Islamaphobie et judéophobie

L’effet miroir

Introduction d’Alain Gresh

Les débats au Québec sur la Charte des valeurs, les « accommodements raison­nables » et le port du foulard (abusivement nommé « voile ») ont montré des relents d’islamophobie. Ailleurs, l’islamophobie fait des ravages et pave la voie à une extrême droite en plein essor. Omniprésente dans le discours public et les politiques de l’État, l’islamophobie est exacerbée par les crimes réels commis au nom de l’islam par une nébuleuse de groupuscules et d’individus « radicalisés ». L’islamophobie constitue-t-elle une mauvaise réponse à une bonne question ou n’est-elle pas, comme sa sœur jumelle, la judéophobie, la résurgence d’un virus social dont la nocivité est notoire et qui opère désormais à l’échelle mondiale ?

Il y a des similitudes étonnantes qui mettent le discours islamophobe contem­porain en résonance avec l’antisémitisme, c’est-à-dire la judéophobie. Les judéophobes les plus acharnés ne nient-ils pas jusqu’à l’existence même de l’anti­sémitisme qui ne serait à leurs yeux qu’une fabrication culpabilisante à propos de persécutions tout à la fois imaginaires et méritées ? Illustration parmi tant d’autres de la parenté de l’islamophobie avec la judéophobie, la question juive d’hier et celle de l’islam d’aujourd’hui relèvent du « délire idéologique » raciste. On ne saurait donc appréhender la réalité de l’islamophobie actuelle sans passer par l’écheveau de l’antisémitisme.

Il ne s’agit pas ici de poser une équation entre la situation des musulmans d’aujour­d’hui et celle des juifs d’hier, mais entre deux aberrations racistes qui fonctionnent de façon similaire. Ce qui est au centre des pré­oc­cupations de l’auteur, c’est le caractère même des sociétés que le racisme gan­grène en menaçant la vie commune.

  • Parution : octobre 2015
  • Prix : 19,95 $ | PDF 14,99 $
  • Pages : 184
  • Format : 14,6 x 21,95 cm
  • ISBN : 978-2-924327-40-1

Coédition avec Syllepse (Paris)

Les boomers sont-ils coupables? - couverture

Les boomers sont-ils coupables ?

Doit-on vraiment souhaiter qu’ils crèvent ?

« Les baby-boomers ont tout accaparé : les emplois, les bons salaires, les meilleures conditions de travail, les somptueuses pensions payées par les plus jeunes ! Ils se sont offert de généreux programmes sociaux et n’ont laissé que des miettes et des dettes aux générations suivantes ! Maintenant qu’ils sont vieux, ils coûtent une fortune au système de santé. Et cela ne va qu’empirer. »

Depuis plusieurs années, des journalistes, des chroniqueurs, des économistes et des politiciens ont entrepris d’accuser sans relâche les boomers de l’état « désastreux » des finances publiques du Québec. Qu’est-ce qui se cache derrière ces blâmes récurrents ? Serait-ce une riposte – plus ou moins organisée – des puissants contre les exigences de ceux et celles qui réclament un meilleur partage des revenus et des richesses ? On peut légitimement se poser la question. En tout cas, il ne faut pas se leurrer, ces attaques n’ont rien d’anodin. Plus qu’une simple stratégie de riposte, elles ressemblent à une offensive destinée, par le biais de coupes dans les soins de santé, dans l’éducation et dans les régimes de pension des baby-boomers, à obtenir une réduction de l’impôt des mieux nantis et des charges sociales des entreprises.

Cet ouvrage propose de démontrer qu’il y a, à tout le moins, beaucoup d’exagérations, sinon d’inexactitudes, dans le message généralement propagé à leur endroit.

  • Parution : septembre 2015
  • Prix : 13,95 $ | PDF : 10,99 $
  • Pages : 144
  • Format : 10,5 x 18 cm
  • ISBN : 978-2-924327-36-4
L'économie toxique - couverture

L’économie toxique

Spéculation, paradis fiscaux, lobby, obsolescence programmée…

Pour quelle raison fabrique-t-on des produits conçus pour ne pas durer ? Pourquoi spécule-t-on sur des produits aussi indispensables que la nourriture ? Comment expliquer que des milliards de dollars échappent à l’impôt grâce aux paradis fiscaux alors que nous n’arrivons plus à financer des services publics de qualité ? Pourquoi investit-on encore massivement dans des ressources naturelles très polluantes et non renouvelables alors que l’environnement se dégrade rapidement ?

