DEMERS, Stéphanie

Stéphanie Demers est professeure en fondements de l’éducation à l’Université du Québec en Outaouais. Elle s’intéresse à l’éducation comme outil d’émancipation. Elle s’inscrit dans le mouvement de la pédagogie critique qui insiste sur les relations de pouvoir dans les institutions et les pratiques éducatives. 

La guerre contre l’école publique et ses enseignant·es

L’école québécoise n’a pas échappé à l’idéologie néo­libérale ; elle est actuellement résolument inscrite dans l’économie de marché. Le rôle que lui attri­buent les pouvoirs étatiques se circonscrit conséquemment dans le cadre d’une « économie de la connaissance » au sein de laquelle les individus sont appelés à se constituer un capital humain. Cette marchandisation du savoir et de l’éducation a des conséquences importantes sur personnes évoluant dans le système scolaire, d’abord les élèves, mais également les enseignant·es qui subissent une redéfinition de leur profession. Que devient l’école sous l’emprise de la logique néolibérale ? Que devient le travail enseignant ? Que devient l’apprentissage ?

Cet essai analyse les pratiques gestionnaires issues de la Nouvelle Gestion publique (NGP), laquelle opérationnalise l’idéologie néolibérale dans les services publics, plus particulièrement dans le système scolaire. Il vise d’abord à situer les fondements de ce système pour mieux prendre la mesure des bouleversements générés. Il dresse ensuite un court portrait du cadre normatif qui balise les actions des gestionnaires et du personnel enseignant. Une analyse sociopolitique de la NGP permet d’examiner l’un de ses outils les plus répandus : la gestion axée sur les résultats… quantifiables.

Une profonde mutation de la profession s’est amorcée sous nos yeux à la suite d’une redéfinition de l’institution scolaire comme simple organisation au service des parents/clients et de l’État entrepreneur, lequel ne cesse pas d’appauvrir ses ressources au profit d’une panacée, la NGP.

  • Parution : février 2020
  • Prix : 15,95 $
  • Pages : 144
  • format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-15-0
Quel sens pour l’histoire ?

Analyses critiques du nouveau programme d’histoire du Québec et du Canada

Pourquoi apprendre l’histoire ? Un grand nombre d’auteurEs, ancienNEs comme modernes, se sont interrogéEs sur la place et le rôle de l’histoire ainsi que sur son enseignement. Depuis 2014, le processus de refonte du programme d’histoire nationale au Québec a intensifié les débats entourant l’enseignement de l’histoire. L’histoire sert-elle à quelque chose ? Le cas échéant à quoi sert-elle ? Et à qui ? Doit-elle cultiver l’habitude de consommation des divertissements de masse, reproduire les traditions, renforcer la cohésion nationale, contribuer à la formation citoyenne, promouvoir la diversité ou une morale particulière ? Sert-elle les élites, les partis politiques ou les exploitées et les opprimées ? Est-elle susceptible d’être véritablement neutre ? D’un autre côté, l’histoire peut-elle être esclave d’un projet politique ? À ce titre, rappelons la mise en garde de l’historien Lucien Febvre (1919) : « L’histoire qui sert, c’est une histoire serve. »

Le regard critique que les cinq auteurEs de cet ouvrage portent sur le nouveau programme québécois d’histoire nationale, au deuxième cycle du secondaire, souligne les visées ambitieuses de son enseignement en tant que discipline intellectuelle favorisant l’enquête autonome, coopérative, méthodique et rigoureuse. Cependant, les auteurEs montrent que la nouvelle mouture de ce programme oscille entre une approche scientifique de l’histoire et une définition de son rôle patrimonial l’associant à la mémoire. Dans ce contexte, le programme affiche-t-il un nationalisme « dense » ou « mince » ? Comment présente-t-il l’histoire nationale et son récit ? Est-ce que les élèves devront apprendre une histoire axée sur la mémorisation ou sur la critique d’un argumentaire ou d’un récit, sur la soumission à l’autorité extérieure ou sur l’autonomie intellectuelle ?

  • Parution : mars 2017
  • Prix : 14,95 $ | PDF : 11,99 $
  • 112 pages
  • Format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-62-3
Tisser le fil rouge - couverture
Tisser le fil rouge

Le Printemps érable en Outaouais – récits militants

En 2012, pendant le Printemps érable, la région de l’Outaouais est apparue comme un symbole de la résistance. ConfrontéEs à une première injonction, les étudiantEs de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) se sont d’abord barricadéEs à l’intérieur de l’établissement. Les images de la chaîne humaine des professeurEs et des militantEs de la communauté pour empêcher l’escouade anti­émeute de déloger les étudiantEs ont fait le tour du Québec et servi d’inspiration aux professeurEs d’autres établissements d’enseignement. Le lendemain, l’administration de l’UQO était la première au Québec à réclamer la présence policière sur un campus. L’arrestation d’un professeur cette même journée a été dénoncée partout dans le monde (États-Unis, France, etc.).

Pendant la semaine du 17 avril, il y a eu 312 arrestations. Les étudiantEs et les professeurEs du Collège de l’Outaouais et de l’UQO ont fait front commun pour promouvoir entre autres la démocratie étudiante et l’accessibilité aux études supérieures.

Lorsque surviennent des événements aussi troublants et bouleversants, inévitablement les gens qui les vivent cherchent à leur donner un sens. MuseléEs, surveilléEs, désolidariséEs par la judiciarisation, démobiliséEs par les fausses promesses d’une élection, les militantEs ont été appeléEs à évaluer les gains et l’ampleur du travail inachevé. Ces militantEs ont alors entrepris de tirer un fil conducteur de la masse informe des faits, malgré la peur qui, parfois, s’est installée.

Plusieurs textes de cet ouvrage le proposent sous la forme du témoignage, dans un effort de nommer et de rendre publique une expérience déstabilisante. Ces témoignages permettent de garder durablement la trace de ce qu’on risque d’oublier, ils mettent des mots sur l’événement et disent le malaise qu’il a suscité en même temps que les reconfigurations des rôles, des statuts et des attentes des unes et des autres qu’il a déclenchées.

Préface de Normand Baillargeon

  • 272 pages
  • Prix : 24,95 $ | PDF 18,99 $ |
  • Format : 14,6 x 21,95 cm
  • Septembre 2014
  • ISBN 978-2-923986-08-1