La guerre contre l’école publique et ses enseignant·es

L’école québécoise n’a pas échappé à l’idéologie néo­libérale ; elle est actuellement résolument inscrite dans l’économie de marché. Le rôle que lui attri­buent les pouvoirs étatiques se circonscrit conséquemment dans le cadre d’une « économie de la connaissance » au sein de laquelle les individus sont appelés à se constituer un capital humain. Cette marchandisation du savoir et de l’éducation a des conséquences importantes sur personnes évoluant dans le système scolaire, d’abord les élèves, mais également les enseignant·es qui subissent une redéfinition de leur profession. Que devient l’école sous l’emprise de la logique néolibérale ? Que devient le travail enseignant ? Que devient l’apprentissage ?

Cet essai analyse les pratiques gestionnaires issues de la Nouvelle Gestion publique (NGP), laquelle opérationnalise l’idéologie néolibérale dans les services publics, plus particulièrement dans le système scolaire. Il vise d’abord à situer les fondements de ce système pour mieux prendre la mesure des bouleversements générés. Il dresse ensuite un court portrait du cadre normatif qui balise les actions des gestionnaires et du personnel enseignant. Une analyse sociopolitique de la NGP permet d’examiner l’un de ses outils les plus répandus : la gestion axée sur les résultats… quantifiables.

Une profonde mutation de la profession s’est amorcée sous nos yeux à la suite d’une redéfinition de l’institution scolaire comme simple organisation au service des parents/clients et de l’État entrepreneur, lequel ne cesse pas d’appauvrir ses ressources au profit d’une panacée, la NGP.

  • Parution : février 2020
  • Prix : 15,95 $
  • Pages : 144
  • format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-15-0

Combattre l’extrême droite et le populisme

L’expérience du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Historiquement, la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean a été une terre fertile au développement du populisme de droite – Bérêts blancs, créditistes –, de l’intégrisme religieux catholique et d’une définition identitaire excluante et rétrograde de la nation québécoise. Aujourd’hui, la droite populiste et l’extrême droite profitent, entre autres, de médias complaisants (les radio-poubelles) et, pendant plusieurs années, d’un maire à Saguenay (cinq mandats) à la fois traditionaliste catholique et xénophobe : « Nous les mous, les Canadiens français, on va se faire dicter comment se comporter, comment respecter notre culture par une personne qui arrive d’Algérie. […] Ils vont faire disparaître la religion et notre culture de partout. »

Pour l’extrême droite, le « communauta­risme » renvoie au fantasme d’immi­grant·es qui comploteraient en vue de « remplacer » la majorité nationale québécoise, catholique et francophone en imposant leurs normes et leurs « valeurs ». Sur les réseaux sociaux, le racisme est désormais décomplexé et des internautes menacent de réaliser des actes haineux, y compris des meurtres. Les propos populistes et les fausses nouvelles qui circulent sur le Web ou sur les ondes des radio-poubelles incitent des individus isolés (les « loups solitaires ») et des groupuscules à passer à l’action. Ce n’est pas tout, car l’extrême droite s’attaque également aux droits des Autochtones, des femmes et des LGBTQ+.

C’est dans un tel contexte que des militant·es anarchistes ont mené plusieurs combats pour contrer l’extrême droite dans leur région. Après un retour sur le passé, ce livre décrit les groupes d’extrême droite et leurs actions. Enfin, le Collectif Emma Goldman propose des pistes de réflexion et de lutte.

  • Parution : avril 2020
  • Prix : 18,95 $
  • Pages : 152
  • format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-18-1

Le libre-échange aujourd’hui

Bilan des accords commerciaux soutenus par le Canada

Lorsque les luttes contre le libre-échange se sont organisées dans les années 1980 et 1990, les militant·es devaient se battre contre des retombées hypothétiques. Le néolibéralisme se mettait en place, avec ses promesses de prospérité, alors que s’effondrait l’Empire soviétique et que le « communisme » cessait d’être une menace. Le libre-échange déclenchait dans l’esprit de ses opposant·es de nombreuses craintes, en particulier celle d’un retrait de l’État de ses champs de compétence au profit des grandes entreprises. 

Plusieurs de ces craintes se sont malheureusement confirmées. Nous vivons dans un monde plus injuste et subissons des inégalités sociales plus importantes. La concurrence entre les travailleur·euses mine la solidarité entre les peuples et les conditions de travail. Ce modèle exerce de fortes pressions sur les salaires qui stagnent ou qui baissent. Les services publics sont affaiblis, mal financés, victimes de mesures d’austérité, et les nombreuses privatisations, qui ont résulté d’une libéralisation des services, ont créé davantage d’inégalités. 

