Collection Mobilisations

Quel sens pour l’histoire ?

Analyses critiques du nouveau programme d’histoire du Québec et du Canada

Pourquoi apprendre l’histoire ? Un grand nombre d’auteurEs, ancienNEs comme modernes, se sont interrogéEs sur la place et le rôle de l’histoire ainsi que sur son enseignement. Depuis 2014, le processus de refonte du programme d’histoire nationale au Québec a intensifié les débats entourant l’enseignement de l’histoire. L’histoire sert-elle à quelque chose ? Le cas échéant à quoi sert-elle ? Et à qui ? Doit-elle cultiver l’habitude de consommation des divertissements de masse, reproduire les traditions, renforcer la cohésion nationale, contribuer à la formation citoyenne, promouvoir la diversité ou une morale particulière ? Sert-elle les élites, les partis politiques ou les exploitées et les opprimées ? Est-elle susceptible d’être véritablement neutre ? D’un autre côté, l’histoire peut-elle être esclave d’un projet politique ? À ce titre, rappelons la mise en garde de l’historien Lucien Febvre (1919) : « L’histoire qui sert, c’est une histoire serve. »

Le regard critique que les cinq auteurEs de cet ouvrage portent sur le nouveau programme québécois d’histoire nationale, au deuxième cycle du secondaire, souligne les visées ambitieuses de son enseignement en tant que discipline intellectuelle favorisant l’enquête autonome, coopérative, méthodique et rigoureuse. Cependant, les auteurEs montrent que la nouvelle mouture de ce programme oscille entre une approche scientifique de l’histoire et une définition de son rôle patrimonial l’associant à la mémoire. Dans ce contexte, le programme affiche-t-il un nationalisme « dense » ou « mince » ? Comment présente-t-il l’histoire nationale et son récit ? Est-ce que les élèves devront apprendre une histoire axée sur la mémorisation ou sur la critique d’un argumentaire ou d’un récit, sur la soumission à l’autorité extérieure ou sur l’autonomie intellectuelle ?

  • Parution : mars 2017
  • Prix : 14,95 $ | PDF : 11,99 $
  • 112 pages
  • Format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-62-3
  • ÉTHIER, Marc-André

    Marc-André Éthier a enseigné l’histoire et la géographie au secondaire. Il est professeur de didactique de l’histoire à l’Université de Montréal. Ses recherches touchent l’analyse des manuels et des programmes scolaires, le développement, par les élèves, des compétences liées à la méthode historique et à l’exercice de la conscience citoyenne, la manière dont les élèves se servent des manuels, la nature et l’évaluation des compétences disciplinaires des enseignantEs en exercice ainsi que la transposition de celles-ci en classe. Il est chercheur du Centre de recherche sur l’insertion et la formation à la profession enseignante (CRIFPE) et membre de l’Association québécoise pour la didactique de l’histoire et de la géographie. Il a codirigé neuf ouvrages.

    Il dirige la collection Mobilisations.

  • BOUTONNET, Vincent

    Vincent Boutonnet est professeur de didactique des sciences humaines à l’Université du Québec en Outaouais.

  • DEMERS, Stéphanie

    Stéphanie Demers est professeure en fondements de l’éducation à l’Université du Québec en Outaouais. Elle s’intéresse à l’éducation comme outil d’émancipation. Elle s’inscrit dans le mouvement de la pédagogie critique qui insiste sur les relations de pouvoir dans les institutions et les pratiques éducatives. 

  • LEFRANÇOIS, David

    David Lefrançois est professeur à l’UQO|Campus de Saint-Jérôme et chercheur associé au Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE). Au cours des dernières années, ses recherches ont porté sur quatre grands thèmes : l’analyse des outils didactiques offerts aux élèves en « Histoire et éducation à la citoyenneté » ; le développement de la pensée critique en histoire ; le transfert des apprentissages dans la pratique politique et communautaire ; la délibération démocratique en classe de sciences sociales. En 2012, notamment, il a codirigé un ouvrage intitulé Didactique de l’univers social au primaire (ERPI).