Aux origines de la social-démocratie québécoise

Le Conseil des métiers et du travail de Montréal (1897-1930)

La société québécoise a été transformée grâce à la mise en œuvre de poli­tiques inspirées de valeurs sociales-démocrates, lesquelles se sont affirmées bien en deçà de la Révo­lu­tion tranquille. Comme ailleurs dans le monde, ce modèle est issu du mouvement ouvrier, en l’occurrence, au Québec, des syndicats internationaux, originaires des États-Unis, qui s’implantent solidement au tournant du 20e siècle. Ces syndicats ne s’occupent pas uniquement de négocier les conditions de travail et les salaires, ils se dotent aussi d’une structure d’intervention auprès des gouvernements pour faire valoir les revendications de leurs membres, « la classe laborieuse ». Dès cette époque, donc bien avant la Deuxième Guerre mondiale, ils deviennent une force sociale majeure au Québec qui influence l’orientation des politiques gouvernementales.

Parmi les organisations mises sur pied, il y a le Conseil des métiers et du travail de Montréal (CMTM), l’ancêtre du Conseil régional FTQ Montréal métropolitain. Fondé en 1897, il est rapidement devenu le plus important forum débattant des enjeux politiques de la société civile au Québec. Les nombreux syndicats qui lui sont affiliés discutent certes des questions du travail, mais également d’un vaste éventail de sujets allant de la démocratie politique avec le droit de vote des femmes et l’abolition du cens électoral, à la démo­cratisation de l’éducation, à la nationalisation des entreprises de services publics et à la mise en place d’un filet de sécurité sociale.

L’histoire de ces syndicats inter­natio­naux affiliés au CMTM montre que leur rôle a été fondamental dans la transformation de la société.

  • Août 2020
  • Prix : 24,95 $
  • Pages : 224
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-17-4

Cent ans de luttes

Faits saillants d’une histoire d’actions militantes et de combats solidaires

Depuis un siècle, le Conseil central du Montréal métropolitain – CSN (CCMM-CSN) est au cœur de la vie syndicale et militante de Montréal. Connu pour son dynamisme et ses prises de position sans compromis, le Conseil central est profondément ancré dans l’évolution sociale et politique de la région sur laquelle il a exercé une influence indéniable.

Cent ans de luttes propose une analyse des faits saillants de l’histoire de ce regroupement syndical exceptionnel.

En 1920 naît officiellement le Conseil central des syndicats catholiques nationaux de Mont­réal, l’ancêtre du CCMM-CSN, qui précède la création de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada, laquelle devient en 1960, à la suite de la déconfessionnalisation de la centrale, la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Après la présentation des jalons de cette histoire sont analysée les prises de position pour l’action politique sur le plan municipal, le syndicalisme de combat des années 1970 puis l’opposition aux politiques néolibérales, les luttes des femmes et des personnes de la communauté LGBT+, ainsi que celles dans les domaines de la solidarité internationale, de la santé-sécurité au travail, de l’éducation… Ces combats ont exigé de tisser des alliances avec différents groupes.

Complété par une quarantaine de photos d’archives, Cent ans de luttes souhaite faire connaître une organisation qui a combattu pour l’égalité, la démocratie, la justice sociale et le respect des droits, sans craindre de hausser le ton ni de déranger les pouvoirs en place.

  • Août 2020
  • Prix : 24,95 $
  • Pages : 224
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-19-8

Littérature et révolution

À quoi pourrait ressembler une littérature révolutionnaire ? Telle est la question à laquelle s’attaque Victor Serge dans cet essai publié en 1932. Révolutionnaire professionnel, romancier, historien de la Révolution russe, traducteur, Victor Serge (Viktor Lvovitch Kibaltchitch de son vrai nom, 1890-1947) était bien placé pour se pencher sur les rapports de la littérature avec la révolution. Il a été anarchiste avant d’adhérer au Parti communiste russe en 1919. Il a milité dans l’Internationale communiste, puis a combattu la contre-révolution stalinienne, ralliant l’Opposition de gauche animée par Léon Trotsky.

En 1932, il vit en liberté surveillée en URSS. Le pouvoir stalinien l’empêche de publier. Comme il est devenu un écrivain reconnu dans le monde francophone, sa déportation au goulag, quelques mois après la publication de Littérature et révolution, va soulever un vent d’indignation parmi les cercles intellectuels européens, ce qui lui vaudra d’être libéré et de s’installer en France en 1936.

