Un silence de mortes

La violence masculine occultée

Après la déferlante du mouvement #MoiAussi, qui a révélé en partie l’ampleur des agressions sexuelles et du harcèlement subie par les femmes, la question se pose de comprendre pourquoi les agresseurs ont bénéficié d’une aussi importante impunité. D’où la réédition de cet ouvrage, avec une postface inédite, qui traite des violences des hommes contre les femmes et les enfants ainsi que des mécanismes que la société met en œuvre pour les occulter.

Un double constat est tiré : d’une part, les progrès dans la lutte contre la violence masculine envers les femmes et les enfants sont indéniables mais, de l’autre, la violence continue bel et bien à exister et, dans bien des cas, à s’aggraver. Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, cette violence n’est pas excep­tionnelle, mais tout à fait courante. Ses conséquences sont atroces et trop souvent létales.

La thèse l’ouvrage : la violence masculine est un des moyens d’entretenir en bon état de marche le système de domination patriarcale, système dont profitent la majorité des hommes et une minorité de femmes.

L’originalité du livre réside en une synthèse théorique qui établit et décrit, à partir d’un matériel aussi vaste que diversifié, les types de violences masculines et les manières de les occulter ; tant sur le plan social, qu’il s’agisse des lois, du fonctionnement des services sociosanitaires, de la police et des tribunaux, des théories psychologiques et psychiatriques en vigueur, que sur le plan de l’individu et de ses ressorts psychologiques.

Parce qu’il révèle les stratégies et les tactiques d’occultation mises en œuvre par la société, ce livre offre à la fois des clés de compréhension et d’action.

 

  • Parution : août 2018.
  • Prix : 24,95 $
  • 288 pages
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-90-6
  • Coédition avec Syllepse (Paris, France)

L’orthographe, un carcan ?

Une déconstruction du mythe orthographique de A à Z

« Combien de vies ratées pour quelques fautes d’orthographe ! », Roland Barthes

En effet, les personnes qui ne manient pas suffisamment bien les règles orthographiques en payeront le prix fort. Depuis longtemps au Québec, l’éducation est obligatoire jusqu’à l’âge de seize ans. Néanmoins, 53 % de la population adulte serait analphabète fonctionnelle. Quelle est donc la cause de ce problème ? Ne tiendrait-elle pas en bonne partie dans des règles surannées qui créent un fossé entre l’oral et l’écrit, un fossé qui s’élargit plus on descend dans la hiérarchie sociale ?

Si on vous disait que tout ce que vous croyez essentiel à l’écriture du français n’est qu’un ramassis d’idées préconçues auxquelles vous n’êtes pas tenues d’adhérer ? Au fond, qu’est-ce qui vous empêche d’écrire éléfan au lieu d’éléphant, ou de laisser les participes passés invariables ?

L’orthographe n’est-elle pas aujourd’hui une sorte de dogme, tant il est malaisé d’oser la contester ou la réformer sans se faire pratiquement accuser de sacrilège ?

Mario Périard s’attèle à déconstruire les principales idées reçues sur l’orthographe. Il vous convie à revisiter ces lieux communs mille fois répétés, ces prétextes pour maintenir le plus grand nombre dans un carcan normatif inaccessible, contradictoire, trop souvent illogique, farci d’exceptions à n’en plus finir, un carcan qui conforte les privilégiées de l’expression dans leur chasse gardée.

 

  • Parution : septembre 2018
  • Prix : 15,95 $
  • pages : 144
  • format : 5 x 8 pouces
  • ISBN :  978-2-924327-92-0

Être, agir, enseigner en tant qu’anarchiste à l’école secondaire

Enjeux pédagogiques

Si toute « révolution » passait par l’éducation ? Pas nécessairement par ce que l’on transmet comme connaissances aux jeunes, mais par la façon dont on les transmet ?

Est-ce que les enseignantEs de « gauche » sont outilléEs pour gérer leur classe selon leurs valeurs humanistes ? Coopération, accompagnement, empathie, respect… Pour enseigner à « gauche », faut-il attendre un changement des programmes ? Et si on pouvait le faire dès maintenant ?

« C’est injuste ! » Les intervenantEs scolaires ont entendu plus d’une fois ce cri du cœur de la part des élèves. Vous-même l’avez peut-être crié durant votre parcours scolaire. Si les jeunes avaient raison ? Si nous, les adultes, participions à la mise en place d’un système inégalitaire, compétitif, qui marginalise une majorité de jeunes ?

