La guerre contre l’école publique et ses enseignant·es

L’école québécoise n’a pas échappé à l’idéologie néo­libérale ; elle est actuellement résolument inscrite dans l’économie de marché. Le rôle que lui attri­buent les pouvoirs étatiques se circonscrit conséquemment dans le cadre d’une « économie de la connaissance » au sein de laquelle les individus sont appelés à se constituer un capital humain. Cette marchandisation du savoir et de l’éducation a des conséquences importantes sur personnes évoluant dans le système scolaire, d’abord les élèves, mais également les enseignant·es qui subissent une redéfinition de leur profession. Que devient l’école sous l’emprise de la logique néolibérale ? Que devient le travail enseignant ? Que devient l’apprentissage ?

Cet essai analyse les pratiques gestionnaires issues de la Nouvelle Gestion publique (NGP), laquelle opérationnalise l’idéologie néolibérale dans les services publics, plus particulièrement dans le système scolaire. Il vise d’abord à situer les fondements de ce système pour mieux prendre la mesure des bouleversements générés. Il dresse ensuite un court portrait du cadre normatif qui balise les actions des gestionnaires et du personnel enseignant. Une analyse sociopolitique de la NGP permet d’examiner l’un de ses outils les plus répandus : la gestion axée sur les résultats… quantifiables.

Une profonde mutation de la profession s’est amorcée sous nos yeux à la suite d’une redéfinition de l’institution scolaire comme simple organisation au service des parents/clients et de l’État entrepreneur, lequel ne cesse pas d’appauvrir ses ressources au profit d’une panacée, la NGP.

  • Parution : février 2020
  • Prix : 15,95 $
  • Pages : 144
  • format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-15-0

Une planète en mal d’œstrogène

Femmes et hommes du 21e siècle

Préface de France Théoret

Depuis trois mille ans, le monde s’est imaginé et construit sur un égarement funeste. La moitié de l’humanité a été laissée pour compte quand elle n’a pas été neutralisée ou martyrisée, voire victime de féminicides. Ce socle bancal sur lequel repose notre espèce l’a privée d’une intelligence et d’une énergie vitale inappréciables ; elle l’a surtout verrouillée dans un grave déséquilibre. Au siècle dernier, les femmes insurgées contre ce profond désordre ont d’abord réclamé la liberté et, devant l’âpre adversité, ont prudemment recherché la voie de l’égalité.

L’ouvrage s’interroge sur le sens de l’égalité dans un système qui crée un maximum de pauvres et un minimum de riches, qui nous enferme – pauvres et riches – dans une cage polluée dont il paraît de plus en plus difficile ou improbable de s’échapper ! Un système qui broie tant d’êtres humains ! Retrouver le sens et le chemin de la liberté, c’est imaginer l’inimaginable, c’est-à-dire une société où chaque personne – enfant, femme et homme – peut y évoluer librement.

Écrit à l’encre crue, puisque la réalité l’est, cet essai assume à la fois la dureté des choses et l’espoir d’en changer le cours. Le temps est venu de concevoir la parité parfaite, où œstrogène et testostérone agiront ensemble pour sauver l’humanité de ce qu’il faut bien nommer sa folie.

Cet essai propose une approche qui respire le large et qui aspire à un solide traité de paix et de liberté entre les femmes et les hommes du 21e siècle.

  • Parution : mars 2020
  • Prix : 28,95 $
  • Pages : 288
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-16-7

 

Combattre l’extrême droite et le populisme

L’expérience du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Historiquement, la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean a été une terre fertile au développement du populisme de droite – Bérêts blancs, créditistes –, de l’intégrisme religieux catholique et d’une définition identitaire excluante et rétrograde de la nation québécoise. Aujourd’hui, la droite populiste et l’extrême droite profitent, entre autres, de médias complaisants (les radio-poubelles) et, pendant plusieurs années, d’un maire à Saguenay (cinq mandats) à la fois traditionaliste catholique et xénophobe : « Nous les mous, les Canadiens français, on va se faire dicter comment se comporter, comment respecter notre culture par une personne qui arrive d’Algérie. […] Ils vont faire disparaître la religion et notre culture de partout. »

Pour l’extrême droite, le « communauta­risme » renvoie au fantasme d’immi­grant·es qui comploteraient en vue de « remplacer » la majorité nationale québécoise, catholique et francophone en imposant leurs normes et leurs « valeurs ». Sur les réseaux sociaux, le racisme est désormais décomplexé et des internautes menacent de réaliser des actes haineux, y compris des meurtres. Les propos populistes et les fausses nouvelles qui circulent sur le Web ou sur les ondes des radio-poubelles incitent des individus isolés (les « loups solitaires ») et des groupuscules à passer à l’action. Ce n’est pas tout, car l’extrême droite s’attaque également aux droits des Autochtones, des femmes et des LGBTQ+.

