Vingt ans d’altermondialisme au Québec

Mouvement des mouvements, l’altermondialisme est le plus important critique du néolibéralisme et de la mondialisation au service des élites financières et des multinationales. Ses mesures phares pour construire un monde meilleur concernent aussi bien l’économie, le partage des richesses et la fiscalité, les rapports sociaux de sexe, l’écologie, l’agriculture, le travail, les relations entre les pays du Nord et ceux des Suds, que les services publics.

Stimulé par le grand mouvement de résistance pendant le Sommet des Amériques de Québec en 2001, l’altermondialisme au Québec a su se nourrir des luttes internationales pour les faire siennes tout en les accordant à nos conditions particulières. Comment s’est-il adapté aux grandes mutations sociales qui ont caractérisé cette période ? Quelles victoires et défaites marquent le bilan qu’on peut en faire aujourd’hui ? Quelles ont été les luttes particulières de l’altermondialisme chez nous ?

Ce livre examine comment l’altermondialisme d’ici s’est inscrit dans les mouvements féministe, syndicaliste, écologiste, et a influencé le programme d’un parti politique, Québec solidaire. Il expose les rapports entre le Québec et les pays des Suds dans un lien de réciprocité stimulant, se développant entre autres dans les forums sociaux mondiaux, dont l’un s’est tenu à Montréal. Il s’interroge sur ses moyens d’action et sa capacité de provoquer des changements.

Réfléchir sur les vingt ans de l’altermondialisme permet de comprendre les racines de ce mouvement et de se projeter dans l’avenir. L’idéal de justice sociale et environnementale porté par ce mouvement est toujours bien vivant.

Sous la direction de Baptiste Godrie et Claude Vaillancourt, avec les contributions de Pierre Beaudet, Raphaël Canet, Catherine Caron, Ronald Cameron, Robert Jasmin, Diane Lamoureux, Amélie Nguyen.

  • Parution : avril 2021
  • Prix : 22,95 $
  • Pages : 216
  • Format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-28-0

Irlande, classes ouvrières et libération nationale

Pour la première fois en langue française est publié l’ensemble des textes de Friedrich Engels et de Karl Marx consacrés à la question nationale irlandaise et ses rapports avec la révolution socialiste.

Pendant des décennies, l’Irlande a été une préoccupation d’Engels et de Marx, entre autres, parce que la question de l’oppression nationale des Irlandais et du racisme dont ils souffraient expliquaient en grande partie l’impuissance du plus puissant mouvement ouvrier d’Europe, celui de la classe ouvrière anglaise, à transformer les rapports sociaux. La question irlandaise nourrissait la réaction anglaise qui « prenait racine dans l’assujettissement de l’Irlande ». Au regard du nombre et de l’importance des textes qui lui ont été consacrés, la question nationale irlandaise est manifestement un sujet fondamental aux yeux des fondateurs du matérialisme historique.

Pour assurer l’indépendance du mouvement ouvrier à l’égard de la bourgeoisie, il importe, selon leur analyse, non seulement que le mouvement lutte pour les droits politiques, sociaux et économiques des groupes opprimés, mais aussi, dans le cas irlandais, qu’il promeuve leur indépendance nationale, laquelle est une condition à l’émancipation même de la classe ouvrière de la nation dominante. Plus encore, si le mouvement ouvrier ne fait pas la promotion des droits des nationalités opprimées, alors les révolutionnaires doivent envisager de créer des organisations ouvrières des nations opprimées sur une base nationale – non uniquement en fonction de l’État – parce que la classe ouvrière de la nation dominante par l’entremise de ses organisations syndicales et politiques a adopté des positions chauvines et constitue désormais une entrave à l’émancipation des classes ouvrières aussi bien de la nation dominante que de la nation dominée.

Friedrich Engels et Karl Marx ont lutté pour que l’Association internationale des travailleurs fasse sienne la lutte pour l’indépendance de l’Irlande. Pour eux, le combat pour le socialisme international passait par la lutte pour la libération nationale de l’Irlande et la fin de l’oppression nationale des Irlandais.

Textes réunis et présentés par Richard Poulin

  • Parution : mars 2021
  • Prix : 34,95 $ — 25 €
  • Pages : 480
  • format : 15 x 21cm
  • ISBN : 978-2-924924-25-9

Résistances des femmes à l’Androcapitalocène. Le nécessaire écoféminisme

L’ère de l’Homme, ou Anthropocène, est caractérisée par l’ensemble des activités humaines qui ont une incidence globale sur l’écosystème depuis la révolution industrielle. Puisque les femmes n’ont pas joué un rôle important dans l’« Anthropocène » en raison de leur absence de pouvoir de décision économique, politique et social, Catherine Albertini conteste ce concept au profit de celui d’Andro­capitalocène, soit l’ère du capitalisme patriarcal, afin d’apporter un éclairage nouveau sur le rôle des femmes, notamment des écoféministes, dans l’organisation des luttes pour combattre la catastrophe écologique.