Ce livre vous propose un fil d’Ariane afin que votre gestion d’une classe soit la plus équitable et la plus humaine possible, pour qu’elle soit accomplie en fonction de vos convictions.

Impossible ?

Pourtant, les programmes du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur le permettent, tout comme la très grande majorité, sinon la totalité des « projets éducatifs » des écoles.

Alors, pourquoi ne pas avoir une gestion de classe de gauche ? Pourquoi pas anarchiste ?

C’est cette expérience que Sylvain Larose veut partager avec vous dans cet ouvrage. Une façon, parmi plusieurs, de concilier votre désir pour que les choses changent… et votre amour pour les jeunes et leur apprentissage.

 

  • Parution : septembre 2018
  • Prix : 19,95 $
  • pages : 192
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-94-4

Matière à mémoire

Les finalités de l’enseignement de l’histoire du Québec selon les enseignantEs

L’enseignement de l’histoire fait l’objet de débats – souvent de heurts – depuis plusieurs années au Québec. L’implantation du Renouveau pédagogique au début des années 2000 ainsi que le programme de formation en Histoire et éducation à la citoyenneté, mis en œuvre en 2007, ont suscité la controverse. Certaines personnes dénonçaient ces réformes parce qu’elles négligeaient la mémoire collective québécoise. D’autres l’approuvaient parce qu’elles mettaient le développement de l’esprit critique des élèves au centre de leurs objectifs.

Les polémiques sur ces questions ont trouvé un écho autant dans les cercles universitaires que dans l’espace public. L’enseignement de l’histoire doit-il contribuer à la transmission de la mémoire et à la construction de l’identité nationale ? A-t-il seulement le pouvoir de le faire ? Comment mettre en application les programmes ? En fonction de quels critères, valeurs ou idéologies ?

Les unes et les autres se sont accusées mutuellement de détourner le sens de l’histoire et de son enseignement. Tout cela sans que l’on s’intéresse vraiment à ce que les enseignantEs pensent des objectifs de l’enseignement de l’histoire et de la place que la mémoire collective y tient. En dernière analyse, ce sont les enseignantEs qui interprètent et mettent en application les programmes de formation. Si on ne sait pas ce que ces pédagogues pensent du programme, on sait, en fait, très peu de choses sur l’histoire qui est réellement transmise à nos élèves.

Cet ouvrage vise à corriger cette lacune.

  • Parution : octobre 2018
  • Prix : 15,95 $
  • pages : 128
  • format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-96-8

Zéromacho

Des hommes disent non à la prostitution !

En 2011, Florence Montreynaud lance Zéromacho, un réseau international d’hommes engagés contre le système prostitueur. Un an plus tôt, à Paris, un mot la heurte en pleine rue. Un mot d’une affiche, une publicité pour une série sur Canal+, Maison close : de belles jeunes femmes dans un décor de luxe, avec le slogan « Les hommes rêvent d’y entrer, elles se battent pour en sortir ». Cette nostalgie pour les bordels l’agace, avec sa complaisance qui masque le sordide, mais autre chose la choque. Elle relit le slogan et voit rouge. À cause du premier mot : « Les hommes rêvent d’y entrer… » Les hommes ? Tous les hommes ? Toujours et partout ?

Que des hommes rêvent d’entrer dans un bordel, c’est incontestable. Que ce fantasme soit un universel masculin, c’est faux. Non, les hommes ne sont pas tous les mêmes. Non, ils n’ont pas tous des fantasmes de domination sexuelle et ne rêvent pas tous de profiter d’autrui parce qu’ils peuvent payer. « Les » hommes ? Non : des hommes ! Certains hommes. Et les autres ? La majorité des hommes, en France comme au Canada, n’ont jamais payé pour un acte de prostitution et n’envisagent pas de le faire.

Des hommes disent non à la prostitution : une centaine s’expriment dans ce livre. Dans 18 pays, de l’Espagne à la Finlande, de l’Allemagne à la Turquie, l’autrice a récolté des témoignages marquants et a aussi enquêté sur le « modèle suédois ». Ces hommes du réseau Zéro­macho affirment qu’un autre monde est possible, où la valeur de l’être humain sera supérieure à celle de l’argent, où les rencontres sexuelles signifieront un partage de désirs et de plaisirs.

Dans un monde d’égalité, il n’y aura pas de prostitution !