C’est dans un tel contexte que des militant·es anarchistes ont mené plusieurs combats pour contrer l’extrême droite dans leur région. Après un retour sur le passé, ce livre décrit les groupes d’extrême droite et leurs actions. Enfin, le Collectif Emma Goldman propose des pistes de réflexion et de lutte.

  • Parution : avril 2020
  • Prix : 18,95 $
  • Pages : 152
  • format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-18-1

Féminin et masculin

Photos d’affiches publicitaires

Préface de Florence Montreynaud

En déambulant dans les rues de Montréal, Osire Glacier a photographié des affiches publi­citaires. Ce livre est consacré aux représentations du féminin et du masculin sur les panneaux-réclame. On y constate que les stéréotypes réducteurs des sexes persistent dans cette forme de publicité qui cannibalise l’espace public. 

Alliant une démarche descriptive à un processus créatif ludique, il invite à la réflexion sur l’impact de la marchandisation du corps féminin et pose un certain nombre de questions : peut-on traiter le corps féminin comme une marchandise servant à vendre d’autres marchandises sans porter atteinte à l’égalité des sexes ? Peut-on voir des images dégradantes des femmes dans l’espace public sans entacher la dignité des femmes ? Pourquoi l’image des hommes apparaît-elle comme un éloge d’une certaine masculinité ? D’autant que l’homme est toujours plus qu’un simple objet. Qu’est-ce que cela implique dans l’imaginaire collectif ?

52 photographies

  • Parution août 2019
  • Prix : 24,95 $
  • pages : 112
  • format : 7 x 8,75 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-08-2

 

Le libre-échange aujourd’hui

Bilan des accords commerciaux soutenus par le Canada

Lorsque les luttes contre le libre-échange se sont organisées dans les années 1980 et 1990, les militant·es devaient se battre contre des retombées hypothétiques. Le néolibéralisme se mettait en place, avec ses promesses de prospérité, alors que s’effondrait l’Empire soviétique et que le « communisme » cessait d’être une menace. Le libre-échange déclenchait dans l’esprit de ses opposant·es de nombreuses craintes, en particulier celle d’un retrait de l’État de ses champs de compétence au profit des grandes entreprises. 

Plusieurs de ces craintes se sont malheureusement confirmées. Nous vivons dans un monde plus injuste et subissons des inégalités sociales plus importantes. La concurrence entre les travailleur·euses mine la solidarité entre les peuples et les conditions de travail. Ce modèle exerce de fortes pressions sur les salaires qui stagnent ou qui baissent. Les services publics sont affaiblis, mal financés, victimes de mesures d’austérité, et les nombreuses privatisations, qui ont résulté d’une libéralisation des services, ont créé davantage d’inégalités. 

Ce livre fait le point sur différents aspects du libre-échange, que l’on retrouve de façon transversale d’un accord à l’autre, et sur les principaux accords signés par le Canada. Il examine, entre autres, les conséquences du libre-échange dans des domaines comme l’agriculture, le commerce électronique, la culture, les services publics, l’environnement, la propriété intellectuelle…

  • Parution : août 2019
  • Prix : 18,95 $
  • Pages : 168
  • Format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-09-9

« Avant de tuer les femmes, vous devez les violer ! »

Rwanda, rapports de sexe et génocide des Tutsi

Préface de Christine Delphy

En 1994, un génocide d’une intensité inouïe fauche près d’un million de vies en cent jours au Rwanda. Le groupe minoritaire identifié comme Tutsi est la principale cible des massacres. Les femmes connaissent un sort particulier. Elles sont violées et tuées ou violées et réduites en esclavage sexuel par les soldats, les miliciens, les politiciens ou par de simples quidams. 