Par des textes courts, clairs et accessibles, les auteurEs examinent les choix économiques foncièrement nocifs des élites et de leurs gouvernements et indiquent par quoi il faut les remplacer. Or, l’enseignement d’une pensée unique dans les départements d’économie et l’activité sans relâche des lobbyistes au service des grandes entreprises expliquent en partie l’adhésion à de telles politiques économiques. Qui gagne d’un système qui accentue dramatiquement les inégalités et détruit l’écosystème ?

Dans le même esprit que le livre précédemment publié – Sortir de l’économie du désastre. Austérité, inégalités, résistances –, les auteurEs du présent ouvrage cherchent à démystifier l’écono­mie pour la rendre accessible au plus grand nombre et à démonter ses pièges liés à la quête de profits immédiats. Ce qu’il faut assainir avant tout, c’est une vision bien-pensante d’une économie qui ne mesure pas sa toxicité.

Yves-Marie Abraham, Pierre Beaulne, Dominique Bernier, Alain Deneault, Anne Latendresse, Sylvie Morel, Éric Pineault et l’Union des consommateurs collaborent à cet ouvrage coordonné par Bernard Élie et Claude Vaillancourt.

Réseau pour un discours alternatif sur l’économie

  • 152 pages
  • Prix : 12,95 $ | 12 € | PDF 9,99 $
  • Format : 10,5 x 18 cm
  • Octobre 2014
  • ISBN 978-2-924327-14-2
Elles ont fait reculer l'industrie du sexe - couverture

Elles ont fait reculer l’industrie du sexe

Le modèle nordique

Préface de Julie Miville-Dechêne
Postface de Claudine Legardinier

En quoi le modèle nordique s’avère-t-il efficace pour combattre la prostitution, une industrie basée sur l’inégalité sociale, raciale et de sexe ? Depuis le 19e siècle, le mouvement féministe lutte pour l’abolition de la prostitution parce qu’elle est une institution qui pérennise l’ordre sexuel patriarcal. Ce livre brosse un portrait vivant de cette lutte dans les pays nordiques. En Suède, en Norvège et en Islande, les féministes ont réussi à faire adopter des lois pénalisant l’achat de services sexuels et le proxénétisme tout en décriminalisant les personnes prostituées. Le modèle nordique reconnaît que ceux qui payent pour du sexe – les prostitueurs – sont responsables de l’existence et du développement de ce qui est devenu une véritable industrie mondialisée. Ce modèle est actuellement étudié et discuté dans le monde entier.

À quoi bon multiplier les objectifs de lutte contre les violences masculines ou le sexisme dans nos sociétés si le droit de les fouler au pied reste préservé dans la prostitution ? Comment ne pas interroger, après le droit de cuissage et le harcèlement sexuel (accès sexuel obtenu par le pouvoir), après le viol (obtenu par la force), la prostitution comme droit obtenu par l’argent ? Dans le modèle nordique, le corps n’est pas une marchandise et la prostitution constitue une atteinte à la dignité humaine.

Les lois criminalisant les prostitueurs ne sont pas tombées du ciel : elles sont le résultat de décennies de lutte de la part des féministes des pays nordiques. Dans ce livre, des militantes font état de leur combat pour abolir la prostitution. Elles nous expliquent en quoi consiste cette lutte et nous fournissent des indications précieuses sur les stratégies adoptées par leur mouvement, les alliances qu’elles ont tissées et les adversaires qu’elles ont dû combattre. Elles y dévoilent en particulier le rôle et la fonction du lobby favorable à la prostitution d’autrui et déconstruisent la légende selon laquelle le modèle nordique porterait préjudice aux personnes prostituées.

Traduit de l’anglais par Martin Dufresne

  • 192 pages
  • Prix : 18,95 $ | PDF 13,99 $ |
  • Format : 13,97 x 21,59 cm
  • Octobre 2014
  • ISBN 978-2-924327-18-0

Coédition avec Syllepse

Le capitalisme au Canada et la révolution Harper - couverture

Le capitalisme au Canada et la révolution Harper

Le Ca­nada subit une vé­ri­table « ré­vo­­lu­tion de droite » menée par le gouver­nement conservateur de Stephen Harper qui, contre l’État-providence, cherche à démanteler les programmes sociaux et à affaiblir la classe travailleuse.

Selon l’économiste Pierre Beaulne, au cours des trente ans de néolibéralisme, le capital canadien a connu une période faste en s’appropriant une portion accrue des richesses produites. Il s’est redéployé dans l’espace canadien et à l’étranger en se concentrant sur les industries de la finance ainsi que sur celles des ressources énergétiques et minières. Profitant de la mondialisation et tirant parti des paradis fiscaux, tout en contribuant à leur mise en place, ce capital a pris une expansion considérable sur la scène internationale.