Elle montre comment le capitalisme primitif a affaibli le statut des femmes, les a expropriées des terres communales et de leurs savoirs, comment son bras armé – la science occidentale – a réifié les femmes et la nature, comment le colonialisme lui a permis d’envahir la planète, d’en organiser le pillage des ressources et d’ériger son modèle de développement de façon hégémonique en tant que progrès universel. Elle fait état des résistances des femmes des pays du Sud au capitalisme néolibéral patriarcal.

L’éco­féminisme prend en compte nos rapports au monde vivant aussi bien humain qu’animal et à l’environnement – au sens large – pour les transformer radicalement en mettant en évidence leur interdépendance afin d’en finir avec les désastres de l’Androcapitalocène.

  • Publication : février 2021
  • Prix : 13,95 $ — 13 €
  • Pages : 128
  • Format : 10,5 x 18 cm
  • ISBN : 978-2-924924-27-3

Trop tard pour être pessimistes !

Écosocialisme ou effondrement

Le 21e siècle est d’ores et déjà placé sous le signe d’une conjonction sans précédent de crises sociale, sanitaire, économique et environnementale. La catastrophe n’est plus devant nous, elle grandit autour de nous et menace de se muer en cataclysme.

La pandémie de la Covid-19 en est un symptôme supplémentaire. Depuis quelques décennies, de nouveaux virus « sautent » de certaines espèces sauvages à la nôtre déclenchant des zoonoses. Comment peuvent-ils franchir la barrière des espèces ? Parce que la distance entre les animaux porteurs et l’Homo sapiens est affaiblie du fait des pratiques extractives et productivistes : élimination des écosystèmes naturels, déforestation, orpaillage, industrie de la viande, monocultures et commerce des espèces sauvages. Quant à la propagation des virus, elle est facilitée par la mondialisation néolibérale qui accentue la division internationale du travail (transports, délocalisation, etc.).

Après avoir dressé un état des lieux de la crise écologique, Daniel Tanuro montre que l’accord de Paris pour une stabilisation du réchauffement au-dessous de 1,5 °C par la voie de la « neutralité carbone » est sous-tendu par un projet délirant : le « dépas­se­ment temporaire » du seuil de dange­ro­sité compensé par le déploie­ment ultérieur de technologies censées refroidir le globe, puis il exa­mine les biais idéologiques de la recherche scientifique, entre autres, les présupposés de la modélisation mathé­matique du climat. Il explique les raisons fonda­mentales de l’incompa­tibilité entre capitalisme et écologie. Pour lui, l’espoir réside dans le développement de l’alternative écosocialiste avec sa vision du monde, son programme et sa stratégie pour combler le gouffre entre la radicalité si nécessaire et les niveaux de conscience actuels.

Préface de Michael Löwy
  • Août 2020
  • Prix : 22,95 $
  • Pages : 216
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-20-4

Aux origines de la social-démocratie québécoise

Le Conseil des métiers et du travail de Montréal (1897-1930)

La société québécoise a été transformée grâce à la mise en œuvre de poli­tiques inspirées de valeurs sociales-démocrates, lesquelles se sont affirmées bien en deçà de la Révo­lu­tion tranquille. Comme ailleurs dans le monde, ce modèle est issu du mouvement ouvrier, en l’occurrence, au Québec, des syndicats internationaux, originaires des États-Unis, qui s’implantent solidement au tournant du 20e siècle. Ces syndicats ne s’occupent pas uniquement de négocier les conditions de travail et les salaires, ils se dotent aussi d’une structure d’intervention auprès des gouvernements pour faire valoir les revendications de leurs membres, « la classe laborieuse ». Dès cette époque, donc bien avant la Deuxième Guerre mondiale, ils deviennent une force sociale majeure au Québec qui influence l’orientation des politiques gouvernementales.

Parmi les organisations mises sur pied, il y a le Conseil des métiers et du travail de Montréal (CMTM), l’ancêtre du Conseil régional FTQ Montréal métropolitain. Fondé en 1897, il est rapidement devenu le plus important forum débattant des enjeux politiques de la société civile au Québec. Les nombreux syndicats qui lui sont affiliés discutent certes des questions du travail, mais également d’un vaste éventail de sujets allant de la démocratie politique avec le droit de vote des femmes et l’abolition du cens électoral, à la démo­cratisation de l’éducation, à la nationalisation des entreprises de services publics et à la mise en place d’un filet de sécurité sociale.

