Nature et forme de l'État, couverture
Collection Marxismes

Nature et forme de l’État capitaliste

Analyses marxistes contemporaines

L’État capitaliste n’apparaît pas pour ce qu’il est. Sa nature est voilée. Il apparaît comme « à côté et au-dessus de la société civile » (Marx). Sa nature de classe est voilée parce que son apparente neutralité repose sur le fétichisme de la marchandise. Ce même fétichisme agit sur les salariéEs qui ne perçoivent pas leur exploitation. Les mécanismes d’extraction de la plus-value sont donc camouflés.

Marx et Engels partent de la définition abstraite de l’État, le « capitaliste collectif en idée », pour appréhender le régime politique, lequel représente la forme concrète d’existence de l’État ou sa matérialisation. Le régime politique est distinct de l’État, mais est en même temps sa forme d’existence concrète. Il est une manifestation de l’État, mais n’est pas l’État. Le régime politique est à l’État, ce que le prix est à la valeur.

Le régime politique est le résultat de luttes entre les classes et les fractions de classes, tandis que l’État capitaliste résulte des rapports sociaux de la production capitaliste (mode de production) ou encore « dérive » du capital pour les États capitalistes du centre et de l’économie capitaliste mondiale pour les États dits de la périphérie. C’est ce qui permet de comprendre les multiples formes d’existence de l’État capitaliste, c’est-à-dire la multiplicité des régimes politiques : monarchie constitutionnelle, république, régime prési­den­tiel, dictature militaire, dictature fasciste, etc.

L’État est le garant du maintien du mode de production capitaliste et de la pénétration de marchandise dans l’ensemble de la société. Il est également le garant de la reproduction sociale. Ses interventions se situent par rapport à ces nécessités. C’est pourquoi il ne saurait se confondre, sauf rarissimes exceptions, avec le capital individuel. S’il est relativement autonome par rapport aux capitalistes et aux différentes classes sociales, il ne l’est pas par rapport au capital dans sa totalité, c’est-à-dire par rapport au mode de production capitaliste.

Les auteurs de cet ouvrage reprennent à bras-le-corps la question de l’État, la confrontent aux différentes traditions marxistes et discutent de l’approche dite de la « dérivation », une avancée importante dans l’analyse de l’État.

  • Parution : septembre 2015
  • Prix : 15,95 $ | PDF 11,99 $
  • Pages : 144
  • Format : 14,6 x 21,95 cm
  • ISBN : 978-2-924327-34-0

Coédition avec Syllepse (Paris)

  • ARTOUS, Antoine

    Antoine Artous est docteur en sciences politiques. Il est membre de la rédaction de la revue ContreTemps et coamime la collection « Mille marxisme » chez Syllepse. Il a publié plusieurs livres, dont Citoyenneté, démocratie, émancipation. Marx, Lefort, Balibar, Rancière, Rosanvallon, Negri… (Syllepse, 2010) et Le fétichisme chez Marx (Syllepse, 2006).

  • TRAN Hai Hac

    Tran Hai Hac est économiste. Il est maître de conférences à l’Université Paris XIII. Il a entre autres publié une Introduction à l’économie de Marx (avec Pierre Salama, La Découverte, 1992) et Relire Le Capital (Page 2, 2003).

  • SOLÍS GONZÁLEZ, José Luis

    José Luis Solís González est un économiste qui enseigne au département des sciences sociales de l’Université autonome de Coahuila, au Mexique. Il a entre autres publié El Estado narco en México y otros ensayos sobre el Estado capitalista (Editorial Académica Española, 2016).

  • SALAMA, Pierre

    Pierre Salama a enseigné les sciences économiques dans différentes universités notamment en Picardie et au Nord-Pas-de-Calais avant de revenir se fixer dans la Seine-Saint-Denis à l’Université Paris-13 où il animera le GREITD, groupe pluridisciplinaire, qu’il aura fondé au début des années 1980 pour contribuer aux débats d’idées sur l’avenir économique des pays sous-développée, l’intelligence de la politique économique et le rapport État/nation dans les grandes économies sud-américaines. Il a publié de nombreux livres – la plupart traduits en espagnol et en portugais –, dont Les économies émergentes latino-américaines, entre cigales et fourmis (Armand Collin, 2012)En 2006, il a reçu deux doctorats honoris causa décernés par l’université de Guadalajara (UDG) et les Universités Autonomes Métropolitaines du Mexique (UAM).