Ce livre fait le point sur différents aspects du libre-échange, que l’on retrouve de façon transversale d’un accord à l’autre, et sur les principaux accords signés par le Canada. Il examine, entre autres, les conséquences du libre-échange dans des domaines comme l’agriculture, le commerce électronique, la culture, les services publics, l’environnement, la propriété intellectuelle…

  • Parution : août 2019
  • Prix : 18,95 $
  • Pages : 168
  • Format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-09-9

Silence, on coupe !

Les mutilations génitales féminines au Québec

Préface de Djemila Benhabib

En quoi consistent les mutilations génitales féminines comme l’excision et l’infibulation ? Quels effets ont-elles sur la santé ?

Ces mutilations sont une véritable, une authentique dévastation. Une dévastation aussi bien physique que psychique, aussi bien comportementale qu’émotionnelle. Et toujours actuelle, malgré le lourd silence qui règne.

Agression contre la chair même des femmes, négation de leur intégrité physique, la question des mutilations génitales féminines fait partie indéniablement des rapports sociaux de sexe. Cette effraction du corps des fillettes, cette irruption brutale au plus intime d’elles-mêmes sont effectivement reproduites à la demande et par la volonté des hommes, et justifiées aux yeux du groupe par un ensemble de représentations et de valeurs socioculturelles (les « traditions »). 

Les deux autrices d’étonnent du silence qui entoure cette pratique, se scandalisent de la persistance de sa clandestinité au Québec : on sait très bien que des exciseuses y exercent leur activité, pire, que pendant les vacances et sous prétexte de rendre visite à une grand-mère ou à une tante, certaines familles envoient leur petite fille se faire exciser dans leur pays d’origine. Ce silence, qui leur semble dans certains cas volontairement entretenu, doit à tout prix être brisé. D’où cet ouvrage.

  • Parution : septembre 2019
  • Pages : 136 
  • format : 10,5 x 18 cm
  • Prix : 13,95 $ 
  • ISBN : 978-2-924924-10-5

Agentivité et citoyenneté dans l’enseignement de l’histoire

Un état de la recherche en didactique de l’histoire au Québec

L’histoire comme discipline enseignée à l’école secondaire soulève de vives controverses dans différents milieux. Quels contenus enseigner à l’école ? Quelles finalités et méthodes promouvoir ? Que valent les manuels d’histoire ? Qu’évaluent les examens du ministère en histoire ? Que pensent les enseignant·es d’histoire ? Comment former les citoyen·nes ? De quels outils d’enseignement se servir ?

Cet ouvrage contient les réponses de chercheur·euses en didactique sur ces diverses questions.

Leurs analyses portent sur ce que les enseignant·es pensent qu’il faut faire apprendre aux élèves, sur la manière dont iels se servent des manuels, des jeux vidéo ou d’autres moyens d’enseignement ainsi que sur le potentiel de ces moyens d’enseignement pour développer la « pensée historienne ». Il s’agit d’un concept lié à la démarche d’enquête de l’élève qui, avec de l’aide, travaille avec les sources du passé, en les contextualisant, en les comparant, en les interprétant pour résoudre des problèmes

Les recherches de ce livre ont en commun de soutenir que l’histoire peut aider les citoyen·nes à se conscientiser et à s’émanciper, c’est-à-dire à faire collectivement et consciemment l’histoire, car elle peut apporter à chacun·e des outils de la pensée critique utiles pour se poser des questions sur la vie politique et sociale, y répondre soi-même et en débattre avec rigueur.

Ces recherches peuvent aussi offrir aux enseignant·es en exercice et en formation, ainsi qu’aux personnes s’intéressant à l’histoire et à son enseignement, des outils d’analyse critique des moyens et des méthodes visant à faire apprendre l’histoire aux élèves, à évaluer leurs savoirs scolaires et à en favoriser le transfert dans la vie de la cité.

