Justice sera-t-elle enfin rendue ? Weinstein, Matzneff, Rozon et les autres

Dans la foulée des accusations découlant du mouvement #MoiAussi, Thérèse Lamartine trace le portrait de plus de 60 agresseurs sexuels notoires. Des prédateurs qui, drapés dans leur pouvoir, ont abusé pendant plusieurs années de dizaines de femmes et d’enfants, mais aussi d’hommes, souvent sous les yeux délibérément clos de leurs proches ou, comme dans le cas de Gabriel Matzneff, avec l’aval de l’élite bien-pensante.

Un portrait d’ensemble n’avait pas encore été établi. Une réflexion sur l’incapacité des différents systèmes de justice à juger de telles causes, sur les stratégies de défense utilisées par les accusés, sur les séquelles psychologiques infligées aux victimes s’exposant publiquement en portant plainte n’avait pas été encore menée avec un tel degré d’acuité.

Thérèse Lamartine dresse un état des lieux, bien qu’incomplet, parce qu’en perpétuelle évolution (plusieurs procès sont en cours et d’autres suivront) et livre un constat atterrant, qui dérange, qui glace le sang. Personne ne peut rester insensible devant tant de souffrance et imperméable au déni de justice qui frappe de trop nombreuses victimes.

Son livre fait œuvre plus qu’utile tellement il contient de matière à la recherche et à la réflexion, pavant la voie à des travaux futurs. Il permet également de sensibiliser les personnes qui ont eu la chance de ne pas avoir été prises au piège de ces prédateurs sexuels.

  • Parution :  juin 2021
  • Prix : 21,95 $
  • Pages : 200
  • format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-30-3

Notre sang. Prédictions et discours sur la politique sexuelle

« La plupart des féministes que je connais qui ont lu Notre sang m’ont prise à part à un moment ou à un autre pour me dire qu’elles avaient une affection et un respect particuliers pour lui. Je crois qu’il représente quelque chose de vraiment beau et particulier. C’est peut-être parce qu’il a été écrit pour une voix humaine. C’est peut-être parce que j’ai dû me battre si fort pour dire ce qu’il contient. C’est peut-être parce que Notre sang a directement touché la vie de tant de femmes. » – Andrea Dworkin

Théoricienne incontournable, écrivaine incomparable et source d’inspiration de plusieurs générations de féministes, Andrea Dworkin demeure plus d’actualité que jamais alors que les femmes du monde entier se mobilisent pour lutter contre la violence masculine qu’elle a été l’une des premières à désigner et à combattre. Cette essayiste maniait comme nulle autre le verbe, l’humour, la colère, l’espoir.

Ce recueil révèle une extraordinaire conférencière qui nous entraîne dans les recoins de la misogynie, du pouvoir masculin, du sadisme et du masochisme sexuels, de la violence, du racisme, de la discrimination. Elle montre les liens qui existent entre l’oppression des femmes, le racisme, le colonialisme, l’esclavage et d’autres formes d’exploitation : « L’histoire de notre pays est une histoire de sang versé. Tout ce qui a grandi ici a poussé dans des champs imbibés du sang de peuples entiers. C’est une nation érigée sur la charogne humaine des nations indiennes. C’est une nation érigée sur le travail, la tuerie et les souffrances d’esclaves. C’est une nation raciste, une nation sexiste, une nation meurtrière. C’est une nation pathologiquement captive d’une volonté de domination. »

Traduction de l’anglais (États-Unis) par Yeun Lagadeuc-Ygouf et Martin Dufresne

Relecture de Christine Delphy

  • Parution : mai 2021
  • Prix : 19,95 $
  • Pages : 176
  • format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-29-7

Vingt ans d’altermondialisme au Québec

Mouvement des mouvements, l’altermondialisme est le plus important critique du néolibéralisme et de la mondialisation au service des élites financières et des multinationales. Ses mesures phares pour construire un monde meilleur concernent aussi bien l’économie, le partage des richesses et la fiscalité, les rapports sociaux de sexe, l’écologie, l’agriculture, le travail, les relations entre les pays du Nord et ceux des Suds, que les services publics.

Stimulé par le grand mouvement de résistance pendant le Sommet des Amériques de Québec en 2001, l’altermondialisme au Québec a su se nourrir des luttes internationales pour les faire siennes tout en les accordant à nos conditions particulières. Comment s’est-il adapté aux grandes mutations sociales qui ont caractérisé cette période ? Quelles victoires et défaites marquent le bilan qu’on peut en faire aujourd’hui ? Quelles ont été les luttes particulières de l’altermondialisme chez nous ?