Contre toute doctrine de parti, contre les dérives de l’avant-garde ‒ il n’est pas tendre avec le surréalisme d’André Breton ‒, contre le roman psychologique à la mode, Victor Serge propose un « humanisme prolétarien » qui répondrait aussi bien à la révolution en gestation dans les pays occidentaux qu’à la révolution déjà trahie en Union soviétique. On retrouve dans Littérature et révolution l’extraordinaire lucidité de Victor Serge sur les enjeux politiques et culturels. Sans illusion sur la littérature que les partis communistes préconisent, il nous présente ce que pourrait être une littérature libre, plurielle et intègre.

Édition préparée et présentée par Anthony Glinoer.

  • Octobre 2020
  • Prix : 13,95 $
  • Pages : 140
  • format : 10,5 x 18 cm
  • ISBN : 978-2-924924-24-2

Une planète en mal d’œstrogène

Femmes et hommes du 21e siècle

Préface de France Théoret

Depuis trois mille ans, le monde s’est imaginé et construit sur un égarement funeste. La moitié de l’humanité a été laissée pour compte quand elle n’a pas été neutralisée ou martyrisée, voire victime de féminicides. Ce socle bancal sur lequel repose notre espèce l’a privée d’une intelligence et d’une énergie vitale inappréciables ; elle l’a surtout verrouillée dans un grave déséquilibre. Au siècle dernier, les femmes insurgées contre ce profond désordre ont d’abord réclamé la liberté et, devant l’âpre adversité, ont prudemment recherché la voie de l’égalité.

L’ouvrage s’interroge sur le sens de l’égalité dans un système qui crée un maximum de pauvres et un minimum de riches, qui nous enferme – pauvres et riches – dans une cage polluée dont il paraît de plus en plus difficile ou improbable de s’échapper ! Un système qui broie tant d’êtres humains ! Retrouver le sens et le chemin de la liberté, c’est imaginer l’inimaginable, c’est-à-dire une société où chaque personne – enfant, femme et homme – peut y évoluer librement.

Écrit à l’encre crue, puisque la réalité l’est, cet essai assume à la fois la dureté des choses et l’espoir d’en changer le cours. Le temps est venu de concevoir la parité parfaite, où œstrogène et testostérone agiront ensemble pour sauver l’humanité de ce qu’il faut bien nommer sa folie.

Cet essai propose une approche qui respire le large et qui aspire à un solide traité de paix et de liberté entre les femmes et les hommes du 21e siècle.

  • Parution : mars 2020
  • Prix : 28,95 $
  • Pages : 288
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-16-7

 

« Avant de tuer les femmes, vous devez les violer ! »

Rwanda, rapports de sexe et génocide des Tutsi

Préface de Christine Delphy

En 1994, un génocide d’une intensité inouïe fauche près d’un million de vies en cent jours au Rwanda. Le groupe minoritaire identifié comme Tutsi est la principale cible des massacres. Les femmes connaissent un sort particulier. Elles sont violées et tuées ou violées et réduites en esclavage sexuel par les soldats, les miliciens, les politiciens ou par de simples quidams. 

En adoptant une perspective féministe, l’autrice expose les soubassements culturels, sociaux et politiques sur lesquels repose la systématisation du viol en temps de guerre et de génocide. Elle nous permet de comprendre comment des hommes et des femmes du Rwanda, minuscule territoire culturellement et linguistiquement homogène, ont pu en arriver à commettre des actes aussi monstrueux.

C’est le grand mérite de ce livre que de faire le lien entre le calvaire d’une femme – qu’elle soit tutsi, française ou québécoise – et toute la gamme des violences subit par la partie « femmes » de la population mondiale. Elles sont aussi bien psychologiques que physiques. Tout un continuum de violences leur enjoint de rester à une place subalterne, les oblige à un nombre incroyable de stratégies de protection et les fait vivre dans une peur diffuse, mais constante.

Au Rwanda, l’endoctrinement des foules a encouragé la stigmatisation de l’« Autre », les médias de la haine propageant la représentation des femmes tutsi comme des êtres dotés d’un charme maléfique et d’une sexualité dévorante au service de leur « race ». L’ennemie « femme » apparaît toujours différente de l’ennemi-tout-court.

  • Parution : septembre 2019
  • Prix : 22,95 $
  • Pages : 216
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-12-9

JAZZ LIBRE et la révolution québécoise

Musique-action, 1967-1975

Quelle est la place du free jazz dans les luttes menées contre le capitalisme et l’impérialisme anglo-saxon au lendemain de la Révolution tranquille ? En quoi l’improvisation collective en musique est-elle le moteur d’une révolte politico-culturelle, voire le vecteur d’une utopie collective ? Quel est le rôle des travailleur·euses culturel·les dans le militantisme politique du Québec des années 1960 et 1970 ? 

