Collection Mobilisations

Dans le rouge

L’endettement des ménages québécois

Si l’on en croit le discours dominant, l’endettement est un phénomène individuel ancré dans une mauvaise gestion des finances personnelles lié à une sorte d’analphabétisme économique. C’est également la faillite morale d’individus vivant au-dessus de leurs moyens. Or, l’argument de la responsabilité individuelle ne peut expliquer l’augmentation importante du nombre de ménages vivant dans un état d’endettement permanent. En effet, le ratio d’endettement des ménages au Canada par rapport au revenu disponible est passé de 66 % en 1980 à 170 % en 2017.

Au Québec comme ailleurs, nous assistons à une importante généralisation de la dette comme nouvel horizon des rapports sociaux. D’une part, la hausse de l’endettement étudiant, la croissance du crédit à la consommation et l’augmentation de l’endettement hypothécaire soulignent bien cette transformation du rapport à la dette. D’autre part, la hausse du nombre de dossiers d’insolvabilité et l’accroissement des difficultés financières chez les aîné·es, , qui déclarent de plus en plus faillite, viennent démontrer que le régime d’endettement actuel est insoutenable.
La restructuration du rôle l’État, la détérioration des conditions d’emploi, la stagnation des salaires, la marchandisation croissante de l’éducation et la hausse du coût du logement ont largement contribué à augmenter la pression financière sur les ménages.

L’endettement est un phénomène systémique du capitalisme financiarisé qui vient supporter la croissance économique dans un contexte caractérisé par l’érosion de la santé financière des travailleur·euses. Surtout, il représente un puissant outil de contrôle social engendrant de nouveaux rapports de dépendance.

Patrick Ducharme, sociologue, Mathieu Dufour, économiste, Louis Gaudreau, professeur en travail social, Charles Guay-Boutet, étudiant en économie écologique, Philippe Hurteau, politologue, et Julia Posca, sociologue, contribuent à cet ouvrage dirigé par Sébastien Rioux, géographe.

  • Parution : octobre 2019
    Prix : 19,95 $
    Pages : 192
    format : 5 x 8 pouces
    ISBN : 978-2-924924-14-3
  • Rioux, Sébastien

    Sébastien Rioux est professeur au département de géographie de l’Université de Montréal. Il est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en économie politique de l’alimentation et du bien-être, membre du CÉRIUM et du CRÉ. Il a publié avec M. Taylor, Introduction aux études sur le travail mondial, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2018, et Global Labour Studies, Cambridge, Polity, 2017.