  • Parution : février 2018
  • Prix : 19,95 $
  • Pages : 208
  • Format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-82-1

Permis de tuer ? Masculinité, culture d’agression et armée

Le cas du colonel Russell Williams, violeur en série et tueur

Pourquoi est-ce nécessaire quelques années après le prononcé de la sentence de revenir sur le cas du colonel Russell Williams, un violeur en série et un tueur ? Parce qu’au-delà de l’individu, il y a une dynamique de système. C’est ce que révèle la médiatisation récente de nombreux cas de harcèlement et d’agression sexuelle commis par des hommes de pouvoir, que ces derniers évoluent dans les médias, les organisations sportives, la culture, l’entreprise privée, les forces armées et policières ou les arcanes du pouvoir politique. 

Ce livre tente de saisir la complexité du phénomène social et politique de la violence contre les femmes perpétrée par des agents de l’État. L’étude de l’affaire du « Tweed Creeper » permet de poser un regard critique sur la construction des représentants de l’État, dans ce cas, l’armée, comme agresseurs. Au moment de ses crimes, Russell Williams était colonel et commandait la base aérienne de Trenton, la plus importante base du Canada. Est-il un cas d’exception ? La majorité des hypothèses émises pour les agressions masculines du même type tendent à individualiser la violence, responsabilisant souvent, par le fait même, la victime et déresponsabilisant la société. Or, il existe une trame commune à toutes ses violences ; elle renvoie à la construction sociale de la masculinité, dans laquelle l’armée joue un rôle non négligeable.

Pour comprendre le cas de Russell Williams (et son impunité pendant de nombreuses années), l’autrice fait un retour sur la mission canadienne en Somalie en 1994, dresse le portrait des forces armées du Canada en tant que pratique institutionnelle et examine ses effets par rapport aux violences contre les femmes, puis se penche sur le cas Williams dans le cadre de l’institution militaire.

Un livre révélateur sur la culture d’agression, particulièrement dans l’armée, et la masculinité « hégémonique ».

  • Parution : mars 2018
  • Prix : 15,95 $ – 15 €
  • Pages : 112
  • Format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-74-6

Qu’est-ce que la conscience de classe ?

Contribution au débat sur la reconstruction du mouvement ouvrier

En 1933, la classe ouvrière allemande subit une terrible défaite aux mains des nazis. De nombreux socialistes et communistes sont alors mis dans des camps de concentration ou assassinés. Ses syndicats ayant été détruits et ses partis écrasés, la classe ouvrière souffre d’une baisse généralisée de revenu, de privation, d’une semaine de travail allongée, de répression et d’atomisation sociale. Comment reconstruire le mouvement ouvrier et reprendre l’offensive ? C’est à cette question que s’adresse ce texte écrit en exil au lendemain de la victoire nazie.

Plus généralement, comment expliquer que, malgré la dégradation de ses conditions d’existence, malgré les actes cyniques et insupportables des pouvoirs en place, malgré l’état effroyable du monde, la masse de la population – et, en premier lieu, les travailleurs et les travailleuses – ne se mobilise pas pour mettre fin au système qui les exploite et les opprime ? Comment expliquer que, pire encore, une bonne partie de celle-ci soutient des gens qu’elle devrait combattre sans concession ? 

En 1934, Wilhelm Reich est exclu du Parti communiste allemand qui n’avait pas accepté le succès du mouvement Sex-Pol qu’il animait. Fuyant l’Allemagne nazie, rejeté par les psychanalystes en raison de son militantisme révolutionnaire, il interpelle les communistes de toute obédience : la vie psychologique réelle des humains ne se joue-t-elle pas sur un autre plan que le croient les adeptes de la révolution sociale ? Il leur demande : qu’est-ce que la conscience de classe dans le cas du commun des mortels ? Peut-être ne faut-il pas chercher dans la faiblesse de cette conscience de classe la cause unique, voire la cause principale, de l’apparente passivité de la grande masse de la population !

Préface de Sébastien Rioux, professeur au département de géographie de l’Université de Montréal.

  • Parution : avril 2018
  • Prix : 15,95 $ – 15 €
  • Pages : 144
  • Format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-84-5

L’arche de Socrate

Petit bestiaire philosophique

De l’âne de Buridan au zèbre de Drestke, en passant par le cochon de John Stuart Mill et la chauve-souris de Thomas Nagel, les animaux surgissent depuis toujours dans la pensée et les écrits des philosophes et des économistes comme dans ceux des écrivaines, des fabulistes et des poètes.