  • Parution : septembre 2019
  • Prix : 27,95 $
  • Pages : 288
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-11-2

Dans le rouge

L’endettement des ménages québécois

Si l’on en croit le discours dominant, l’endettement est un phénomène individuel ancré dans une mauvaise gestion des finances personnelles lié à une sorte d’analphabétisme économique. C’est également la faillite morale d’individus vivant au-dessus de leurs moyens. Or, l’argument de la responsabilité individuelle ne peut expliquer l’augmentation importante du nombre de ménages vivant dans un état d’endettement permanent. En effet, le ratio d’endettement des ménages au Canada par rapport au revenu disponible est passé de 66 % en 1980 à 170 % en 2017.

Au Québec comme ailleurs, nous assistons à une importante généralisation de la dette comme nouvel horizon des rapports sociaux. D’une part, la hausse de l’endettement étudiant, la croissance du crédit à la consommation et l’augmentation de l’endettement hypothécaire soulignent bien cette transformation du rapport à la dette. D’autre part, la hausse du nombre de dossiers d’insolvabilité et l’accroissement des difficultés financières chez les aîné·es, , qui déclarent de plus en plus faillite, viennent démontrer que le régime d’endettement actuel est insoutenable.
La restructuration du rôle l’État, la détérioration des conditions d’emploi, la stagnation des salaires, la marchandisation croissante de l’éducation et la hausse du coût du logement ont largement contribué à augmenter la pression financière sur les ménages.

L’endettement est un phénomène systémique du capitalisme financiarisé qui vient supporter la croissance économique dans un contexte caractérisé par l’érosion de la santé financière des travailleur·euses. Surtout, il représente un puissant outil de contrôle social engendrant de nouveaux rapports de dépendance.

Patrick Ducharme, sociologue, Mathieu Dufour, économiste, Louis Gaudreau, professeur en travail social, Charles Guay-Boutet, étudiant en économie écologique, Philippe Hurteau, politologue, et Julia Posca, sociologue, contribuent à cet ouvrage dirigé par Sébastien Rioux, géographe.

  • Parution : octobre 2019
    Prix : 19,95 $
    Pages : 192
    format : 5 x 8 pouces
    ISBN : 978-2-924924-14-3

Mayas du Guatemala et capitalisme sauvage, 1978-2018

Racisme, génocide et recherche d’un pays renouvelé

Écrit avec la collaboration de James de Finney

De 1960 à 1996, une guerre civile a fait rage au Guatemala. Elle a fait plus de 200 000 victimes. À partir de 1978, ce sont surtout les indigènes mayas qui ont été les cibles de cette guerre à un point tel qu’on l’a qualifiée de génocide. En 1990, l’Église catholique et la communauté internationale ont réussi à convaincre l’armée et les rebelles d’entamer un long et complexe processus de paix qui a mené, neuf ans plus tard, aux accords qui devaient mettre fin au conflit et rebâtir le pays. Les promesses de cet accord n’ont pas été tenues. 

Daniel Hickey examine ici les éléments clés de ces événements. D’abord, il souligne l’existence d’un racisme endémique contre le peuple maya, les « disparitions forcées », les villages détruits et les horribles charniers. Puis s’ajoute la complicité des élites militaires, politiques, entrepreneuriales et agro-industrielles qui ont tourné le dos aux accords au profit d’un capitalisme-rouleau compresseur : joint-ventures avec des compagnies du Nord, accès libre pour les entreprises minières étrangères, forage de puits de pétrole, multiplication des barrages hydro-électriques, coupes à blanc des forêts tropi­cales, accaparement des terres des paysan·nes.

Les Mayas et les paysan·nes ont combattu ce capitalisme sauvage en se regroupant dans des associations militantes pour défendre leurs terres et revendiquer leurs droits au moyen de manifestations, de marches, de blocages de routes et de contestations juridiques. On a alors assisté au développement d’une nouvelle solidarité paysanne basée sur une agriculture renouvelée, biologique et équitable.

  • avril 2019
  • prix : 19,95 $
  • pages : 168
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-04-4

Un silence de mortes

La violence masculine occultée

Après la déferlante du mouvement #MoiAussi, qui a révélé en partie l’ampleur des agressions sexuelles et du harcèlement subie par les femmes, la question se pose de comprendre pourquoi les agresseurs ont bénéficié d’une aussi importante impunité. D’où la réédition de cet ouvrage, avec une postface inédite, qui traite des violences des hommes contre les femmes et les enfants ainsi que des mécanismes que la société met en œuvre pour les occulter.

Un double constat est tiré : d’une part, les progrès dans la lutte contre la violence masculine envers les femmes et les enfants sont indéniables mais, de l’autre, la violence continue bel et bien à exister et, dans bien des cas, à s’aggraver. Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, cette violence n’est pas excep­tionnelle, mais tout à fait courante. Ses conséquences sont atroces et trop souvent létales.

