ENGELS, Friedrich

Friedrich Engels (1820-1895) a collaboré étroitement avec Karl Marx, son ami, dans le développement d’une conception matérialiste dialectique et historique de l’histoire. Théoricien socialiste-communiste, militant révolutionnaire (Ligue des communistes et Association internationale des travailleurs), s’intéressant à la cause irlandaise et à la condition des femmes (le mariage monogame et la famille nucléaire lui apparaissaient comme un résultat de la domination masculine patriarcale), après la mort de Marx, il assure l’édition et la traduction de ses œuvres et travaille à l’unification des différents partis ouvriers marxistes au sein de la Deuxième Internationale.

Irlande, classes ouvrières et libération nationale

Pour la première fois en langue française est publié l’ensemble des textes de Friedrich Engels et de Karl Marx consacrés à la question nationale irlandaise et ses rapports avec la révolution socialiste.

Pendant des décennies, l’Irlande a été une préoccupation d’Engels et de Marx, entre autres, parce que la question de l’oppression nationale des Irlandais et du racisme dont ils souffraient expliquaient en grande partie l’impuissance du plus puissant mouvement ouvrier d’Europe, celui de la classe ouvrière anglaise, à transformer les rapports sociaux. La question irlandaise nourrissait la réaction anglaise qui « prenait racine dans l’assujettissement de l’Irlande ». Au regard du nombre et de l’importance des textes qui lui ont été consacrés, la question nationale irlandaise est manifestement un sujet fondamental aux yeux des fondateurs du matérialisme historique.

Pour assurer l’indépendance du mouvement ouvrier à l’égard de la bourgeoisie, il importe, selon leur analyse, non seulement que le mouvement lutte pour les droits politiques, sociaux et économiques des groupes opprimés, mais aussi, dans le cas irlandais, qu’il promeuve leur indépendance nationale, laquelle est une condition à l’émancipation même de la classe ouvrière de la nation dominante. Plus encore, si le mouvement ouvrier ne fait pas la promotion des droits des nationalités opprimées, alors les révolutionnaires doivent envisager de créer des organisations ouvrières des nations opprimées sur une base nationale – non uniquement en fonction de l’État – parce que la classe ouvrière de la nation dominante par l’entremise de ses organisations syndicales et politiques a adopté des positions chauvines et constitue désormais une entrave à l’émancipation des classes ouvrières aussi bien de la nation dominante que de la nation dominée.

Friedrich Engels et Karl Marx ont lutté pour que l’Association internationale des travailleurs fasse sienne la lutte pour l’indépendance de l’Irlande. Pour eux, le combat pour le socialisme international passait par la lutte pour la libération nationale de l’Irlande et la fin de l’oppression nationale des Irlandais.

Textes réunis et présentés par Richard Poulin

  • Parution : mars 2021
  • Prix : 34,95 $ — 25 €
  • Pages : 480
  • format : 15 x 21cm
  • ISBN : 978-2-924924-25-9
Propriété et expropriations - couverture
Propriété et expropriations

Des coopératives à l’autogestion généralisée

« Une feuille anglaise archi-bourgeoise rapporte que des associations ouvrières peuvent conduire et administrer avec succès des boutiques, des fabriques dans toutes les branches de l’industrie et, en même temps, améliorer extraordinairement la condition des travailleurs, mais !… Mais on ne voit pas bien quelle place elles laissent au capitaliste. Quelle horreur ! » (Karl Marx) À partir de certaines expérimentations du mouvement ouvrier de son époque, Marx soulignait l’actualité de la coopération, qu’il opposait à la mise en concurrence généralisée du libéralisme économique.

Au cœur même de la crise du capitalisme se manifeste une volonté de « prendre ses affaires en mains » : on occupe des entreprises, on se saisit de l’outil de travail, on remet en marche la production, on crée des coopératives et on développe l’économie solidaire. On voit ainsi se manifester ce que Marx désignait comme le « triomphe » de l’« économie politique du travail » sur l’« économie politique de la propriété » : « Nous voulons parler du mouvement coopératif et surtout des manufactures coopératives. […] Elles ont montré par des faits, non plus par de simples arguments, que la production sur une grande échelle et au niveau des exigences de la science moderne pouvait se passer d’une classe de patrons employant une classe de salariés ; elles ont montré qu’il n’était pas nécessaire pour le succès de la production que l’instrument de travail fût monopolisé et servît d’instrument de domination et d’extorsion contre le travailleur lui-même ; elles ont montré que comme le travail esclave, comme le travail serf, le travail salarié n’était qu’une forme transitoire et inférieure, destinée à disparaître devant le travail associé. »

La coopération est un terreau sur lequel un monde post-capitaliste peut surgir. Dans différentes régions du monde, les mobilisations mettent à l’ordre du jour l’appropriation et la réorganisation des entreprises et des services. De tels mouvements sont porteurs d’une remise en cause du capital au profit de l’émancipation sociale et du dépérissement de l’État.

Textes présentés par Pierre Cours-Salies et Pierre Zarka

  • 184 pages
  • Prix : 22,95 $ | PDF 16,99 $ |
  • Format : 15 x 21 cm
  • Septembre 2013
  • ISBN 978-2-923986-82-1

Coédition avec Syllepse (Paris).