L’histoire de ces syndicats inter­natio­naux affiliés au CMTM montre que leur rôle a été fondamental dans la transformation de la société.

  • Août 2020
  • Prix : 24,95 $
  • Pages : 224
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-17-4

Cent ans de luttes

Faits saillants d’une histoire d’actions militantes et de combats solidaires

Depuis un siècle, le Conseil central du Montréal métropolitain – CSN (CCMM-CSN) est au cœur de la vie syndicale et militante de Montréal. Connu pour son dynamisme et ses prises de position sans compromis, le Conseil central est profondément ancré dans l’évolution sociale et politique de la région sur laquelle il a exercé une influence indéniable.

Cent ans de luttes propose une analyse des faits saillants de l’histoire de ce regroupement syndical exceptionnel.

En 1920 naît officiellement le Conseil central des syndicats catholiques nationaux de Mont­réal, l’ancêtre du CCMM-CSN, qui précède la création de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada, laquelle devient en 1960, à la suite de la déconfessionnalisation de la centrale, la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Après la présentation des jalons de cette histoire sont analysée les prises de position pour l’action politique sur le plan municipal, le syndicalisme de combat des années 1970 puis l’opposition aux politiques néolibérales, les luttes des femmes et des personnes de la communauté LGBT+, ainsi que celles dans les domaines de la solidarité internationale, de la santé-sécurité au travail, de l’éducation… Ces combats ont exigé de tisser des alliances avec différents groupes.

Complété par une quarantaine de photos d’archives, Cent ans de luttes souhaite faire connaître une organisation qui a combattu pour l’égalité, la démocratie, la justice sociale et le respect des droits, sans craindre de hausser le ton ni de déranger les pouvoirs en place.

  • Août 2020
  • Prix : 24,95 $
  • Pages : 224
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-19-8

Survivre à la prostitution

Les voix qu’on ne veut pas entendre. Témoignages

Pendant des siècles, la prostitution n’a existé dans le débat collectif que comme objet de mythes et de fantasmes. Dans le brouhaha d’opinions, d’articles, d’études, de romans et de tableaux évoquant ou étudiant la figure à la fois fascinante et repoussante de la prostituée, il y a un point de vue dont l’absence est aveuglante, c’est celui des premières concernées, les femmes prostituées elles-mêmes.

Les témoignages de survivantes de la prostitution occupent la place d’honneur dans ce livre. Les femmes interviewées abordent bien des aspects invisibles de la prostitution, comme le fait de risquer sa vie tous les jours, d’être recrutées dans la prostitution très jeune, de voir la situation se dégrader dans les pays qui ont légalisé l’activité des proxénètes et des prostitueurs, d’espérer sortir de la prostitution, de se buter à sa modernisation et à son uberisation, mais aussi de subir la violence prostitutionnelle, qui ne se résume pas à ses manifestations les plus évidentes : agressions, viols et féminicides commis par les prostitueurs et les proxénètes. Cette violence, rappellent-elles, est d’abord dans le fait même de subir des milliers de pénétrations non désirées, le plus souvent avec répugnance, de la part d’hommes habituellement méprisants et profondément sexistes. Cette violence quotidiennement répétée laisse inévitablement des séquelles physiques et psychologiques.

Fortes et instructives, ces voix pulvérisent les mythes sur les prostitueurs et montrent comment fonctionne le proxénétisme.

  • Septembre 2020
  • Prix : 29,95 $
  • Pages : 320
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-21-1

Devoirs d’éducation

Préface de Guy Rocher

Pour Normand Baillargeon, l’éducation est un sujet de toute première importance qui exige une réflexion collective de grande envergure et en profondeur. La philosophie et la recherche probante, trop peu connues et, hélas, trop peu invoquées, apportent, sur les nombreuses questions qui se posent avec urgence, un éclairage particulier et irremplaçable. Depuis quelques années, il a pensé certaines de ses chroniques, publiées dans Le Devoir, mais aussi dans des magazines, fortement inspirées par la philosophie et par la recherche, comme des contributions à la conversation démocratique sur l’éducation.