Brossant un tableau des politiques économiques du gouvernement Harper à la suite de la crise financière mondiale de 2008, l’économiste Louis Gill montre comment cette crise a été « instrumentalisée » pour accélérer le virage à droite au Canada.

La période faste du capitalisme canadien s’explique entre autres par le recul du mouvement syndical mis à mal par des attaques répétées et souvent victorieuses de la classe dominante. Cette situation se développait depuis plus de deux décennies, mais elle s’est récemment accélérée avec les conservateurs au pouvoir. Ce que mettent en évidence le politologue Serge Denis et, en ce qui concerne l’assurance-chômage, l’économiste Sylvie Morel. 

Derrière la façade d’un pouvoir démocratique se dessine le tableau inquiétant d’un tout autre régime : un gouvernement autoritaire qui cultive le secret et qui est prêt à tout pour enrichir encore plus l’oligarchie canadienne.

Introduction de Pierre Beaudet.

  • 136 pages
  • Prix : 12,95 $ | 12 € | PDF 9,99 $ |
  • Format : 10,5 x 18 cm
  • Septembre 2014
  • ISBN 978-2-924327-06-7
Aube dorée - couverture

Aube dorée

Le livre noir du parti nazi grec

Violences, persécutions raciales, assassinats, complicités policières et étatiques, « interventions » auprès des employeurs pour qu’ils licencient les travailleurs étrangers, banques alimentaires réservées aux « Grecs d’abord »

Alors qu’une chape de pauvreté et de désespérance recouvre la Grèce depuis la mise en vigueur de la cure de paupérisation absolue imposée par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international (la « Troïka ») pour rembourser la dette publique, une organisation, qui a fait d’Adolf Hitler son idole et de la violence de rue sa méthode, organise la terreur dans le pays. Le parti Aube doré a envoyé dix-huit députés à l’assemblée palementaire et plusieurs dizaines d’immigréEs, d’intellectuelLEs et de militantEs à l’hôpital.

Comment la Grèce en est-elle arrivée à élire des députés nazis ? Pourquoi cette extrême droite grecque, décriée et marginale il y a quelques années encore, parvient-elle à présent à dicter l’ordre du jour politique et à imposer ses choix radi­caux au système, en particulier sur l’immigration ? Comment la Grèce a-t-elle pu oublier la dictature des colonels ? Comment est-il possible que des citoyenNEs de villages martyrisés par la SS votent pour un parti nazi ?

Aube dorée et son Chef prétendent « nettoyer les écuries d’Augias » des métèques, des démocrates, des « pédés », des féministes, des communistes, des « youpins »,  des syndicalistes, bref de ses ennemis, et sauver la Grèce de l’humiliation et du délabrement social causés par les politiques dictées par la Troïka.

Comprendre ce phénomène social et politique constitue un enjeu vital, car Aube dorée n’est que le sommet spectaculaire d’une vague brune qui ne cesse de faire des avancées en Europe. À partir d’une enquête approfondie, ce livre nous donne à entendre les vociférations et à voir les gesticulations de ces nazis qui profitent de la complaisance, voire de la complicité, de la police et des autorités étatiques. Il décrypte ce qui se cache derrière les tee-shirts noirs et les gros bras des sections d’assaut d’un parti qui, en dépit de ses récents problèmes judiciaires, hante la scène sociale et politique grecque.

Un ouvrage d’alarme. Et de combat.

Traduit du grec par Panos Angelopoulos

  • 232 pages
  • Prix : 21,95 $ | PDF 16,99 $
  • Format : 15 x 21 cm
  • juin 2014
  • ISBN 978-2-924327-02-9

Coédition avec Syllepse.

L'empire du libre échange - couverture

L’empire du libre échange

Le libre-échange nous est présenté comme nécessaire à la prospérité. Ses résultats sont pourtant douteux. Sous son règne, les inégalités sociales s’accentuent, l’environnement se détériore et les conditions de travail se dégradent. Pourtant, on continue à le considérer comme la solution pour résoudre les difficultés économiques et relancer la croissance.

Les accords de libre-échange ont un important dénominateur commun : ils favorisent les compagnies transnationales et affaiblissent la souveraineté des États. Ils libéralisent les marchés et les déréglementent en fonction des besoins des grandes entreprises. Ils protègent, à leur avantage, le droit de propriété intellectuelle. Si bien qu’ils ont peu à voir avec la liberté ou les échanges commerciaux, mais bien avec la domination d’une oligarchie qui s’est dotée d’instruments juridiques dont la fonction est de consolider et de pérenniser son pouvoir.