Ce livre examine comment l’altermondialisme d’ici s’est inscrit dans les mouvements féministe, syndicaliste, écologiste, et a influencé le programme d’un parti politique, Québec solidaire. Il expose les rapports entre le Québec et les pays des Suds dans un lien de réciprocité stimulant, se développant entre autres dans les forums sociaux mondiaux, dont l’un s’est tenu à Montréal. Il s’interroge sur ses moyens d’action et sa capacité de provoquer des changements.

Réfléchir sur les vingt ans de l’altermondialisme permet de comprendre les racines de ce mouvement et de se projeter dans l’avenir. L’idéal de justice sociale et environnementale porté par ce mouvement est toujours bien vivant.

Sous la direction de Baptiste Godrie et Claude Vaillancourt, avec les contributions de Pierre Beaudet, Raphaël Canet, Catherine Caron, Ronald Cameron, Robert Jasmin, Diane Lamoureux, Amélie Nguyen.

  • Parution : avril 2021
  • Prix : 22,95 $
  • Pages : 216
  • Format : 5 x 8 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-28-0

Aux origines de la social-démocratie québécoise

Le Conseil des métiers et du travail de Montréal (1897-1930)

La société québécoise a été transformée grâce à la mise en œuvre de poli­tiques inspirées de valeurs sociales-démocrates, lesquelles se sont affirmées bien en deçà de la Révo­lu­tion tranquille. Comme ailleurs dans le monde, ce modèle est issu du mouvement ouvrier, en l’occurrence, au Québec, des syndicats internationaux, originaires des États-Unis, qui s’implantent solidement au tournant du 20e siècle. Ces syndicats ne s’occupent pas uniquement de négocier les conditions de travail et les salaires, ils se dotent aussi d’une structure d’intervention auprès des gouvernements pour faire valoir les revendications de leurs membres, « la classe laborieuse ». Dès cette époque, donc bien avant la Deuxième Guerre mondiale, ils deviennent une force sociale majeure au Québec qui influence l’orientation des politiques gouvernementales.

Parmi les organisations mises sur pied, il y a le Conseil des métiers et du travail de Montréal (CMTM), l’ancêtre du Conseil régional FTQ Montréal métropolitain. Fondé en 1897, il est rapidement devenu le plus important forum débattant des enjeux politiques de la société civile au Québec. Les nombreux syndicats qui lui sont affiliés discutent certes des questions du travail, mais également d’un vaste éventail de sujets allant de la démocratie politique avec le droit de vote des femmes et l’abolition du cens électoral, à la démo­cratisation de l’éducation, à la nationalisation des entreprises de services publics et à la mise en place d’un filet de sécurité sociale.

L’histoire de ces syndicats inter­natio­naux affiliés au CMTM montre que leur rôle a été fondamental dans la transformation de la société.

  • Août 2020
  • Prix : 24,95 $
  • Pages : 224
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-17-4

Cent ans de luttes

Faits saillants d’une histoire d’actions militantes et de combats solidaires

Depuis un siècle, le Conseil central du Montréal métropolitain – CSN (CCMM-CSN) est au cœur de la vie syndicale et militante de Montréal. Connu pour son dynamisme et ses prises de position sans compromis, le Conseil central est profondément ancré dans l’évolution sociale et politique de la région sur laquelle il a exercé une influence indéniable.

Cent ans de luttes propose une analyse des faits saillants de l’histoire de ce regroupement syndical exceptionnel.

En 1920 naît officiellement le Conseil central des syndicats catholiques nationaux de Mont­réal, l’ancêtre du CCMM-CSN, qui précède la création de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada, laquelle devient en 1960, à la suite de la déconfessionnalisation de la centrale, la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Après la présentation des jalons de cette histoire sont analysée les prises de position pour l’action politique sur le plan municipal, le syndicalisme de combat des années 1970 puis l’opposition aux politiques néolibérales, les luttes des femmes et des personnes de la communauté LGBT+, ainsi que celles dans les domaines de la solidarité internationale, de la santé-sécurité au travail, de l’éducation… Ces combats ont exigé de tisser des alliances avec différents groupes.

Complété par une quarantaine de photos d’archives, Cent ans de luttes souhaite faire connaître une organisation qui a combattu pour l’égalité, la démocratie, la justice sociale et le respect des droits, sans craindre de hausser le ton ni de déranger les pouvoirs en place.