La thèse l’ouvrage : la violence masculine est un des moyens d’entretenir en bon état de marche le système de domination patriarcale, système dont profitent la majorité des hommes et une minorité de femmes.

L’originalité du livre réside en une synthèse théorique qui établit et décrit, à partir d’un matériel aussi vaste que diversifié, les types de violences masculines et les manières de les occulter ; tant sur le plan social, qu’il s’agisse des lois, du fonctionnement des services sociosanitaires, de la police et des tribunaux, des théories psychologiques et psychiatriques en vigueur, que sur le plan de l’individu et de ses ressorts psychologiques.

Parce qu’il révèle les stratégies et les tactiques d’occultation mises en œuvre par la société, ce livre offre à la fois des clés de compréhension et d’action.

 

  • Parution : août 2018.
  • Prix : 24,95 $
  • 288 pages
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-90-6
  • Coédition avec Syllepse (Paris, France)

Être, agir, enseigner en tant qu’anarchiste à l’école secondaire

Enjeux pédagogiques

Si toute « révolution » passait par l’éducation ? Pas nécessairement par ce que l’on transmet comme connaissances aux jeunes, mais par la façon dont on les transmet ?

Est-ce que les enseignantEs de « gauche » sont outilléEs pour gérer leur classe selon leurs valeurs humanistes ? Coopération, accompagnement, empathie, respect… Pour enseigner à « gauche », faut-il attendre un changement des programmes ? Et si on pouvait le faire dès maintenant ?

« C’est injuste ! » Les intervenantEs scolaires ont entendu plus d’une fois ce cri du cœur de la part des élèves. Vous-même l’avez peut-être crié durant votre parcours scolaire. Si les jeunes avaient raison ? Si nous, les adultes, participions à la mise en place d’un système inégalitaire, compétitif, qui marginalise une majorité de jeunes ?

Ce livre vous propose un fil d’Ariane afin que votre gestion d’une classe soit la plus équitable et la plus humaine possible, pour qu’elle soit accomplie en fonction de vos convictions.

Impossible ?

Pourtant, les programmes du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur le permettent, tout comme la très grande majorité, sinon la totalité des « projets éducatifs » des écoles.

Alors, pourquoi ne pas avoir une gestion de classe de gauche ? Pourquoi pas anarchiste ?

C’est cette expérience que Sylvain Larose veut partager avec vous dans cet ouvrage. Une façon, parmi plusieurs, de concilier votre désir pour que les choses changent… et votre amour pour les jeunes et leur apprentissage.

 

  • Parution : septembre 2018
  • Prix : 19,95 $
  • pages : 192
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-94-4

Matière à mémoire

Les finalités de l’enseignement de l’histoire du Québec selon les enseignantEs

L’enseignement de l’histoire fait l’objet de débats – souvent de heurts – depuis plusieurs années au Québec. L’implantation du Renouveau pédagogique au début des années 2000 ainsi que le programme de formation en Histoire et éducation à la citoyenneté, mis en œuvre en 2007, ont suscité la controverse. Certaines personnes dénonçaient ces réformes parce qu’elles négligeaient la mémoire collective québécoise. D’autres l’approuvaient parce qu’elles mettaient le développement de l’esprit critique des élèves au centre de leurs objectifs.

Les polémiques sur ces questions ont trouvé un écho autant dans les cercles universitaires que dans l’espace public. L’enseignement de l’histoire doit-il contribuer à la transmission de la mémoire et à la construction de l’identité nationale ? A-t-il seulement le pouvoir de le faire ? Comment mettre en application les programmes ? En fonction de quels critères, valeurs ou idéologies ?

Les unes et les autres se sont accusées mutuellement de détourner le sens de l’histoire et de son enseignement. Tout cela sans que l’on s’intéresse vraiment à ce que les enseignantEs pensent des objectifs de l’enseignement de l’histoire et de la place que la mémoire collective y tient. En dernière analyse, ce sont les enseignantEs qui interprètent et mettent en application les programmes de formation. Si on ne sait pas ce que ces pédagogues pensent du programme, on sait, en fait, très peu de choses sur l’histoire qui est réellement transmise à nos élèves.

Cet ouvrage vise à corriger cette lacune.

  • Parution : octobre 2018
  • Prix : 15,95 $
  • pages : 128
  • format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-96-8