un livre écrit de façon intelligible. Le style est clair et précis. L’analyse est approfondie, systématique, rigoureuse, complète et cohérente », Renán Vega Cantor, Herramienta.

Quelles sont les différences entre l’impérialisme classique et l’impérialisme du 21e siècle ? Comment les formes de la domination impériale ont-elles été transformées après la Seconde Guerre mondiale ?

Le renouveau de l’intérêt pour l’étude de l’impérialisme a modifié le débat sur la mondialisation, lequel a été pendant toute une période concentré sur le néolibéralisme. Un concept développé par les principaux théoriciens marxistes du 20e siècle – qui a connu une large diffusion au cours des années 1970 – attire à nouveau l’attention du fait de l’aggravation de la crise des pays de la périphérie, de la multiplication des conflits armés, de la concurrence mortifère entre les firmes multinationales, de la crise financière et écologique.

La notion d’impérialisme conceptualise deux types de questions : d’une part, les rapports de domination en vigueur entre les capitalistes du centre et les peuples de la périphérie et, d’autre part, les liens qui prévalent entre les grandes puissances impérialistes elles-mêmes. Cette théorie est-elle toujours actuelle ? En quoi peut-elle contribuer à éclairer la réalité contemporaine ?

Ce livre répond à ces questions en analysant le rôle singulier de gendarme des États-Unis et en étudiant les nouveaux mécanismes géopolitiques engendrés par les différents partenariats économiques internationaux. Il décrit l’impact de ces changements sur les rapports de pouvoir et sur ​​l’exploitation des ressources des pays de la périphérie. L’auteur conteste les interprétations classiques et propose une relecture des controverses marxistes de l’impérialisme. Il aborde les théories actuelles sur l’enchaînement de l’« hégémonie » et du « déclin » des États-Unis en comparaison avec l’essor de la Chine. Il étudie l’hypothèse de la formation d’un Empire transnational décentralisée.

L’impérialisme contemporain est analysé à la lumière des récentes transformations des classes dominantes, du rôle de l’État et de l’idéologie.

Traduit du castillan (Argentine) par Lucile Daumas.

  • 264 pages
  • Prix : 24,95 $ | 24 € | PDF 18,99 $
  • Format : 15,24 x 22,86 cm
  • Août 2013
  • ISBN 978-2-924327-04-3
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