Trop tard pour être pessimistes !

Écosocialisme ou effondrement

Le 21e siècle est d’ores et déjà placé sous le signe d’une conjonction sans précédent de crises sociale, sanitaire, économique et environnementale. La catastrophe n’est plus devant nous, elle grandit autour de nous et menace de se muer en cataclysme.

La pandémie de la Covid-19 en est un symptôme supplémentaire. Depuis quelques décennies, de nouveaux virus « sautent » de certaines espèces sauvages à la nôtre déclenchant des zoonoses. Comment peuvent-ils franchir la barrière des espèces ? Parce que la distance entre les animaux porteurs et l’Homo sapiens est affaiblie du fait des pratiques extractives et productivistes : élimination des écosystèmes naturels, déforestation, orpaillage, industrie de la viande, monocultures et commerce des espèces sauvages. Quant à la propagation des virus, elle est facilitée par la mondialisation néolibérale qui accentue la division internationale du travail (transports, délocalisation, etc.).

Après avoir dressé un état des lieux de la crise écologique, Daniel Tanuro montre que l’accord de Paris pour une stabilisation du réchauffement au-dessous de 1,5 °C par la voie de la « neutralité carbone » est sous-tendu par un projet délirant : le « dépas­se­ment temporaire » du seuil de dange­ro­sité compensé par le déploie­ment ultérieur de technologies censées refroidir le globe, puis il exa­mine les biais idéologiques de la recherche scientifique, entre autres, les présupposés de la modélisation mathé­matique du climat. Il explique les raisons fonda­mentales de l’incompa­tibilité entre capitalisme et écologie. Pour lui, l’espoir réside dans le développement de l’alternative écosocialiste avec sa vision du monde, son programme et sa stratégie pour combler le gouffre entre la radicalité si nécessaire et les niveaux de conscience actuels.

Préface de Michael Löwy
  • Août 2020
  • Prix : 22,95 $
  • Pages : 216
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-20-4

Une histoire à guichet fermé

Le Mouvement Desjardins et ses coupes de services en zone rurale – le cas de Ripon

En 2000, la caisse populaire Desjardins de Ripon disparaissait au profit d’un comptoir qui, à son tour, était fermé en 2010. En décembre 2017, la caisse fusionnée de la Petite-Nation apprenait à la population qu’elle allait fermer le guichet automatique du village. Ce processus d’élimination graduelle des services a été réalisé dans un bon nombre de zones rurales du Québec.

Ce livre raconte et analyse la lutte des membres de la caisse contre le Mouvement Desjardins pour tenter de sauver ce dernier point de service à Ripon. Pendant cette lutte, les membres qui contestaient cette décision ont dû affronter la haute direction des caisses ainsi que la Fédération Desjardins. Ces sociétaires ont créé des liens avec d’autres membres du Mouvement partout dans les zones rurales du Québec qui ont subi également de telles fermetures et qui ont dû monter au front pour tenter en vain de garder un dernier service de proximité.

Des entrevues avec d’autres sociétaires, des membres de conseils d’administration et d’ex-membres du comité de supervision ont permis de mieux saisir de ce qui reste de la démocratie chez Desjardins et de son esprit coopératif.

Contrairement aux banques, qui sont des sociétés par actions ayant pour objectif de réaliser des profits par des opérations financières et de crédit, le Mouvement formait un réseau de coopératives qui, à l’origine, poursuivait une mission de nature sociale. Ce n’est vraisemblablement plus le cas, puisque les caisses « populaires » ont subi une bancarisation et, par conséquent, une érosion de leurs principes coopératifs et démocratiques. Les villages en paient le prix fort.

  • Octobre 2020
  • Prix : 18,95 $
  • Pages : 152
  • format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-23-5

La guerre contre l’école publique et ses enseignant·es

L’école québécoise n’a pas échappé à l’idéologie néo­libérale ; elle est actuellement résolument inscrite dans l’économie de marché. Le rôle que lui attri­buent les pouvoirs étatiques se circonscrit conséquemment dans le cadre d’une « économie de la connaissance » au sein de laquelle les individus sont appelés à se constituer un capital humain. Cette marchandisation du savoir et de l’éducation a des conséquences importantes sur personnes évoluant dans le système scolaire, d’abord les élèves, mais également les enseignant·es qui subissent une redéfinition de leur profession. Que devient l’école sous l’emprise de la logique néolibérale ? Que devient le travail enseignant ? Que devient l’apprentissage ?