Il en appelle à une Commission Parent 2.0 dont le but serait de s’atteler à la gigantesque tâche sur ce que nous devrions viser comme finalités en éducation au 21e siècle ? Ce qu’appuie Guy Rocher dans sa préface : « Nous n’avons jusqu’à présent que partiellement réussi cette “révolution” de l’éducation. Les erreurs et les ratés sont nombreux. […] Au Québec, les institutions privées gar­­dent encore leur prestige, étant même largement subventionnées par les fonds publics, avec la conséquence que nous avons maintenant un système d’éducation à trois vitesses, inégalitaire, aux dépens de ceux et celles qui en auraient le plus besoin. Il faudrait donc aujour­d’hui entreprendre d’importants redressements si l’on veut sérieu­sement faire revivre le projet d’un système public d’éducation accessible à tous et toutes. Voilà pourquoi les observations et les réflexions de Normand Baillargeon sur notre système d’éducation […] sont plus que jamais pertinentes, aussi bien pour les temps présents que pour un avenir à sauver. »

  • Septembre 2020
  • Prix : 24,95 $
  • Pages : 232
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-22-8

Une histoire à guichet fermé

Le Mouvement Desjardins et ses coupes de services en zone rurale – le cas de Ripon

En 2000, la caisse populaire Desjardins de Ripon disparaissait au profit d’un comptoir qui, à son tour, était fermé en 2010. En décembre 2017, la caisse fusionnée de la Petite-Nation apprenait à la population qu’elle allait fermer le guichet automatique du village. Ce processus d’élimination graduelle des services a été réalisé dans un bon nombre de zones rurales du Québec.

Ce livre raconte et analyse la lutte des membres de la caisse contre le Mouvement Desjardins pour tenter de sauver ce dernier point de service à Ripon. Pendant cette lutte, les membres qui contestaient cette décision ont dû affronter la haute direction des caisses ainsi que la Fédération Desjardins. Ces sociétaires ont créé des liens avec d’autres membres du Mouvement partout dans les zones rurales du Québec qui ont subi également de telles fermetures et qui ont dû monter au front pour tenter en vain de garder un dernier service de proximité.

Des entrevues avec d’autres sociétaires, des membres de conseils d’administration et d’ex-membres du comité de supervision ont permis de mieux saisir de ce qui reste de la démocratie chez Desjardins et de son esprit coopératif.

Contrairement aux banques, qui sont des sociétés par actions ayant pour objectif de réaliser des profits par des opérations financières et de crédit, le Mouvement formait un réseau de coopératives qui, à l’origine, poursuivait une mission de nature sociale. Ce n’est vraisemblablement plus le cas, puisque les caisses « populaires » ont subi une bancarisation et, par conséquent, une érosion de leurs principes coopératifs et démocratiques. Les villages en paient le prix fort.

  • Octobre 2020
  • Prix : 18,95 $
  • Pages : 152
  • format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-23-5

Littérature et révolution

À quoi pourrait ressembler une littérature révolutionnaire ? Telle est la question à laquelle s’attaque Victor Serge dans cet essai publié en 1932. Révolutionnaire professionnel, romancier, historien de la Révolution russe, traducteur, Victor Serge (Viktor Lvovitch Kibaltchitch de son vrai nom, 1890-1947) était bien placé pour se pencher sur les rapports de la littérature avec la révolution. Il a été anarchiste avant d’adhérer au Parti communiste russe en 1919. Il a milité dans l’Internationale communiste, puis a combattu la contre-révolution stalinienne, ralliant l’Opposition de gauche animée par Léon Trotsky.

En 1932, il vit en liberté surveillée en URSS. Le pouvoir stalinien l’empêche de publier. Comme il est devenu un écrivain reconnu dans le monde francophone, sa déportation au goulag, quelques mois après la publication de Littérature et révolution, va soulever un vent d’indignation parmi les cercles intellectuels européens, ce qui lui vaudra d’être libéré et de s’installer en France en 1936.

Contre toute doctrine de parti, contre les dérives de l’avant-garde ‒ il n’est pas tendre avec le surréalisme d’André Breton ‒, contre le roman psychologique à la mode, Victor Serge propose un « humanisme prolétarien » qui répondrait aussi bien à la révolution en gestation dans les pays occidentaux qu’à la révolution déjà trahie en Union soviétique. On retrouve dans Littérature et révolution l’extraordinaire lucidité de Victor Serge sur les enjeux politiques et culturels. Sans illusion sur la littérature que les partis communistes préconisent, il nous présente ce que pourrait être une littérature libre, plurielle et intègre.

Édition préparée et présentée par Anthony Glinoer.

  • Octobre 2020
  • Prix : 13,95 $
  • Pages : 140
  • format : 10,5 x 18 cm
  • ISBN : 978-2-924924-24-2