En adoptant une perspective féministe, l’autrice expose les soubassements culturels, sociaux et politiques sur lesquels repose la systématisation du viol en temps de guerre et de génocide. Elle nous permet de comprendre comment des hommes et des femmes du Rwanda, minuscule territoire culturellement et linguistiquement homogène, ont pu en arriver à commettre des actes aussi monstrueux.

C’est le grand mérite de ce livre que de faire le lien entre le calvaire d’une femme – qu’elle soit tutsi, française ou québécoise – et toute la gamme des violences subit par la partie « femmes » de la population mondiale. Elles sont aussi bien psychologiques que physiques. Tout un continuum de violences leur enjoint de rester à une place subalterne, les oblige à un nombre incroyable de stratégies de protection et les fait vivre dans une peur diffuse, mais constante.

Au Rwanda, l’endoctrinement des foules a encouragé la stigmatisation de l’« Autre », les médias de la haine propageant la représentation des femmes tutsi comme des êtres dotés d’un charme maléfique et d’une sexualité dévorante au service de leur « race ». L’ennemie « femme » apparaît toujours différente de l’ennemi-tout-court.

  • Parution : septembre 2019
  • Prix : 22,95 $
  • Pages : 216
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-12-9

Silence, on coupe !

Les mutilations génitales féminines au Québec

Préface de Djemila Benhabib

En quoi consistent les mutilations génitales féminines comme l’excision et l’infibulation ? Quels effets ont-elles sur la santé ?

Ces mutilations sont une véritable, une authentique dévastation. Une dévastation aussi bien physique que psychique, aussi bien comportementale qu’émotionnelle. Et toujours actuelle, malgré le lourd silence qui règne.

Agression contre la chair même des femmes, négation de leur intégrité physique, la question des mutilations génitales féminines fait partie indéniablement des rapports sociaux de sexe. Cette effraction du corps des fillettes, cette irruption brutale au plus intime d’elles-mêmes sont effectivement reproduites à la demande et par la volonté des hommes, et justifiées aux yeux du groupe par un ensemble de représentations et de valeurs socioculturelles (les « traditions »). 

Les deux autrices d’étonnent du silence qui entoure cette pratique, se scandalisent de la persistance de sa clandestinité au Québec : on sait très bien que des exciseuses y exercent leur activité, pire, que pendant les vacances et sous prétexte de rendre visite à une grand-mère ou à une tante, certaines familles envoient leur petite fille se faire exciser dans leur pays d’origine. Ce silence, qui leur semble dans certains cas volontairement entretenu, doit à tout prix être brisé. D’où cet ouvrage.

  • Parution : septembre 2019
  • Pages : 136 
  • format : 10,5 x 18 cm
  • Prix : 13,95 $ 
  • ISBN : 978-2-924924-10-5

Agentivité et citoyenneté dans l’enseignement de l’histoire

Un état de la recherche en didactique de l’histoire au Québec

L’histoire comme discipline enseignée à l’école secondaire soulève de vives controverses dans différents milieux. Quels contenus enseigner à l’école ? Quelles finalités et méthodes promouvoir ? Que valent les manuels d’histoire ? Qu’évaluent les examens du ministère en histoire ? Que pensent les enseignant·es d’histoire ? Comment former les citoyen·nes ? De quels outils d’enseignement se servir ?

Cet ouvrage contient les réponses de chercheur·euses en didactique sur ces diverses questions.

Leurs analyses portent sur ce que les enseignant·es pensent qu’il faut faire apprendre aux élèves, sur la manière dont iels se servent des manuels, des jeux vidéo ou d’autres moyens d’enseignement ainsi que sur le potentiel de ces moyens d’enseignement pour développer la « pensée historienne ». Il s’agit d’un concept lié à la démarche d’enquête de l’élève qui, avec de l’aide, travaille avec les sources du passé, en les contextualisant, en les comparant, en les interprétant pour résoudre des problèmes

Les recherches de ce livre ont en commun de soutenir que l’histoire peut aider les citoyen·nes à se conscientiser et à s’émanciper, c’est-à-dire à faire collectivement et consciemment l’histoire, car elle peut apporter à chacun·e des outils de la pensée critique utiles pour se poser des questions sur la vie politique et sociale, y répondre soi-même et en débattre avec rigueur.