Cet essai analyse les pratiques gestionnaires issues de la Nouvelle Gestion publique (NGP), laquelle opérationnalise l’idéologie néolibérale dans les services publics, plus particulièrement dans le système scolaire. Il vise d’abord à situer les fondements de ce système pour mieux prendre la mesure des bouleversements générés. Il dresse ensuite un court portrait du cadre normatif qui balise les actions des gestionnaires et du personnel enseignant. Une analyse sociopolitique de la NGP permet d’examiner l’un de ses outils les plus répandus : la gestion axée sur les résultats… quantifiables.

Une profonde mutation de la profession s’est amorcée sous nos yeux à la suite d’une redéfinition de l’institution scolaire comme simple organisation au service des parents/clients et de l’État entrepreneur, lequel ne cesse pas d’appauvrir ses ressources au profit d’une panacée, la NGP.

  • Parution : février 2020
  • Prix : 15,95 $
  • Pages : 144
  • format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-15-0

Combattre l’extrême droite et le populisme

L’expérience du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Historiquement, la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean a été une terre fertile au développement du populisme de droite – Bérêts blancs, créditistes –, de l’intégrisme religieux catholique et d’une définition identitaire excluante et rétrograde de la nation québécoise. Aujourd’hui, la droite populiste et l’extrême droite profitent, entre autres, de médias complaisants (les radio-poubelles) et, pendant plusieurs années, d’un maire à Saguenay (cinq mandats) à la fois traditionaliste catholique et xénophobe : « Nous les mous, les Canadiens français, on va se faire dicter comment se comporter, comment respecter notre culture par une personne qui arrive d’Algérie. […] Ils vont faire disparaître la religion et notre culture de partout. »

Pour l’extrême droite, le « communauta­risme » renvoie au fantasme d’immi­grant·es qui comploteraient en vue de « remplacer » la majorité nationale québécoise, catholique et francophone en imposant leurs normes et leurs « valeurs ». Sur les réseaux sociaux, le racisme est désormais décomplexé et des internautes menacent de réaliser des actes haineux, y compris des meurtres. Les propos populistes et les fausses nouvelles qui circulent sur le Web ou sur les ondes des radio-poubelles incitent des individus isolés (les « loups solitaires ») et des groupuscules à passer à l’action. Ce n’est pas tout, car l’extrême droite s’attaque également aux droits des Autochtones, des femmes et des LGBTQ+.

C’est dans un tel contexte que des militant·es anarchistes ont mené plusieurs combats pour contrer l’extrême droite dans leur région. Après un retour sur le passé, ce livre décrit les groupes d’extrême droite et leurs actions. Enfin, le Collectif Emma Goldman propose des pistes de réflexion et de lutte.

  • Parution : avril 2020
  • Prix : 18,95 $
  • Pages : 152
  • format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-18-1

Le libre-échange aujourd’hui

Bilan des accords commerciaux soutenus par le Canada

Lorsque les luttes contre le libre-échange se sont organisées dans les années 1980 et 1990, les militant·es devaient se battre contre des retombées hypothétiques. Le néolibéralisme se mettait en place, avec ses promesses de prospérité, alors que s’effondrait l’Empire soviétique et que le « communisme » cessait d’être une menace. Le libre-échange déclenchait dans l’esprit de ses opposant·es de nombreuses craintes, en particulier celle d’un retrait de l’État de ses champs de compétence au profit des grandes entreprises. 

Plusieurs de ces craintes se sont malheureusement confirmées. Nous vivons dans un monde plus injuste et subissons des inégalités sociales plus importantes. La concurrence entre les travailleur·euses mine la solidarité entre les peuples et les conditions de travail. Ce modèle exerce de fortes pressions sur les salaires qui stagnent ou qui baissent. Les services publics sont affaiblis, mal financés, victimes de mesures d’austérité, et les nombreuses privatisations, qui ont résulté d’une libéralisation des services, ont créé davantage d’inégalités. 

Ce livre fait le point sur différents aspects du libre-échange, que l’on retrouve de façon transversale d’un accord à l’autre, et sur les principaux accords signés par le Canada. Il examine, entre autres, les conséquences du libre-échange dans des domaines comme l’agriculture, le commerce électronique, la culture, les services publics, l’environnement, la propriété intellectuelle…

  • Parution : août 2019
  • Prix : 18,95 $
  • Pages : 168
  • Format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-09-9

Silence, on coupe !

Les mutilations génitales féminines au Québec

Préface de Djemila Benhabib

En quoi consistent les mutilations génitales féminines comme l’excision et l’infibulation ? Quels effets ont-elles sur la santé ?