Normand Baillargeon, auteur du Petit cours d’autodéfense intellectuelle, entreprend ici un premier repérage de la présence animale dans l’univers philosophique. On y découvre comment, tout au long de l’histoire des idées, des animaux ont servi de support ou d’inspiration à bon nombre de questions philosophiques sur la nature humaine, les droits des animaux, le déterminisme ou encore la mécanique quantique. Il fait état des discussions sur l’immémoriale question du statut ontologique de l’animal et de la place qu’il occupe dans sa relation avec l’être humain, depuis ce naturalisme reconnaissant que l’humain est un animal, jusqu’au végétarisme interdisantde consommer des animaux. Ces graves et profondes questions n’ont cessé d’être débattues dans l’histoire des idées.

Normand Baillargeon a assemblé une petite « méningerie » avec l’espoir qu’en la parcourant, il serait possible de distinguer, de manière accessible et ludique, quelques enjeux et problèmes philosophiques importants. Il espère avoir atteint ce modeste objectif sans qu’aucun animal n’ait été maltraité dans l’écriture de ce livre et que chacun de ceux qui sont évoqués ici ait reçu tout le respect qui lui est dû.

  • Parution : mai 2018
  • Prix : 19,95 $
  • Pages : 208
  • Format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-86-9

Ce billet a cours légal

Chroniques sociales, politiques et d’humeur

« On pourrait croire que l’information circule un peu comme la monnaie dont les banques centrales ont désormais le monopole quand il s’agit d’émettre des billets, d’où le titre de ce recueil, lequel reprend la mention inscrite par la Banque du Canada sur nos espèces en papier. […] On ne semble heureusement pas encore soumis à une instance dotée de valider les billets d’opinion. Mais sait-on ce qu’est une opinion tant il est vrai que l’information déversée dans le public peut se confondre aujourd’hui avec le sentiment, l’impression, l’émotion quand il ne s’agit pas de l’invention ? »

Dans ce recueil, Francis Lagacé nous offre des billets mis à jour, révisés et contextualisés qui ont été publiés à l’origine sur son site. Ils sont inspirés par l’actualité, l’humeur ainsi que les rencontres politiques, philosophiques ou artistiques. Son regard personnel décalé et critique sur les faits mis en exergue concerne aussi bien les questions relatives aux convictions politiques qu’à la critique cinématographique en passant par tous les coups de gueule sociaux et les réflexions susceptibles de faire réfléchir.

Justice sociale et humanisme sont les fils rouges de cette courtepointe bigarrée. Il a le regard de celui qui cherche l’anguille sous roche, le filigrane, la trame, le coin oublié, le schéma organisateur.

Le sérieux et la rigueur sont ponctués de touches d’humour ou de fantaisie : une conceptualisation critique sans sourire ni rire constitue une bien triste abstraction.

Préface de François Saillant.

  • Parution : 6 juin 2018
  • Prix : 24,95 $
  • Pages : 248
  • Format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-88-3

Russie / URSS / Russie

Le jugement de Moshe Lewin est sans appel : le régime issu de la révolution d’Octobre est « un système barbare construit sur les ruines d’un grand idéal émancipateur ».

La Révolution russe n’a pas ouvert une ère nouvelle dans l’histoire de l’humanité, mais frayé le passage complexe, mouvementé et violent d’une Russie précapitaliste à une Russie capitaliste. Moshe Lewin souligne les discontinuités et les continuités entre la Russie d’avant la révolution et l’URSS. Il insiste notamment sur le chauvinisme grand-russe comme composante essentielle de l’idéologie du régime. Dénoncé au début des années 1920 par Lénine comme l’un de ses pires représentants, Staline célébrera, aux lendemains de 1945, la « grande et sainte Russie ». Dans les années 1960, quand le régime entame son déclin, le nationalisme grand-russe pénètre toutes les instances de l’État et du parti. Moshe Lewin déconstruit également l’assimilation de l’URSS au « communisme », paradoxalement partagée par les adversaires du communisme et par les nostalgiques du système.

Alors que certains, au prétexte que l’histoire aurait mal tourné, souhaitent déchirer la page, il fournit un éclairage sur ce « continent disparu » et restitue à l’URSS sa véritable place dans la réflexion sur la révolution et le socialisme.

  • Parution : août 2017
  • Prix : 20 €, 37,95 $
  • 264 pages
  • Format : 15 x 21 cm
  • ISBN : 978-2-84950-563-2

Une coédition M Éditeur (Saint-Joseph-du-Lac, Québec), Page 2 (Lausanne) et Syllepse (Paris).