Ces recherches peuvent aussi offrir aux enseignant·es en exercice et en formation, ainsi qu’aux personnes s’intéressant à l’histoire et à son enseignement, des outils d’analyse critique des moyens et des méthodes visant à faire apprendre l’histoire aux élèves, à évaluer leurs savoirs scolaires et à en favoriser le transfert dans la vie de la cité.

  • Parution : septembre 2019
  • Prix : 27,95 $
  • Pages : 288
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-11-2

Dans le rouge

L’endettement des ménages québécois

Si l’on en croit le discours dominant, l’endettement est un phénomène individuel ancré dans une mauvaise gestion des finances personnelles lié à une sorte d’analphabétisme économique. C’est également la faillite morale d’individus vivant au-dessus de leurs moyens. Or, l’argument de la responsabilité individuelle ne peut expliquer l’augmentation importante du nombre de ménages vivant dans un état d’endettement permanent. En effet, le ratio d’endettement des ménages au Canada par rapport au revenu disponible est passé de 66 % en 1980 à 170 % en 2017.

Au Québec comme ailleurs, nous assistons à une importante généralisation de la dette comme nouvel horizon des rapports sociaux. D’une part, la hausse de l’endettement étudiant, la croissance du crédit à la consommation et l’augmentation de l’endettement hypothécaire soulignent bien cette transformation du rapport à la dette. D’autre part, la hausse du nombre de dossiers d’insolvabilité et l’accroissement des difficultés financières chez les aîné·es, , qui déclarent de plus en plus faillite, viennent démontrer que le régime d’endettement actuel est insoutenable.
La restructuration du rôle l’État, la détérioration des conditions d’emploi, la stagnation des salaires, la marchandisation croissante de l’éducation et la hausse du coût du logement ont largement contribué à augmenter la pression financière sur les ménages.

L’endettement est un phénomène systémique du capitalisme financiarisé qui vient supporter la croissance économique dans un contexte caractérisé par l’érosion de la santé financière des travailleur·euses. Surtout, il représente un puissant outil de contrôle social engendrant de nouveaux rapports de dépendance.

Patrick Ducharme, sociologue, Mathieu Dufour, économiste, Louis Gaudreau, professeur en travail social, Charles Guay-Boutet, étudiant en économie écologique, Philippe Hurteau, politologue, et Julia Posca, sociologue, contribuent à cet ouvrage dirigé par Sébastien Rioux, géographe.

  • Parution : octobre 2019
    Prix : 19,95 $
    Pages : 192
    format : 5 x 8 pouces
    ISBN : 978-2-924924-14-3

Apprendre à transgresser

L’éducation comme pratique de la liberté

Comment stimuler les étudiant·es ? Comment apprendre des un·es et des autres dans une salle de classe, aussi bien apprenant·es qu’enseignant·es (communauté d’apprentissage) ? La pédagogie radicale émancipatrice ne doit-elle pas mettre l’accent sur la reconnaissance des un·es et des autres pour dynamiser le processus d’apprentissage ? Comment déconstruire les relations existantes entre races, classes et genres ainsi que faire prendre conscience de la production et de la perpétuation des systèmes d’oppression et de domination ?

Si bell hooks est connue pour son engagement féministe, l’articulation de cet engagement avec les pratiques dans le domaine de l’éducation et de la pédagogie est moins connue, d’où ce recueil d’essais traduit de l’anglais (États-Unis). Il traite de la pédagogie de l’émancipation. Il aborde non seulement l’importance du féminisme et de l’oppression des femmes, plus particulièrement celle des Noires, qui est spécifique, dans les salles de classe, mais aussi le rôle déterminant des classes sociales et des relations raciales ainsi que de la façon dont la pédagogie des opprimé·es (Paulo Freire) peut s’y appliquer. Il traite du rôle de l’enseignement dans ce processus.

Issu des pédagogies anticoloniales, critiques et féministes, qui se sont éclairées mutuellement, Apprendre à transgresser se distingue de beaucoup d’ouvrages féministes et de pédagogie dans la mesure où il déploie la théorie en pratique de l’enseignement et concourt à la transformation de la salle de classe en lieu d’émancipation individuelle et sociale.

  • Parution : octobre 2019
    Prix : de 19,95 $
    Pages : 192
    format : 5,5 x 8,5 pouces
    ISBN : 978-2-924924-13-6