  • Août 2020
  • Prix : 24,95 $
  • Pages : 224
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-19-8

Littérature et révolution

À quoi pourrait ressembler une littérature révolutionnaire ? Telle est la question à laquelle s’attaque Victor Serge dans cet essai publié en 1932. Révolutionnaire professionnel, romancier, historien de la Révolution russe, traducteur, Victor Serge (Viktor Lvovitch Kibaltchitch de son vrai nom, 1890-1947) était bien placé pour se pencher sur les rapports de la littérature avec la révolution. Il a été anarchiste avant d’adhérer au Parti communiste russe en 1919. Il a milité dans l’Internationale communiste, puis a combattu la contre-révolution stalinienne, ralliant l’Opposition de gauche animée par Léon Trotsky.

En 1932, il vit en liberté surveillée en URSS. Le pouvoir stalinien l’empêche de publier. Comme il est devenu un écrivain reconnu dans le monde francophone, sa déportation au goulag, quelques mois après la publication de Littérature et révolution, va soulever un vent d’indignation parmi les cercles intellectuels européens, ce qui lui vaudra d’être libéré et de s’installer en France en 1936.

Contre toute doctrine de parti, contre les dérives de l’avant-garde ‒ il n’est pas tendre avec le surréalisme d’André Breton ‒, contre le roman psychologique à la mode, Victor Serge propose un « humanisme prolétarien » qui répondrait aussi bien à la révolution en gestation dans les pays occidentaux qu’à la révolution déjà trahie en Union soviétique. On retrouve dans Littérature et révolution l’extraordinaire lucidité de Victor Serge sur les enjeux politiques et culturels. Sans illusion sur la littérature que les partis communistes préconisent, il nous présente ce que pourrait être une littérature libre, plurielle et intègre.

Édition préparée et présentée par Anthony Glinoer.

  • Octobre 2020
  • Prix : 13,95 $
  • Pages : 140
  • format : 10,5 x 18 cm
  • ISBN : 978-2-924924-24-2

Une planète en mal d’œstrogène

Femmes et hommes du 21e siècle

Préface de France Théoret

Depuis trois mille ans, le monde s’est imaginé et construit sur un égarement funeste. La moitié de l’humanité a été laissée pour compte quand elle n’a pas été neutralisée ou martyrisée, voire victime de féminicides. Ce socle bancal sur lequel repose notre espèce l’a privée d’une intelligence et d’une énergie vitale inappréciables ; elle l’a surtout verrouillée dans un grave déséquilibre. Au siècle dernier, les femmes insurgées contre ce profond désordre ont d’abord réclamé la liberté et, devant l’âpre adversité, ont prudemment recherché la voie de l’égalité.

L’ouvrage s’interroge sur le sens de l’égalité dans un système qui crée un maximum de pauvres et un minimum de riches, qui nous enferme – pauvres et riches – dans une cage polluée dont il paraît de plus en plus difficile ou improbable de s’échapper ! Un système qui broie tant d’êtres humains ! Retrouver le sens et le chemin de la liberté, c’est imaginer l’inimaginable, c’est-à-dire une société où chaque personne – enfant, femme et homme – peut y évoluer librement.

Écrit à l’encre crue, puisque la réalité l’est, cet essai assume à la fois la dureté des choses et l’espoir d’en changer le cours. Le temps est venu de concevoir la parité parfaite, où œstrogène et testostérone agiront ensemble pour sauver l’humanité de ce qu’il faut bien nommer sa folie.

Cet essai propose une approche qui respire le large et qui aspire à un solide traité de paix et de liberté entre les femmes et les hommes du 21e siècle.

  • Parution : mars 2020
  • Prix : 28,95 $
  • Pages : 288
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-16-7

 

« Avant de tuer les femmes, vous devez les violer ! »

Rwanda, rapports de sexe et génocide des Tutsi

Préface de Christine Delphy

En 1994, un génocide d’une intensité inouïe fauche près d’un million de vies en cent jours au Rwanda. Le groupe minoritaire identifié comme Tutsi est la principale cible des massacres. Les femmes connaissent un sort particulier. Elles sont violées et tuées ou violées et réduites en esclavage sexuel par les soldats, les miliciens, les politiciens ou par de simples quidams. 

En adoptant une perspective féministe, l’autrice expose les soubassements culturels, sociaux et politiques sur lesquels repose la systématisation du viol en temps de guerre et de génocide. Elle nous permet de comprendre comment des hommes et des femmes du Rwanda, minuscule territoire culturellement et linguistiquement homogène, ont pu en arriver à commettre des actes aussi monstrueux.