Cette histoire du groupe Jazz libre retrace le parcours emprunté par un collectif d’improvisateurs engagés dans la recherche de nouvelles formes de communication et d’organisation : de leurs débuts à « L’Atelier de jazz » au centre-ville jusqu’à l’Amorce dans le Vieux-Montréal, en pas­sant par l’Association espagnole, la Colonie artistique de Val-David et la commune socialiste « P’tit Québec libre ». La pratique musicale du groupe se veut rassembleuse, participative, démocratique et libératrice. Elle l’amène à participer aux expérimentations de Raôul Duguay et de Walter Boudreau dans l’Infonie, et celles de Robert Charlebois et de ses complices de l’Osstidcho. Elle est surtout une « musique-action », c’est-à-dire un outil de désaliénation avec lequel le Jazz libre invite les gens à communiquer ensemble pour ensuite prendre conscience de leur capacité d’agir et de se libérer – individuellement puis collectivement. Cette démarche lui permet d’établir des réseaux avec des membres de la revue Parti pris et du Front de libération du Québec ainsi que des militant·es étudiant·es et ouvrier·ères. Dès lors, sa destinée est fatalement liée à celle de la gauche indépendantiste ; une gauche bigarrée qui, à la fin des années 1960 et au début des années 1970, fait face aux champs des possibles.

  • mai 2019
  • prix : 19,95 $
  • 200 pages
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN :  978-2-924924-06-8

Anarchisme et éducation – Anthologie, Tome 2, du 20e siècle à aujourd’hui

Pour les anarchistes, l’école traditionnelle est un instrument de repro­duction des structures sociales de domination et d’exploitation et un appareil de résignation. L’éducation est liée à la question de la liberté, au refus de l’embrigadement, au développement des capacités de chacune, à la co-éducation et à la coopération.

Le deuxième tome de cette anthologie d’écrits anarchistes sur l’éducation nous fait voyager en Europe, aux États-Unis et en Amérique latine. On découvre dans ces pages une tradition de pensée qui n’a jamais cessé de placer l’éducation au cœur de ses préoccupations, de vouloir en faire un instrument d’émancipation individuelle et collective et de chercher à déployer des moyens novateurs permettant d’atteindre cet idéal. Les idées anarchistes en matière d’éducation ont évolué en fonction des lieux et des époques, mais on y retrouve des constantes : éducation intégrale, méthodes plus que résultats, apprentissage mutuel, etc. 

Cette anthologie nous permet de décou­vrir la riche tradition de ce cou­rant politico-philosophique. Ce deuxième tome réunit des textes d’au­teures pour certaines célèbres, pour d’autres moins connues : Harry Kelly, Bertrand Russell, les Mujeres Libres, Josefa Martín Luengo, Maria Lacerda, Herbert Read, Paul Goodman, Colin Ward, Murray Bookchin, les zapatistes et Noam Chomsky.

Plusieurs de ces écrits sont proposés pour la toute première fois en français. Ils ont été traduits de l’anglais, du castillan et du portugais.

  • février 2019
  • Prix : 29,95 $
  • 328 pages
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN :  978-2-924924-00-6

La déferlante #MoiAussi

Quand la honte change de camp

#MoiAussi, #MeToo, #BalanceTon Porc, ces mots-clics ont été écrits des milliers de fois sur les réseaux sociaux par des femmes – et aussi par des hommes – qui ont été victimes de violence sexuelle.

Ce mouvement international de dénonciation des crimes des harceleurs et des agresseurs sexuels a constitué une véritable vague de fond qui a ébranlé la domination masculine. Des hommes puissants ont été acculés au pied du mur et leur impunité a été mise à mal. Certains ont subi les foudres de la justice, d’autres non. Cependant, tous ont vu leur réputation entachée par l’accumulation des allégations les visant. Quand une première victime faisait état de son cas, plusieurs autres se décidaient à témoigner à leur tour. La libération de la parole des victimes a permis que la honte change de camp. Ce qui en soi constitue une véritable révolution.