Écrit de façon concise et dans un langage accessible, ce livre fait la lumière sur le foisonnement d’accords qui transforment en profondeur et durablement le monde. Claude Vaillancourt nous permet de percer le secret qui entoure les accords de libre-échange. Il en démontre clairement les conséquences et donne des outils pour s’en défendre. Pour cela, il s’agit d’entrevoir de façon différente le commerce international.

  • 160 pages
  • Prix : 12,95 $ | 12 € | PDF 9,99 $
  • Format : 10,5 x 18 cm
  • Avril 2014
  • ISBN 978-2-924327-00-5
Traite, prostitution, inégalité - couverture

Traite, prostitution, inégalité

De nos jours, il n’y a pas plus de prise de position favorable à la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle qu’il y a de prise de position publique pour l’esclavage. Il est également très difficile de trouver des partisanes déclarées de l’inégalité… Ce n’est pourtant pas le cas de la prostitution. Certaines personnes sont pour la prostitution. Plus nombreuses sont celles qui consi­dèrent politiquement correct de la tolérer. La plupart présument que, même si elle n’est pas réellement souhaitable, la prostitution est nécessaire, inévitable et sans dommage.

Est-ce que la décriminalisation du proxénétisme et la légalisation des maisons closes assureront une plus grande sécurité physique aux personnes prostituées ? Contrairement à la Cour suprême du Canada, la juriste de réputation mondiale, Catharine A. MacKinnon, répond négativement à cette question. Elle soutient que « loin de rendre la vie des prostituées plus sûre, la décriminalisation totale de la prostitution peut même la rendre encore plus dangereuse ». Pour cela, elle s’appuie sur les expériences des pays qui ont légalisé la prostitution et le proxé­nétisme et sur celles des pays, de plus en plus nombreux, qui décri­minalisent les personnes prostituées et pénalisent les clients-prostitueurs ; la stigmatisation liée à l’activité prostitu­tion­nelle se retourne désormais contre ceux qui en profitent : les prostitueurs et les proxénètes.

« Où que vous soyez sur la planète, le débat – et aussi généralement la loi – s’organise autour de cinq distinctions morales élémentaires, qui différencient le « vraiment très mal » du « pas trop mal ». La prostitution des adultes est distinguée de la prostitution des enfants, celle qui est pratiquée à l’extérieure dans la rue, de celle à l’intérieure, la prostitution légale de celle qui est illégale, la volontaire de la forcée et la prostitution est différenciée du trafic. La prostitution des enfants est toujours un mal pour les enfants ; la prostitution des adultes n’est pas toujours un mal pour les adultes. La prostitution pratiquée à l’extérieure peut être brutale ; pour celle qui opère à l’intérieure, c’est moins le cas. La prostitution illégale crée des problèmes que la prostitution légale résout. La prostitution forcée est mal ; la prostitution volontaire peut ne pas être trop mal. Le traite c’est vraiment, vraiment mal. La prostitution – si elle est, disons, volontaire, adulte, à l’intérieure et légale – peut être une forme de vie tolérable pour certaines femmes. [] Celles et ceux qui ont des choix – lesquels sont niés aux personnes prostituées – ne semblent pas pouvoir envisager une vie pour les femmes prostituées en dehors de la prostitution. Ces femmes elles-mêmes n’ont pas ce problème. Elles envisagent un vrai travail, de l’amour véritable, de la dignité et de l’espoir. »

Traduit de l’anglais (États-Unis)

  • 128 pages
  • Prix : 12,95 $ | 12 € | PDF 9,99 $ |
  • Format : 10,5 x 18 cm
  • Février 2014
  • ISBN 978-2-923986-95-1
Quelle stratégie ? - couverture

Quelle stratégie ?

Résurgence des mouvements sociaux, combativité et politique

La crise économique mondiale provoque des résistances, des luttes, des grèves et même des soulèvements. De nouveaux mouvements comme ceux des Indignées et des Occupons ont fait leur apparition, mais il y a une désynchronisation des luttes sociales et politiques. De nouvelles formes d’organisation apparaissent, mais elles sont instables, voire éphémères. Plus encore, il n’y a jamais eu en même temps une crise aussi profonde et globale du système capitaliste et un mouvement ouvrier aussi faible.