Ces mutilations sont une véritable, une authentique dévastation. Une dévastation aussi bien physique que psychique, aussi bien comportementale qu’émotionnelle. Et toujours actuelle, malgré le lourd silence qui règne.

Agression contre la chair même des femmes, négation de leur intégrité physique, la question des mutilations génitales féminines fait partie indéniablement des rapports sociaux de sexe. Cette effraction du corps des fillettes, cette irruption brutale au plus intime d’elles-mêmes sont effectivement reproduites à la demande et par la volonté des hommes, et justifiées aux yeux du groupe par un ensemble de représentations et de valeurs socioculturelles (les « traditions »). 

Les deux autrices d’étonnent du silence qui entoure cette pratique, se scandalisent de la persistance de sa clandestinité au Québec : on sait très bien que des exciseuses y exercent leur activité, pire, que pendant les vacances et sous prétexte de rendre visite à une grand-mère ou à une tante, certaines familles envoient leur petite fille se faire exciser dans leur pays d’origine. Ce silence, qui leur semble dans certains cas volontairement entretenu, doit à tout prix être brisé. D’où cet ouvrage.

  • Parution : septembre 2019
  • Pages : 136 
  • format : 10,5 x 18 cm
  • Prix : 13,95 $ 
  • ISBN : 978-2-924924-10-5

Agentivité et citoyenneté dans l’enseignement de l’histoire

Un état de la recherche en didactique de l’histoire au Québec

L’histoire comme discipline enseignée à l’école secondaire soulève de vives controverses dans différents milieux. Quels contenus enseigner à l’école ? Quelles finalités et méthodes promouvoir ? Que valent les manuels d’histoire ? Qu’évaluent les examens du ministère en histoire ? Que pensent les enseignant·es d’histoire ? Comment former les citoyen·nes ? De quels outils d’enseignement se servir ?

Cet ouvrage contient les réponses de chercheur·euses en didactique sur ces diverses questions.

Leurs analyses portent sur ce que les enseignant·es pensent qu’il faut faire apprendre aux élèves, sur la manière dont iels se servent des manuels, des jeux vidéo ou d’autres moyens d’enseignement ainsi que sur le potentiel de ces moyens d’enseignement pour développer la « pensée historienne ». Il s’agit d’un concept lié à la démarche d’enquête de l’élève qui, avec de l’aide, travaille avec les sources du passé, en les contextualisant, en les comparant, en les interprétant pour résoudre des problèmes

Les recherches de ce livre ont en commun de soutenir que l’histoire peut aider les citoyen·nes à se conscientiser et à s’émanciper, c’est-à-dire à faire collectivement et consciemment l’histoire, car elle peut apporter à chacun·e des outils de la pensée critique utiles pour se poser des questions sur la vie politique et sociale, y répondre soi-même et en débattre avec rigueur.

Ces recherches peuvent aussi offrir aux enseignant·es en exercice et en formation, ainsi qu’aux personnes s’intéressant à l’histoire et à son enseignement, des outils d’analyse critique des moyens et des méthodes visant à faire apprendre l’histoire aux élèves, à évaluer leurs savoirs scolaires et à en favoriser le transfert dans la vie de la cité.

  • Parution : septembre 2019
  • Prix : 27,95 $
  • Pages : 288
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-11-2

Dans le rouge

L’endettement des ménages québécois

Si l’on en croit le discours dominant, l’endettement est un phénomène individuel ancré dans une mauvaise gestion des finances personnelles lié à une sorte d’analphabétisme économique. C’est également la faillite morale d’individus vivant au-dessus de leurs moyens. Or, l’argument de la responsabilité individuelle ne peut expliquer l’augmentation importante du nombre de ménages vivant dans un état d’endettement permanent. En effet, le ratio d’endettement des ménages au Canada par rapport au revenu disponible est passé de 66 % en 1980 à 170 % en 2017.

Au Québec comme ailleurs, nous assistons à une importante généralisation de la dette comme nouvel horizon des rapports sociaux. D’une part, la hausse de l’endettement étudiant, la croissance du crédit à la consommation et l’augmentation de l’endettement hypothécaire soulignent bien cette transformation du rapport à la dette. D’autre part, la hausse du nombre de dossiers d’insolvabilité et l’accroissement des difficultés financières chez les aîné·es, , qui déclarent de plus en plus faillite, viennent démontrer que le régime d’endettement actuel est insoutenable.
La restructuration du rôle l’État, la détérioration des conditions d’emploi, la stagnation des salaires, la marchandisation croissante de l’éducation et la hausse du coût du logement ont largement contribué à augmenter la pression financière sur les ménages.