C’est le grand mérite de ce livre que de faire le lien entre le calvaire d’une femme – qu’elle soit tutsi, française ou québécoise – et toute la gamme des violences subit par la partie « femmes » de la population mondiale. Elles sont aussi bien psychologiques que physiques. Tout un continuum de violences leur enjoint de rester à une place subalterne, les oblige à un nombre incroyable de stratégies de protection et les fait vivre dans une peur diffuse, mais constante.

Au Rwanda, l’endoctrinement des foules a encouragé la stigmatisation de l’« Autre », les médias de la haine propageant la représentation des femmes tutsi comme des êtres dotés d’un charme maléfique et d’une sexualité dévorante au service de leur « race ». L’ennemie « femme » apparaît toujours différente de l’ennemi-tout-court.

  • Parution : septembre 2019
  • Prix : 22,95 $
  • Pages : 216
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN : 978-2-924924-12-9

JAZZ LIBRE et la révolution québécoise

Musique-action, 1967-1975

Quelle est la place du free jazz dans les luttes menées contre le capitalisme et l’impérialisme anglo-saxon au lendemain de la Révolution tranquille ? En quoi l’improvisation collective en musique est-elle le moteur d’une révolte politico-culturelle, voire le vecteur d’une utopie collective ? Quel est le rôle des travailleur·euses culturel·les dans le militantisme politique du Québec des années 1960 et 1970 ? 

Cette histoire du groupe Jazz libre retrace le parcours emprunté par un collectif d’improvisateurs engagés dans la recherche de nouvelles formes de communication et d’organisation : de leurs débuts à « L’Atelier de jazz » au centre-ville jusqu’à l’Amorce dans le Vieux-Montréal, en pas­sant par l’Association espagnole, la Colonie artistique de Val-David et la commune socialiste « P’tit Québec libre ». La pratique musicale du groupe se veut rassembleuse, participative, démocratique et libératrice. Elle l’amène à participer aux expérimentations de Raôul Duguay et de Walter Boudreau dans l’Infonie, et celles de Robert Charlebois et de ses complices de l’Osstidcho. Elle est surtout une « musique-action », c’est-à-dire un outil de désaliénation avec lequel le Jazz libre invite les gens à communiquer ensemble pour ensuite prendre conscience de leur capacité d’agir et de se libérer – individuellement puis collectivement. Cette démarche lui permet d’établir des réseaux avec des membres de la revue Parti pris et du Front de libération du Québec ainsi que des militant·es étudiant·es et ouvrier·ères. Dès lors, sa destinée est fatalement liée à celle de la gauche indépendantiste ; une gauche bigarrée qui, à la fin des années 1960 et au début des années 1970, fait face aux champs des possibles.

  • mai 2019
  • prix : 19,95 $
  • 200 pages
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN :  978-2-924924-06-8

Anarchisme et éducation – Anthologie, Tome 2, du 20e siècle à aujourd’hui

Pour les anarchistes, l’école traditionnelle est un instrument de repro­duction des structures sociales de domination et d’exploitation et un appareil de résignation. L’éducation est liée à la question de la liberté, au refus de l’embrigadement, au développement des capacités de chacune, à la co-éducation et à la coopération.

Le deuxième tome de cette anthologie d’écrits anarchistes sur l’éducation nous fait voyager en Europe, aux États-Unis et en Amérique latine. On découvre dans ces pages une tradition de pensée qui n’a jamais cessé de placer l’éducation au cœur de ses préoccupations, de vouloir en faire un instrument d’émancipation individuelle et collective et de chercher à déployer des moyens novateurs permettant d’atteindre cet idéal. Les idées anarchistes en matière d’éducation ont évolué en fonction des lieux et des époques, mais on y retrouve des constantes : éducation intégrale, méthodes plus que résultats, apprentissage mutuel, etc. 

Cette anthologie nous permet de décou­vrir la riche tradition de ce cou­rant politico-philosophique. Ce deuxième tome réunit des textes d’au­teures pour certaines célèbres, pour d’autres moins connues : Harry Kelly, Bertrand Russell, les Mujeres Libres, Josefa Martín Luengo, Maria Lacerda, Herbert Read, Paul Goodman, Colin Ward, Murray Bookchin, les zapatistes et Noam Chomsky.

Plusieurs de ces écrits sont proposés pour la toute première fois en français. Ils ont été traduits de l’anglais, du castillan et du portugais.

  • février 2019
  • Prix : 29,95 $
  • 328 pages
  • format : 5,5 x 8,5 pouces
  • ISBN :  978-2-924924-00-6