Brigitte Paquette rappelle qu’avant #MoiAussi, il y a eu d’autres vagues de dénonciations importantes, puis elle décrit et analyse dans une perspective historique, sociale et internationale la déferlante #MoiAussi. Elle fait état de nombreux témoignages et met en valeur les composantes qui ont favorisé ce mouvement sans précédent de solidarité. Elle pose des éléments de réponse à cette question cruciale : pourquoi la vague de dénonciations #MoiAussi est-elle arrivée à ce moment-ci de l’histoire ? Enfin, elle examine ce que signifie pour les victimes cette reprise du pouvoir sur leur vie.

 

  • Parution : octobre 2018
  • Prix : 24,95 $
  • pages : 288
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-98-2

Zéromacho

Des hommes disent non à la prostitution !

En 2011, Florence Montreynaud lance Zéromacho, un réseau international d’hommes engagés contre le système prostitueur. Un an plus tôt, à Paris, un mot la heurte en pleine rue. Un mot d’une affiche, une publicité pour une série sur Canal+, Maison close : de belles jeunes femmes dans un décor de luxe, avec le slogan « Les hommes rêvent d’y entrer, elles se battent pour en sortir ». Cette nostalgie pour les bordels l’agace, avec sa complaisance qui masque le sordide, mais autre chose la choque. Elle relit le slogan et voit rouge. À cause du premier mot : « Les hommes rêvent d’y entrer… » Les hommes ? Tous les hommes ? Toujours et partout ?

Que des hommes rêvent d’entrer dans un bordel, c’est incontestable. Que ce fantasme soit un universel masculin, c’est faux. Non, les hommes ne sont pas tous les mêmes. Non, ils n’ont pas tous des fantasmes de domination sexuelle et ne rêvent pas tous de profiter d’autrui parce qu’ils peuvent payer. « Les » hommes ? Non : des hommes ! Certains hommes. Et les autres ? La majorité des hommes, en France comme au Canada, n’ont jamais payé pour un acte de prostitution et n’envisagent pas de le faire.

Des hommes disent non à la prostitution : une centaine s’expriment dans ce livre. Dans 18 pays, de l’Espagne à la Finlande, de l’Allemagne à la Turquie, l’autrice a récolté des témoignages marquants et a aussi enquêté sur le « modèle suédois ». Ces hommes du réseau Zéro­macho affirment qu’un autre monde est possible, où la valeur de l’être humain sera supérieure à celle de l’argent, où les rencontres sexuelles signifieront un partage de désirs et de plaisirs.

Dans un monde d’égalité, il n’y aura pas de prostitution !

  • Parution : février 2018
  • Prix : 19,95 $
  • Pages : 208
  • Format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-82-1

Permis de tuer ? Masculinité, culture d’agression et armée

Le cas du colonel Russell Williams, violeur en série et tueur

Pourquoi est-ce nécessaire quelques années après le prononcé de la sentence de revenir sur le cas du colonel Russell Williams, un violeur en série et un tueur ? Parce qu’au-delà de l’individu, il y a une dynamique de système. C’est ce que révèle la médiatisation récente de nombreux cas de harcèlement et d’agression sexuelle commis par des hommes de pouvoir, que ces derniers évoluent dans les médias, les organisations sportives, la culture, l’entreprise privée, les forces armées et policières ou les arcanes du pouvoir politique. 

Ce livre tente de saisir la complexité du phénomène social et politique de la violence contre les femmes perpétrée par des agents de l’État. L’étude de l’affaire du « Tweed Creeper » permet de poser un regard critique sur la construction des représentants de l’État, dans ce cas, l’armée, comme agresseurs. Au moment de ses crimes, Russell Williams était colonel et commandait la base aérienne de Trenton, la plus importante base du Canada. Est-il un cas d’exception ? La majorité des hypothèses émises pour les agressions masculines du même type tendent à individualiser la violence, responsabilisant souvent, par le fait même, la victime et déresponsabilisant la société. Or, il existe une trame commune à toutes ses violences ; elle renvoie à la construction sociale de la masculinité, dans laquelle l’armée joue un rôle non négligeable.

Pour comprendre le cas de Russell Williams (et son impunité pendant de nombreuses années), l’autrice fait un retour sur la mission canadienne en Somalie en 1994, dresse le portrait des forces armées du Canada en tant que pratique institutionnelle et examine ses effets par rapport aux violences contre les femmes, puis se penche sur le cas Williams dans le cadre de l’institution militaire.

Un livre révélateur sur la culture d’agression, particulièrement dans l’armée, et la masculinité « hégémonique ».

  • Parution : mars 2018
  • Prix : 15,95 $ – 15 €
  • Pages : 112
  • Format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924327-74-6