L’endettement est un phénomène systémique du capitalisme financiarisé qui vient supporter la croissance économique dans un contexte caractérisé par l’érosion de la santé financière des travailleur·euses. Surtout, il représente un puissant outil de contrôle social engendrant de nouveaux rapports de dépendance.

Patrick Ducharme, sociologue, Mathieu Dufour, économiste, Louis Gaudreau, professeur en travail social, Charles Guay-Boutet, étudiant en économie écologique, Philippe Hurteau, politologue, et Julia Posca, sociologue, contribuent à cet ouvrage dirigé par Sébastien Rioux, géographe.

  • Parution : octobre 2019
    Prix : 19,95 $
    Pages : 192
    format : 5 x 8 pouces
    ISBN : 978-2-924924-14-3

Mayas du Guatemala et capitalisme sauvage, 1978-2018

Racisme, génocide et recherche d’un pays renouvelé

Écrit avec la collaboration de James de Finney

De 1960 à 1996, une guerre civile a fait rage au Guatemala. Elle a fait plus de 200 000 victimes. À partir de 1978, ce sont surtout les indigènes mayas qui ont été les cibles de cette guerre à un point tel qu’on l’a qualifiée de génocide. En 1990, l’Église catholique et la communauté internationale ont réussi à convaincre l’armée et les rebelles d’entamer un long et complexe processus de paix qui a mené, neuf ans plus tard, aux accords qui devaient mettre fin au conflit et rebâtir le pays. Les promesses de cet accord n’ont pas été tenues. 

Daniel Hickey examine ici les éléments clés de ces événements. D’abord, il souligne l’existence d’un racisme endémique contre le peuple maya, les « disparitions forcées », les villages détruits et les horribles charniers. Puis s’ajoute la complicité des élites militaires, politiques, entrepreneuriales et agro-industrielles qui ont tourné le dos aux accords au profit d’un capitalisme-rouleau compresseur : joint-ventures avec des compagnies du Nord, accès libre pour les entreprises minières étrangères, forage de puits de pétrole, multiplication des barrages hydro-électriques, coupes à blanc des forêts tropi­cales, accaparement des terres des paysan·nes.

Les Mayas et les paysan·nes ont combattu ce capitalisme sauvage en se regroupant dans des associations militantes pour défendre leurs terres et revendiquer leurs droits au moyen de manifestations, de marches, de blocages de routes et de contestations juridiques. On a alors assisté au développement d’une nouvelle solidarité paysanne basée sur une agriculture renouvelée, biologique et équitable.

  • avril 2019
  • prix : 19,95 $
  • pages : 168
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-04-4

Un silence de mortes

La violence masculine occultée

Après la déferlante du mouvement #MoiAussi, qui a révélé en partie l’ampleur des agressions sexuelles et du harcèlement subie par les femmes, la question se pose de comprendre pourquoi les agresseurs ont bénéficié d’une aussi importante impunité. D’où la réédition de cet ouvrage, avec une postface inédite, qui traite des violences des hommes contre les femmes et les enfants ainsi que des mécanismes que la société met en œuvre pour les occulter.

Un double constat est tiré : d’une part, les progrès dans la lutte contre la violence masculine envers les femmes et les enfants sont indéniables mais, de l’autre, la violence continue bel et bien à exister et, dans bien des cas, à s’aggraver. Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, cette violence n’est pas excep­tionnelle, mais tout à fait courante. Ses conséquences sont atroces et trop souvent létales.

La thèse l’ouvrage : la violence masculine est un des moyens d’entretenir en bon état de marche le système de domination patriarcale, système dont profitent la majorité des hommes et une minorité de femmes.

L’originalité du livre réside en une synthèse théorique qui établit et décrit, à partir d’un matériel aussi vaste que diversifié, les types de violences masculines et les manières de les occulter ; tant sur le plan social, qu’il s’agisse des lois, du fonctionnement des services sociosanitaires, de la police et des tribunaux, des théories psychologiques et psychiatriques en vigueur, que sur le plan de l’individu et de ses ressorts psychologiques.

Parce qu’il révèle les stratégies et les tactiques d’occultation mises en œuvre par la société, ce livre offre à la fois des clés de compréhension et d’action.

 

  • Parution : août 2018.
  • Prix : 24,95 $
  • 288 pages
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-90-6
  • Coédition avec Syllepse (Paris, France)