Pourtant, les luttes contre les plans d’austérité se multiplient. Les journées de grèves générales se sont succédé en Grèce, au Portugal et en Espagne. Au Québec, en Grande-Bretagne, au Chili, en Italie et ailleurs, les manifestations étudiantes ont montré le fort degré d’explosivité des luttes sociales. L’indignation s’est répandue comme une traînée de poudre pour dénoncer l’oligarchie (le 1 %) et les inégalités sociales.

Au cœur des mouvements sociaux, il y a la lutte contre les privatisations et la marchandisation des services publics, de l’éducation, etc. Il y a aussi la résistance à la baisse du niveau de vie, aux délocalisations, à la précarité et au chômage. L’accumulation de ces expériences, le degré de combinaison entre la crise sociale, la crise poli­tique et le niveau d’auto-organisation peuvent constituer des points tournants. Néanmoins, les luttes, même les plus massives, ne débouchent pas actuellement sur des reculs des classes dominantes. Même si, en réaction aux attaques des classes dominantes et des gouvernements, le rythme des luttes connaît une croissance, on ne voit pas encore de dynamique politique suffisamment puissante pour inverser les décennies de contre-réformes libérales et créer les bases d’une contre-offensive générale en faveur des exploitées et des opprimées.

Or, la résurgence des mouvements sociaux remet à l’ordre du jour la question de la stratégie à développer par la gauche anticapitaliste. Quels sont ses défis à la fois politiques et intellectuels ? Ce livre propose un tour d’horizon, du syndicalisme au féminisme, en passant par les coalitions politiques de la gauche radicale.

Aristides Baltas, Johanna Brenner, Barbara Epstein, Sam Gindin, Nancy Holmstrom, Michael A. Lebowitz, Michalis Spourdalakis, Susan Spronk et Eli Zarestsky collaborent à cet ouvrage coordonné par Leo Panitch, Greg Albo et Vivek Chibber.

Préface à l’édition française par Richard Poulin, « Désynchronisation des luttes sociales et politiques ».

Traduit de l’anglais par T. Drapeau, T. Chiasson-LeBel et R. Poulin

  • 208 pages
  • Prix : 21,95 $ | 22 € | PDF 16,99 $
  • Format : 15,24 x 22,86 cm
  • Octobre 2013
  • ISBN 978-2-923986-84-5
L'être et la marchandise - couverture

L’être et la marchandise

Prostitution, maternité et substitution et dissociation de soi

Depuis quelques décennies, on assiste à une marchandisation croissante du corps des femmes. D’un côté, le capitalisme néolibéral a engendré une industrie prostitutionnelle mondialisée : d’un continent à l’autre prospèrent les réseaux de tourisme sexuel et de traite des femmes à des fins de prostitution. L’industrie du sexe est l’un des secteurs les plus lucratifs de l’économie mondiale. De l’autre, la maternité de substitution – des femmes portant des enfants pour autrui –, est désormais une activité économique considérable. En Inde seulement, elle rapporte plus de 400 millions de dollars par année.

Aujourd’hui, plusieurs justifient que le corps des femmes soit transformé en une marchandise sexuelle ou maternelle. D’un côté, on exige la décriminalisation ou la règlementation de la prostitution au nom du « travail du sexe ». Du plus vieux métier du monde, la prostitution serait devenue le métier le plus moderne, un métier comme un autre, voire une pratique libératrice. De l’autre, de nombreux États légalisent la maternité de substitution. Pourtant, on nous assure qu’il n’est question ici que de la promotion des droits des femmes. Une femme qui vend son corps à des fins de prostitution ou qui loue son utérus pour donner naissance à un enfant accomplirait une action rationnelle prouvant son « autonomie » voire sa libération postmoderne des stéréotypes patriarcaux. Elle ne serait en aucune façon une victime, mais bien une personne active sachant quels sont ses véritables intérêts. En fait, la prostitution et la maternité de substitution ne seraient que des activités « compensatoires pour du travail féminin non rémunéré ».

Incarnation de l’aliénation et de la réification, l’actuelle marchandisation du corps des femmes est saisie par la journaliste suédoise Kajsa Ekis Ekman non seulement en tant qu’instrumentalisation des unes au profit des autres, mais également dans la dimension dissociative de soi qui la marque.

Ce livre, qui s’appuie sur une riche documentation et une enquête menée dans plusieurs pays, est une contribution capitale à la compréhension de la dyna­mique actuelle des formes renouvelées de l’oppression des femmes et déconstruit les discours les légitimant.

  • Parution : mars 2013
  • Prix : 19,95 $ | 22 € | PDF 14,99 $
  • 216 pages
  • Format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-64-7
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